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L’ENVIRONNEMENT ET LA SANTÉ DES ENFANTS : IL FAUT COMMENCER À AGIR IMMÉDIATEMENT

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Cette année, la Journée mondiale de la Santé, le 7 avril 2003, aura pour thème "Un environnement sain pour les enfants". Avec son slogan "Préparer l'avenir", la population est appelé à agir sur la réduction des différents risques environnementaux qui pèsent sur la santé des enfants autant dans leur milieu, à la maison, à l'école et aussi dans les communautés.   

D’après l’OMS, 40 % des maladies liées à l’environnement touchent les enfants de moins de cinq ans. On ne peut plus nier aujourd’hui l’influence de l’environnement sur notre santé en tant qu'adulte mais plus particulièrement les effets sur la santé de nos enfants.  Depuis la dernière décennie, nous voyons augmenter de façon inquiétante chez les enfants le cancer et les troubles respiratoires importants. Les aliments que les enfants consomment, l’air qu’ils respirent et l’eau qu’ils boivent contribuent directement à leur sain développement. Si ceux-ci sont contaminés de quelque sorte alors leur santé en sera affectée.  

Leur santé ne doit pas être considérés simplement comme des adultes miniatures. Par conséquent, les effets de l’environnement sur leur organisme ne peuvent pas être aussi jugés d’après les critères applicables aux adultes.  En fait, les enfants :

  • ont un comportement différent de celui des adultes;
  • n’ont pas la même physiologie que les adultes;
  • diffèrent des adultes de fait que leurs organes n’ont pas fini de se développer.

Selon la directrice générale de l'OMS, le Dr Gro Harlem Brundtland,.« Ce sont les plus jeunes qui sont les plus vulnérables. Cela veut dire que nous devons placer les enfants au premier plan quand nous cherchons à résoudre le problème des milieux insalubres ».  Il faut les protéger contre les dangers environnementaux non seulement parce qu'ils sont plus vulnérables que les adultes, mais aussi parce que de solides données probantes indiquent qu'un développement sain avant la naissance et pendant l'enfance constitue un facteur déterminant de la santé à l'âge adulte (Satné Canada, Comité consultatif fédéral-provincial-territorial sur la santé de la population, 1994).

Parmi les menaces d’origine environnementale à la santé des enfants figurent le changement climatique, la diminution de la couche d’ozone, les polluants tels que le bruit, la polution de l’air et les produits chimiques et autres ubstances :

Les pesticides

Des pesticides mal utilisés, mal entreposés ou mal éliminés peuvent nuire aux enfants et à leur environnement. Certains iront même jusqu’à perturber le système nerveux; d’autres sont reliés aux maladies infantiles telle la leucémie; d’autres sont associés avec le cancer du sein, les lymphomes non hodgkiniens et les maladies sanguines. D’ailleurs plusieurs pesticides ont été identifiés comme étant des perturbateurs hormonaux, ce qui veut dire qu’ils peuvent affecter la reproduction et le développement chez la faune et les humains.   

Les produits de nettoyage domestique, le pétrole, les solvants, les médicaments et d’autres produits chimiques deviennent une source de danger s’ils sont entreposés dans des réceptacles mal adaptés ou des endroits accessibles aux enfants. Les enfants sont des « explorateurs nés »: ils peuvent avaler ces produits et être atteints d’une intoxication aiguë. Ils peuvent même en mourir.  On retrouve également plusieurs jeunes dans les milieux ruraux qui font des travaux agricoles, donc qui sont exposés régulièrement aux pesticides utilisés dans les champs.  
Le problème affecte également le foetus.  Comme vous le savez, les pesticides, malgré qu’ils soient répandus dans un endroit, ils ne restent pas là. Ils sont apportés par le vent, ils empoisonnent les nappes d’eau et sont transportés dans les maisons sur nos souliers et les pattes des animaux. Une fois à l’intérieur de votre maison, ils ne se décomposent pas comme ils le font à l’extérieur. Ils peuvent demeurer dans la poussière et dans l’air que vous et votre famille respirez.

 La fumée secondaire

Les effets de la fumée de tabac ambiante sur les fœtus et les jeunes enfants comprennent notamment des complications durant la grossesse, un faible poids à la naissance, un risque accru de mort subite du nourrisson et d’infections de l’oreille, un retard de développement des poumons et une gravité accrue de l’asthme et d’autres troubles respiratoires. En 1995, au moins 1,4 million d’enfants canadiens ont été exposés à la fumée de tabac ambiante chez eux. Les parents de la plupart des ces enfants étaient âgés de 25 à 44 ans et elles font partie du groupe d’âge qui fument le plus grand nombre de cigarettes par jour.

La pollution du bruit et de l’air

Le bruit constitue une agression quotidienne très mal tolérée qui pourrait être amoindrie par le respect (et donc le contrôle) des normes et réglementations en la matière de bruit tant par les entreprises que par les particuliers. Les effets du bruit sur la santé ne sont plus à démontrer. Il empêche le repos, nuit à la vitalité, diminue les facultés de concentration, provoque la fatigue physique et le stress psychique. On a ainsi observé, pour les personnes exposées à des bruits intenses, des changements hormonaux, avec production de cortisol et d’adrénaline supérieure à la normal. La perte d’audition est le signe extérieure le plus évident mais il occasionne aussi des es troubles nerveux, digestifs et cardiaux vasculaires.

La pollution de l’air est aussi une grave menace environnementale pour la santé des enfants en même temps qu’un facteur de risque de maladie respiratoire aiguë ou chronique et d’autres maladies. Chaque année, près de 2 millions d’enfants de moins de cinq ans meurent des suite d’une infection aiguë des voies respiratoires aggravée par des risques présents dans l’environnement.  La pollution de l’air extérieur, due principalement à la circulation automobile et aux activités industrielles, reste un problème grave dans les grandes villes. On estime qu’un quart de la population de la planète est exposée à des concentrations nuisibles de polluants atmosphériques tels que matières particulaires, dioxyde de souffre et autres substances chimiques.  À l’intérieur de nos maisons, on peut retrouver plusieurs problèmes environnementaux qui peuvent nuire à la santé : ventilation réduite, forte humidité, présence d’agents biologiques tels que moisissures et la présence de toute une gamme de produits chimiques que l’on retrouve dans le mobilier et les matériaux de construction.  

Les produits chimiques tels que le plomb et le mercure

Les enfants sont très vulnérables aux effets neurotoxiques du plomb présent dans les peintures et dans l’air qui peut affecter leur QI et provoquer des difficultés d’apprentissage. Plusieurs études ont montré que les enfants sont plus vulnérables au plomb que les adultes et que l'exposition peut avoir des effets sur le développement neurologique et sur le comportement (Rice, 1995). Le plomb peut être contenu dans les aliments (céréales et produits de boulangerie, légumes et fruits), dans les boîtes d'aliments importés soudées au plomb, dans la peinture au plomb (ingestion de copeaux et de peinture et de poussière), dans le sol contaminé par l'écaillement de vieilles peintures extérieures au plomb.
Les enfants sont également vulnérables aux effets sur le développement du mercure présent dans l’environnement ou dans les aliments en tant que contaminant. La plupart des expositions aux produits chimiques toxiques et aux polluants peuvent être évitées.

À la suite de l'élimination de l'essence au plomb dans les années 80, qui constituait la plus importante source d'exposition, on a remarqué que les taux sanguins chez les enfants ont dégringolé.  Le ministère de l'Environnement et de l'Énergie de l'Ontario a estimé que chez encore environ 18 000 enfants en Ontario (soit environ 4 % des enfants de la province), le taux de saturnisme atteint ou dépasse 10 microgrammes au décilitre (ministère de l'Environnement et de l'Énergie de l'Ontario, 1994), taux le plus bas auquel on a documenté des effets indésirables.

Les traumatismes non intentionnels (accidents)

Les tout-petits et les enfants ont des comportements sans pareils qui risquent d'aggraver leur exposition aux dangers environnementaux. Par exemple, les jeunes enfants portent souvent directement à la bouche des surfaces et des objets comme des jouets. Ils ont aussi l'habitude de manger directement de la terre. On a estimé que les enfants d'un à trois ans peuvent ingérer entre 100 mg et 2 g de terre par jour (Kimbrough, 1987). Les enfants passent aussi plus de temps en contact direct avec des surfaces (p. ex., en rampant et lorsqu'ils jouent activement) et peuvent donc avoir plus de peau en contact avec des contaminants environnementaux. Ils occupent un espace qui se trouve plus près du sol, où les taux de substances lourdes comme le plomb, les particules, le radon et la vapeur de mercure, peuvent être plus élevés (Bearer, 1995; American Academy of Pediatrics, 1999).

(Sources : Grandir en santé (http://www.growinghealthykids.com/francais/transitions) et Santé Canada)

Où en sommes-nous?

Le Canada a signé la Déclaration des leaders en environnement du G-8 sur la santé environnementale des enfants qui accorde la priorité aux enjeux environnementaux affectant la santé des enfants;
La déclaration de 1997 des leaders environnementaux des Huit sur la santé environnementale des enfants met en lumière sept enjeux nécessitant une étude plus poussée et plus d’échanges d’information en ce qui concerne les politiques et les programmes susceptibles d’apporter des solutions :

  • améliorer notre compréhension des conséquences et des implications particulières des normes environnementales pour les bébés et les enfants et échanger de l’information sur les décisions réglementaires pertinentes;
  • réduire davantage l’exposition des mères et des enfants au plomb;
  • veiller à ce que l’eau potable consommée par toutes les familles canadiennes soit conforme aux normes microbiologiques;
  • réduire les risques liés à la qualité de l’air;
  • réduire l’exposition des femmes enceintes, des enfants et des jeunes à la fumée de tabac ambiante;
  • réduire les risques liés aux agents perturbateurs du système endocrinien pour la santé des enfants;
  • réduire les effets des changements climatiques planétaires sur la santé des enfants.

Que peut-on faire

Etant donné l’éventail des risques environnementaux auxquels sont exposés les enfants, bien souvent au même moment et au même endroit, une approche concertée et coordonnée s’impose. Les mesures à prendre face à ces risques doivent être ciblées sur les lieux où vivent les enfants et l’approche adoptée doit être multisectorielle et globale afin de mettre l’enfant au cœur des activités. Cette approche intersectorielle s’appuie sur les compétences et les ressources de toute une gamme de partenaires pour promouvoir un environnement sain en faveur des enfants. Il existe toute une gamme d’interventions efficaces dans les domaines de la politique générale, de l’éducation, de la sensibilisation, de la mise au point de techniques et des changements de comportement. Voici donc une liste d’interventions qui permettent d'apporter des changements à divers paliers :

Au niveau des intervenants

  • développer des programmes d’éducation à l’environnement, en collaboration avec les associations actives dans ce domaine, pour sensibiliser, former et mobiliser au développement durable et la qualité de vie
  • animer une dynamique participative autour des questions d’environnement qui se posent
  • informer la population sur les questions environnementales, sur les pratiques d’éco–consommation et sur les réglementations en matière d’environnement,
  • développer des actions spécifiques à l’attention des enseignants et aux élèves
  • appuer et développer des projets locaux de formation au compostage, de renaturalisation d’espaces libres, de création ou d’entretien de jardins collectifs, de mise en place de sites de compostage communautaires, etc.,
  • inciter les entreprises à adopter des comportements plus respectueux de l’environnement, selon des normes reconnues

Au niveau de la communauté :

  • persuader les municipalités de ne plus épandre de pesticides dans les parcs où jouent les enfants;
  • informer et sensibiliser la population aux risques environnementaux auxquels sont exposés les enfants
  • appuyer les politiques de santé publique qui favorisent la bonne santé des enfants, par exemple l’interdiction de fumer dans les espaces intérieurs;
  • revendiquer des mesures visant à éliminer les risques environnementaux locaux pour la santé des enfants.
  • encourager des projets–pilotes qui favorisent le développement durable et qui promouvoient un environnement sain
  • favoriser le partage d’information, des compétences et des efforts afin d’accroître l’efficacité des interventions, d’étendre la portée des activités en dépit de ressources limitées et d’encourager les gouvernements et d’autres partenaires à agir en synergie de façon collective et cohérente.

Au niveau des parents :

  • interdire de fumer à l’intérieur de la maison et dans la voiture;
  • se débarrasser des causes possibles d’asthme, par exemple les tapis et les animaux de compagnie, si les enfants ont des troubles respiratoires;
  • tenir dans la mesure du possible les enfants à l’abri des polluants environnementaux, par exemple les pesticides pour l’entretien des pelouses et les sites d’enfouissement de déchets dangereux;
  • se joindre aux autres parents et aux groupes qui militent pour un environnement plus sain.

Par un travail collectif sur des risques multiples, les divers acteurs trouveront des solutions transsectorielles intégrées qui permettront de s’attaquer plus efficacement, en synergie et de façon intégrée, aux problèmes de santé des enfants et aux facteurs de risque présents dans leur environnement.


Conclusion :

En œuvrant ensemble sur de nombreux fronts, en prenant en compte les programmes existants et en adaptant les mesures concrètes aux besoins locaux, les membres de l’alliance pourront changer le cours des choses. Tous ensemble, nous sommes mieux à même d’affronter les problèmes de santé d’origine environnementale que nous connaissons et qui affectent nos enfants.

Chaque enfant a le droit de grandir dans un foyer, une école et un quartier qui favorisent sa santé. L’avenir de nos enfants et du monde dans lequel ils vivront dépend des conditions qui leur seront faites dès à présent pour qu’ils soient en bonne santé.

Pour en savoir plus :

Journée mondiale de la Santé 2003 - www.who.int/entity/world-health-day/2003/fr

 1999 Motion ACSP No 1 - Santé environnementale des enfants : - http://www.cpha.ca/francais/policy/resolu/1990s/1999/page6.htm

L'Institut international du développement durable (IIDD) - http://iisd1.iisd.ca/communities.htm
L'IIDD a un programme sur les collectivités et les moyens de subsistance qui vise avant tout à promouvoir des moyens de subsistance durables et à bâtir sur les forces communautaires pour instaurer la responsabilisation et le développement (voir Le programme est lié indirectement à la santé infantile liée à l'environnement.

Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
http://www.cich.ca/Climate_Change/French/ClimateChangeReportFrenchFinal.pdf

Éclairées en matière d'environnement : Premiers pas vers un système canadien d’information pour l’environnement - http://dsp-psd.pwgsc.gc.ca/Collection/En21-206-2001F.pdf

CONFÉRENCE EECO Environment & Energy - - http://www.eeco2003.com/conference.htm
Cette conférence aura lieu le 21, 22 et 23 mai 2003 au Metro Toronto Convention Centre de Toronto ON.  
Les participants pourront s'informer sur les moyens novateurs pour améliorer l'environnement et aussi pour encourager les partenariats dans les divers milieux.  

Le registre environnemental du ministère de l’Environnement -

http://www.ene.gov.on.ca/envision/env_reg/ebr/french/index-fr.htm

La charte des droits environnementaux de l’Ontario et vous -

http://www.eco.on.ca/french/PUBLICAT/usrguide.pdf

Edition: