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HISTOIRE À SUCCÈS DU PROJET INNOVATEUR VIH-SIDA DU CENTRE FRANCOPHONE DE TORONTO

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PROJET DE PRÉVENTION DU VIH/SIDA  « LISALISANI / KOMBIT /ENTRAIDE COMMUNAUTAIRE » DU CENTRE FRANCOPHONE DE TORONTO

Par : Béatrice Nday wa Mbayo
Coordonatrice du projet

L’approche d’entraide communautaire comme le nom du programme l’indique si bien, s’inspire en lingala du mot: Lisalisani , et en créole haïtien :  kombit.

Pourquoi s’entraider dans le communautaire sur la prévention du VIH /sida? Parce que, au Canada, depuis 1990 le nombre de nouveau cas d’infection au VIH  par contact hétérosexuel a augmenté de façon constante : de 13% en 1993, il est passé à 43,7 % en 2003 selon Statistique Canada . Cette hausse est inquiétante car elle s’observe dans la proportion de la population féminine âgée de 15 à 29 ans. Et cette proportion est celle des femmes qui sont actives sexuellement : qui vivent en couple ou ont des partenaires occasionnels surtout ceux issus des pays où le VIH  est endémique.

Le but ultime de ce projet est de  prévenir la propagation de l’infection du VIH/sida dans la communauté francophone de toronto. Ce projet vise des personnes vivant en couple ou ayant des partenaires occasionnels. Pour mettre sur pied ce projet, le Centre Francophone de Toronto s’est inspiré de  l’étude faite par le Dr Remis et Mariki Fikre Merid de l’Université de Toronto2, disant que les cas analysés de  sida qui ont été signalés ont  indiqué que les personnes originaires de régions où le VIH est endémique représentaient une proportion croissante des cas en Ontario. Cette proportion est en hausse  surtout depuis 1995; les personnes originaires de ces régions représentaient 20 % des cas de sida en 2001 et 2002, tandis qu’avant  1996,  ils représentaient  moins de 5 %.  Ces personnes atteintes sont âgées de moins de  45 ans au moment du diagnostic.  Il a aussi été remarqué que : «les personnes nées dans les pays d’Afrique subsaharienne représentaient un nombre croissant de cas de sida, au cours des années plus récentes » selon l’étude.  Chez les enfants, on a remarqué que  la majorité (53 %) des enfants atteint, l’ont été par  transmission du VIH mère-enfant et ces enfants étaient en majorité nés de mères qui sont nées dans les pays des Caraïbes ou de l’Afrique subsaharienne. Les statistiques mises à jour  à la fin de l’année 2002 montrent que  2630 personnes originaires des pays  où le VIH est endémique et résidant en Ontario étaient infectées (1 370 de l’Afrique subsaharienne et 1 260 des Caraïbes), toujours selon la même étude. « Les personnes qui immigrent en Ontario de régions où le VIH est endémique constituent une composante importante de l’épidémie en Ontario, après les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes et les utilisateurs de drogues injectables (UDI). Bien que les taux globaux de prévalence du VIH chez les immigrants de ces régions puissent ne pas sembler substantiels, les taux sont environ 20 fois plus élevés que ceux au sein de la population hétérosexuelle n’utilisant pas de drogues injectables, en Ontario. »
De plus, L’étude souligne que: «…Les techniques de modélisation qui prévoyaient le nombre d’infections au VIH acquises au Canada ont révélé qu’il se pourrait qu’un taux considérable de transmission se présente une fois que la résidence a été établie dans ce pays, ce qui suggère qu’une proportion substantielle (20%– 60%), selon le pays d’origine) des infections au VIH ne sont pas « importées ».

Soucieux de répondre aux préoccupations posées par cette recherche, « le groupe de travail sur le VIH endémique » a émis des recommandations  dans  un document intitulé : «Stratégie pour résoudre  les problèmes liés au VIH auxquels sont confrontées les personnes en Ontario originaires de pays où le VIH est endémique » daté de décembre 2003. Le Centre francophone de Toronto a utilisé les informations de la connaissance et des expériences variées pour développer le présent projet : VIH /sida : Lisalisani/Kombit /Entraide communautaire; entre autre, nous nous sommes inspirés de cette stratégie en utilisant les éléments adaptables à la communauté visée. Egalement, nous avons pris en considération une variété diverse d’information que nous avons retenu dans le projet : « Quand la communauté se prend en main » et des discussions avec les membres de notre public cible aux « Soupers Africains » ainsi que nos activités d’outreach variées effectuées en personne, par téléphone et auprès des personnes qui nous téléphonent pour nous demander des renseignements, que nous avons basé notre projet.

Il est vrai que les taux croissants d’infection par le VIH chez les personnes originaires des pays d’Afrique et des Caraïbes constituent une question urgente qui exige une attention immédiate : Le centre a prêté une oreille attentive  à la prévention de la transmission du VIH dans la communauté qu’elle dessert. Pour mener à bien sa campagne de sensibilisation, ce projet  a été conçu de façon à répondre aux besoins des participants : L’enracinement des tabous, les préjugés et aussi occasionnellement des mésententes familiales ont été des points soulevés dans les groupes de rencontres qui ont  donné l’orientation finale à ce projet : travailler avec les couples. Comment allons nous passer le message ?

Adaptation culturelle de la stratégie de communications du projet

Étant donné que nous avons fait différentes tentatives au niveau des modes de communication à caractère moderne tel que la télévision, l’internet  et le téléphone, qui n’ont pas eu l’impact attendu, il était évident que nous devions adapter culturellement nos modes de communications.  Il est reconnu que pour les communautés africaines et caribéennes, les traditions orales ont une portée didactique. Par le conte, le mythe en passant par les proverbes et devinettes, il y a un enseignement qui peut se faire, une valeur  que l’on peut inculquer. Les héros des contes mettent en évidence un système de valeur et incarnent, suivant les cas, les vertus qui les mènent à la réussite sociale ou les défauts qui les conduisent à leur perte. Nous nous proposons d’utiliser ces héros et les adapter à nos activités pour mettre en valeur les comportements et attitudes qui mènent à la prévention du VIH /sida, par exemple, un groupe de rencontres discutent sur un sujet complexe relatif à la problématique du VIH : la stigmatisation, l’animateur prend en note les mots clés et les moments forts des discussions. Au bout de la 3 ème rencontre, un parallèle est tracé avec un conte, un proverbe, une histoire ou une oeuvre artistique dans la mythologie africaine , de là, découlera une œuvre artistique par les participants qui exprime mieux , selon eux, le thème discuté.

Dans l’approche de la problématique du VIH /sida, nous sommes tous, à un niveau ou à un autre, des enfants en processus d’apprentissage… Nous offrons donc des modes de communications que nos groupes cibles connaissent et utilisent depuis des siècles : l’expression orale et artistique..

L’approche du développement du programme

Notre approche de développement du programme s’est inspirée des activités variées ci-dessous :

  • Mise sur pied d'un comité consultatif
  • Mise sur pied de groupes de consultations francophones composées de couples et des personnes ayant un ou des partenaires occasionnels  
  • Tenue de  rencontres de formation/information  et développement des compétences d’animation en VIH/sida culturellement appropriées
  • Mise à jour du répertoire de ressources / programmes / services offerts à Toronto aux personnes infectées et affectées par le VIH/Sida
  • Développer des partenariats avec des organismes francophones et anglophones : par exemple : le CFT est partenaire avec le RECAF (Réseau des chercheures africaines) ou nous tenons des rencontres avec les femmes.  
  • Sessions  de discussion libre pour les femmes: sujets se référant aux aspects du VIH /sida choisis par les participantes
  • Rencontres sociales, échanges qui suscitent un processus de création artistique entourant la thématique du VIH/sida
  • Rencontres d’expression artistique sur la thématique du VIH/sida
  • Tenu d’un événement spécial – présentation communautaire du résultat des rencontres d’expression artistique sur la thématique du VIH/sida.
  • Création d’un groupe de soutien « VIH/sida: Lisalisani - Kombit - Entraide communautaire » pour les personnes atteintes par le VIH
  • Activités conférences pour souligner la Journée mondiale du sida – 2005 et 2006

Le projet tient régulièrement des groupes de discussions dans la communauté avec différents animateurs. Nous avons déplacés les rencontres dans la communautés même pour assurer une meilleure symbiose avec les participants. Nous remarquons une participations des couples et aussi un intérêt par des groupes en dehors du GTA.

Nous avons cependant connu des difficultés qui se résument au déplacement des participants vers le CFT pour la tenue des rencontres. Nous avons résolu cette dificulté en amenant les groupes de discussions dans la communauté même, c'est-à-dire : au sein des familles, lieu sociaux. Pour répondre à la demande des participants du aux exigences professionnelles et familiales, nous avons planifié de tenir seulement une rencontre d’expression spéciale soit le 1 er décembre 2006 , journée mondiale du sida où tous les groupes présenterons leurs créations artistiques. Une autre rencontre aura lieu à la fin du  projet ,soit au début du printemps ( février – mars 2007). Dans l’ensemble, nous sommes confiant de mener à terme ce projet et de passer notre message de prévention par cette formule et assurer une certaine continuité par le groupe de soutien

Notre prochaine étape (étant donné que le financement  du projet  se termine au printemps) est d’aborder, avec la capacité qu’on a bâti durant le projet, la viabilité du projet. Notre stratégie est de renforcer ce groupe pour qu’il y ai une continuité des rencontres et du soutien dans la communauté. Le centre va continuer à offrir l’espace viable pour qu’ils continuent à se rencontrer. Nous  prévoyons  suggérer au groupe des rencontres trimestriels avec  un animateur devoué à la cause.

Si vous désirez commencer un programme de prévention VIH-SIDA dans votre communauté n’hésitez pas de communiquer avec Béatrice Nday wa Mbayo, coordonatrice du projet Tél.: 416 -203 1220 ext 222  beatrice@centrefranco.org pour vous inspirer de cette histoire à succès.

1 -Progression du VIH/sida chez les femmes canadiennes http://www.cwhn.ca/ressources/mts/opedHIV_f.html

2-  Report on HIVaids in Ontario 1990 -1996 :http://www.phs.utoronto.ca/ohemu/doc/technical%20reports/Final%20Report%20on%20HIV-AIDS+Tabs+Figs.pdf

3 http://accho.ca/pdf/ACCHO_strategy_FRENCH_Dec2003.pdf#search=%22Strat%C3%A9gie%20pour%20r%C3%A9soudre%20%20les%20probl%C3%A8mes%20li%C3%A9s%20au%20VIH%20auxquels%20sont%20confront%C3%A9es%20les%20personnes%20en%20Ontario%20originaires%20de%20pays%20o%C3%B9%20le%20VIH%20est%20end%C3%A9mique%20%22 ,CACVO, dec 2003

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