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LES GROUPES D’ENTRAIDE : UNE NOUVELLE SOLIDARITÉ SOCIALE

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Depuis la dernière décennie, de plus en plus des groupes d’entraide se sont formés.  Ceux-ci répondent, sous diverses formes, à la fois à des besoins personnels profonds et à tout un ensemble de facteurs de notre évolution sociale.  Ils offrent aux personnes qui font face à un problème commun l’occasion de se rencontrer, d’échanger leurs expériences, leurs connaissances, leurs points forts et leurs points faibles.  On les appelle également des groupes de soutien et des groupes d’appui.

 

Comment définit-on les groupes d’entraide ?  Ils sont de petits groupes autonomes et ouverts, composés de trois personnes et plus qui se réunissent régulièrement.  “Vicitimes d’une crise ou d’un boulversement commun dans leur existence, les membres de ces groupes partagent un vécu commun de souffrance et un sentiment d’égalité.  Leur activité primordiale est l’entraide personnelle qui prend souvent forme de soutien moral par le partage d’expériences et d’information, et par la discussion.  Souvent aussi les membres ont des activités orientées vers les changements sociaux.  Leur activité est bénévole, autrement dite gratuite”.  (Romeder, J.-M., 1989)

 

Les gens y participent premièrement pour avoir, tout simplement, de l’aide lorsqu’ils font face à de graves difficultés ou une crise et ensuite c’est pour le besoin d’appartenance, de sentir que l’on fait partie d’une communauté ou d’un groupe de personnes sur qui on peut compter lorsqu’on veut discuter et se sentir appuyer.  Les groupes d’entraide ne peuvent pas régler tous les problèmes mais ils offrent une occasion unique de demander de l’aide, d’apporter de l’aide aux autres et en même temps de s’aider personnellement.  Les membres de ces groupes se rencontrent sur une base régulière dans le but de partager des renseignements, pour discuter des diverses façons nouvelles et courantes de se débrouiller, pour explorer d’autres possibilités de s’entraider et, élément très important, pour se donner un soutien émotionnel.

 

On retrouve trois principales caractéristiques des groupes d’entraide  : le vécu, la gratuité et la capacité.  La première est le partage d’un vécu commun, d’expériences entre les participants du groupe ainsi que le partage des sentiments ressentis avec les personnes qui les aide à trouver l’énergie nécessaire pour atteindre un certain bien-être.  La seconde est la gratuité et la liberté de la démarche personnelle.  L’entraide est une forme d’aide bénévole où tous les participants sont considérer comme des «experts».  La troisième, la capacités des «entraidants», est de s’accepter en tant qu’être égaux.   C’est pour cela qu’il est important de développer parmi les membres du groupe un sentiment que tous sont égaux et cela veut dire s’accepter et se comporter comme des égaux en sachant mettre de côté les différences.  La relation qui s’établit entre les participants dans l’entraide est peut-être sa caractéristique la plus marquante : chaque membre reçoit de l’aide, fournit de l’aide et s’aide personnellement.

 Autres caractéristiques des groupes d’entraide :

·         les groupes se composent d’un petit nombre d’individus qui ont un problème en commun;

·         les groupes n’ont pas habituellement de frais d’adhésion;

·         Ils sont autonomes et ne sont responsables qu’à eux-mêmes; et

·         rapport complémentaire ou conflictuelle à la réalité sociale.

 Vous pensez créer un groupe d’entraide, alors où commencer ? 

1.         Ne réinventer pas la roue - Vérifier auprès des organismes de votre région si un groupe d’entraide similaire existe.  Peut être que vous n’avez pas besoin de créer votre propre groupe; vous pouvez être un groupe “frère”  d’un autre groupe d’entraide de votre région et cela vous permet d’utiliser leurs ressources et modèle de rencontres qu’ils favorisent.

 

2.         Tâches du comité de démarrage - Penser “entraide” dès le début .  Recruter  quelques personnes qui partagent votre désir de faire démarrer un groupe d’entraide.  Ces personnes formeront votre comité de démarrage.  Ce comité aura pour tâches de définir le but du groupe, les personnes que vous désirez rejoindre (devrait-on inviter les conjoints, leur famille), le format des rencontres(combinaison d’activités, participation de professionnels, déroulement ) et les ressources qui seront nécessaire au bon déroulement des rencontres.

 

3.         Définissez votre relation avec les professionnels - En moyenne, un groupe sur trois est démarré par les professionnels ou bien intervenants communautaires.  La tâche d’organiser les groupes d’entraide sera souvent coordonner par eux.  Ils sont en bonne postion pour identifier et mettre en contacts les personnes qui ont le potentiel de faire démarrer de tel groupe.  Ils jouent le rôle de consultant lors du démarrage d’un groupe d’entraide.  Ils aident à faire connaître le groupe, fournit des renseignements d’ordre technique et ils peuvent aussi devenir le conférencier invité à l’occasion.   

 

4.         Trouver un local et un temps convenable pour les rencontres - Essayer d’obtenir gratuitement un local soit en vous adressant à votre centre de santé communautaire, une agence de service social ou bien un organisme communautaire.  Choisissez un temps convenable pour tous, en début de soirée de préférence, pour les rencontres.  Il est préférable aussi de choisir un jour fixe comme à tous les deuxième jeudi du moi par exemple; c’est plus facile pour les membres de s’en souvenir. 

 

N’oubliez pas que ces rencontres ont un caractère confidentiel qui consiste à garder privé ce qui se passe et ce dont il est question dans les réunions.  Il est donc important de le mentionner aux participants et de leur expliquer ce qu’on entend par «confidentiel». Établissez une entente entre les participants à cet effet dès la première rencontre.

 

5.         Promotion et tenue de la première rencontre - Pour promouvoir votre groupe d’entraide, identifier les endroits où les personnes intéressées sont susceptibles d’aller chercher de l’information, peut être les cabinets de docteurs, les centres communautaires ou d’information, les bureaux de poste et même les bibliothèques publiques.

 

Vous pouvez créer un dépliant simple dans lequel vous devez inclure l’information suivante : le nom du groupe, son objectif, à qui il s’adresse ainsi que l’endroit et l’heure des rencontres. Envoyez  une lettre aux journaux locaux qui explique le pourquoi de votre groupe. Ils décideront peut être de publier un bref article sur votre groupe.  Vous pouvez également leur demander de publier une petite annonce dans leur journal.   N’oubliez pas les babillards communautaires qui existent soit à la télévision (Tfo et Radio-Canada) et à la radio (radio communautaire de votre région et CJBC) qui vous offrent de promouvoir les activités communautaires gratuitement sur leurs ondes.

 

Lors de la première rencontre, vous devez prévoir suffisamment de temps pour décrire le but du groupe d’entraide et le travail accompli jusqu’à ce jour et aussi pour échanger des idées à ce sujet.  Identifier avec les participants les besoins qu’ils ont en commun et des sujets qu’ils veulent discuter lors de leur prochaine rencontre. Prévoyez également du temps à la fin de la rencontre pour que les participants puissent discuter entre eux. 

 

5.         Prochaines rencontres - il faut tenir des rencontres assez fréquemment afin de susciter l’intérêt des participants. Ne soyez pas surpris, votre groupe aura des hauts et des bas soit au niveau de leur participation ou bien de l’enthousiasme.  C’est naturel.  Évaluer votre contenu et si les objectifs ont été atteints et réajustez-vous.  Il faut accepter que le groupe soit flexible et qu’il doit s’adapter aux besoin changeants des membres. 

 

6.         Évaluation du groupe d’entraide

Il est très important de s’interroger sur l’efficacité de son groupe d’entraide.  L’évaluation se fait à deux différents niveaux : on évalue le processus lui-même et l’impact à long terme.

 

Voici des exemple de questions qui peuvent être poser...

 

à pour évaluer le processus :

·         retrouve-t-on dans le groupe des échanges perçus comme aidants?

·         par quels mécanismes se transmet l’aide ?

·         est-ce que en tant que facilitateur de la rencontre j’observe des effets positifs des échanges encourues lors des rencontres ?

·         les participants expriment-ils leurs idées et sentiments librement au cours des rencontres ?

·         les participants sont-ils satisfait du déroulement et du contenu présentés lors des rencontres ?

 

à pour évaluer l’impact - bien qu’il soit difficile d’évaluer l’impact à long terme de la participation à un groupe d’entraide, il est quand même utile de le faire afin d’assurer la survie de ce groupe.

·         est-ce que les ressources partagées lors des rencontres furent utiles aux participants?

·         est-ce qu’ils ont observés des effets positifs suite aux rencontres?

·         sont-ils restés en contact avec d’autres membres du groupe, et ce de façon informelle ?

 L’avenir des groupes d’entraide : 

Rien ne laisse supposer que les groupes d’entraide vont disparaître; au contraire, nous constatons que leur nombre augmente sans cesse.  Ils répondent à un besoin actuel.

On étudie de plus en plus l’impact à long terme de la participation des membres d’un groupe d’entraide.  Leur popularité va en augmentant et cela est causé par les progrès au niveau technologique tels que les ordinateurs.  L’Internet va augmenter les possiblités de rapprochement de personnes désireuses de s’entraider ou de créer de nouveaux groupes d’entraide qui opèreront de façon différente que ceux qui où on se rencontre face-à-face. 

 

Nous retrouvons présentement des sites d’Internet qui offrent des services de relation d’aide comme celui du Village Sida ou bien celui de Psychomedia.  Selon Josée Leboeuf, auteure de «Réflexion sur la place de l’Internet dans la relation d’aide», elle considère que les services d’aide virtuels ont une valeur éducative et informative très pertinente.  L’usager peut avec l’Internet, évaluer la place que prend un problème ou une situation difficile dans sa vie, comprendre les causes, explorer la manières dont d’autres se sortent de situations difficiles et tenter, à son tour de trouver des pistes de solutions pertinentes. 

 

Pour conclure, je dirais que les groupes d’entraide font partie d’une nouvelle solidarité sociale.  Ils répondent à un besoin actuel et c’est pourquoi nous voyons sans cesse leur nombre augmenter.

 

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