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Risques et des méfaits associés à la consommation des boissons énergisantes

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Risques et des méfaits associés à la consommation des boissons énergisantes

Préoccupée par l’ampleur du phénomène depuis plusieurs années, l’Association pour la santé publique du Québec a réuni lors de la Journée de réflexion et de maillage sur le thème de l’éducation et la sensibilisation aux boissons énergisantes en février 2012, plusieurs acteurs et organismes afin de mettre en lumière différentes approches contribuant à la réduction des risques et des méfaits associés à la consommation des boissons énergisantes.

Une année s’étant écoulée depuis, l’ASPQ considère que certaines précisions sont de mise concernant les méfaits des boissons énergisantes, l’application des nouvelles recommandations de Santé Canada et les rapports tant attendus de la Food and Drug  Administration (FDA) au sujet des incidents et problèmes de santé répertoriés suite à la consommation de ces boissons.

Portrait des consommateurs :
-    statistiques récentes !

Selon l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire
2010-2011 réalisée par l’Institut de la statistique du Québec auprès d’un échantillon des 431 100 élèves du secondaire, 17,2 % des jeunes consomment au moins une boisson énergisante  mensuellement, soit près de 75 000 jeunes québécois âgés entre 12 et 17 ans(1).

Une enquête menée en 2010-2011(2) par Québec en Forme auprès de plus de 1068 élèves de 10 et 13 ans issus de 13 écoles primaires montréalaises a dévoilé qu’au primaire, 11,2 % des jeunes interrogés avaient consommé au moins une boisson énergisante la veille de l’enquête. Au Québec, c’est près de 7 % des jeunes du primaire qui affirment avoir consommé au moins une boisson énergisante la veille de l’Enquête.

Une récente étude canadienne nous apprend également que 20 % des étudiants canadiens qui fréquente un établissement secondaire ont rapporté avoir mélangé des boissons énergisantes et de l’alcool dans la dernière année(3).

Boissons énergisantes…
-    plus de danger que d’énergie !

Leur publicité, ciblée essentiellement vers les jeunes, promet un gain d’énergie immédiat, une diminution de la fatigue, une vivacité d’esprit accrue… ce sont les boissons dites énergisantes. Depuis quelques années, leur marché a éclaté et les ventes de ces produits se chiffrent en milliards de dollars au Canada et aux États Unis.

La caféine : Composante majeure
-    des boissons énergisantes

Accessibles sur le marché, les recettes des boissons énergisantes sont nombreuses et surtout très dangereuses. L’ingrédient pharmacologiquement actif qui leur est commun à toutes est la CAFÉINE. Cet alcaloïde peut provenir soit du café, du thé ( extrait de thé ), du Guarana, du Maté, de la Kola ou plus prosaïquement de la chimie de synthèse. C’est la substance psychoactive la plus consommée sur la planète.

Doses : les doses de caféine présentes dans les boissons énergisantes sont très variables et la quantité de caféine est souvent absente des étiquettes ce qui rend difficile l’estimation réelle de la dose de caféine contenue par boisson. Heureusement, Santé Canada a émis des recommandations afin de réglementer la quantité de caféine que l’on retrouve dans ces produits. Pour ce qui est de l’apport quotidien maximal de caféine, il est préférable de prendre connaissance des recommandations de Santé Canada selon l’âge du consommateur :

Apport quotidien maximal recommandé

45 mg pour les enfants de 4 à 6 ans
62,5 mg pour les enfants de 7 à 9 ans
85 mg pour les enfants de 10 à 12 ans
2,5 mg/kg pour les adolescents de 13 ans et plus
300 mg pour les femmes enceintes ou en âge de procréer
400 mg pour les adultes en bonne santé

Les effets de la caféine sur la santé

Il est important de prendre en considération que la caféine est présente dans plusieurs aliments, boissons, et médicaments. Indiquée de façon formelle ou informelle, cette absence d’information constitue un risque supplémentaire au dépassement des doses recommandées.

Effets secondaires et toxicité : une surdose de caféine peut occasionner des effets secondaires cardiovasculaires. Des épisodes de tachyarythmie, de fibrillation atriale, de tachycardie ventriculaire, de fibrillation ventriculaire ont été observées lors de surdose de caféine. Les patients présentant un historique de maladies cardiovasculaires, sont plus à risque de présenter de tels effets secondaires. Ces effets peuvent en outre être exacerbés par synergie lorsque des molécules agonistes (tels que les décongestionnants du type de la pseudoéphédrine) sont consommées de façon simultanée. On a relevé des cas de décès suite à une telle combinaison.

Au niveau du système nerveux central, la toxicité de la caféine va se manifester par de l’agitation, de l’irritabilité, des troubles du sommeil et des maux de tête. Une dose élevée peut même entrainer un coma.
Au niveau rénal, la caféine ayant des propriétés diurétiques (drogue qui élève le taux de la miction), va entrainer une perte liquidienne accrue qui à son tour peut induire une hypokaliémie (diminution anormale de potassium) dangereuse. C’est pourquoi, les boissons énergisantes ne doivent, en aucun cas, être utilisées pour la réhydratation après un exercice physique. Les boissons pour sportifs contenant entre autres des électrolytes sont conçues pour cet usage.

Au niveau musculosquelettique, un excès de caféine peut induire des phénomènes de contractures musculaires (contraction musculaire involontaire) suite à une séquestration de calcium intracellulaire.

Enfin au niveau gastro-intestinal, un surdosage de caféine entraine des douleurs gastriques, des nausées et potentiellement des vomissements.

Caféine et alcool

Le mélange de la caféine et de l’alcool est à ÉVITER. Ce mélange est particulièrement dangereux car la caféine réduit la perception de l’altération de la coordination motrice chez le consommateur alors qu’en réalité, la coordination motrice et le temps de réaction du consommateur à ce moment même sont tout à fait modifiés. Il a aussi été démontré que le mélange de caféine et d’alcool provoque une augmentation de la consommation d’alcool et d’épisodes d’ébriété.

Pour conclure, il est primordial de garder en tête qu’il existe des doses quotidiennes recommandées à partir d’études cliniques objectives et qu’il est important de lire les informations inscrites sur les produits que l’on consomme.

En espérant que les modifications réglementaires imposées par Santé Canada permettront de faire un usage plus RESPONSABLE des boissons dites énergisantes afin d’éviter tout incident lié à leur consommation.

Aperçu des recommandations de Santé Canada
-    applicables depuis le 15 décembre 2012

Depuis les dernières années, nous avons pu constater sur le marché canadien, une augmentation notable des ventes de boissons dites « énergisantes » contenant différentes quantités de caféine.

Suite à l’initiative de la Ministre fédérale de la santé, Mme Leona Aglukkaq, visant à mieux encadrer la vente de boissons énergisantes en l’assujettissant au Règlement sur les aliments et drogues, des recommandations ont été émises par Santé Canada en octobre 2011.

Santé Canada a exigé en date du 15 décembre 2012 :

• Une limite de la teneur maximale en caféine dans les boissons énergisantes de 400mg par litre et n’excédant pas 180 mg (l’équivalent d’environ un café moyen) par contenant de portion individuelle. (Santé Canada a déterminé que tout contenant de boisson énergisante non refermable et tout contenant refermable de 591 ml ou moins seront considérés comme contenant de portion individuelle).
• Des limites de la teneur en d’autres ingrédients tels que les vitamines et les minéraux.
• Une mise en garde indiquant de ne pas consommer le produit avec de l’alcool.
• Que l’étiquette, en plus des indications actuelles précisant les groupes à qui une haute teneur en caféine est déconseillée (enfants, femmes enceintes ou allaitant), indique la teneur totale en caféine du produit ;
• L’ajout d’information nutritionnelle et de renseignements sur les ingrédients et les allergènes, comme pour tous les autres aliments.

Suites aux exigences formulées par Santé Canada, certains manufacturiers ont décidé de ne pas faire une demande d’autorisation de mise en marché temporaire (AMT) pour leurs produits. Au total, 173 produits ont reçu une autorisation de mise en marché temporaire. De ces 173, 57 produits ont dû être reformulés afin de satisfaire aux nouvelles exigences de Santé Canada. De plus, dès la délivrance de l’AMT, aucune promotion de ces produits ne doit cibler les enfants. La distribution aux enfants d’échantillons gratuits du produit fait aussi l’objet de cette interdiction. Si un produit n’est pas conforme aux exigences, il fera l’objet d’une mesure d’application de la loi prise par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) ou la lettre d’autorisation de mise en marché temporaire (LAMT) dont il fait l’objet serait révoquée.

Vous pouvez consulter la liste des produits qui ont reçus une
AMT sur le site de Santé Canada au www.hc-sc.gc.ca/fn-an/
legislation/acts-lois/list-tmal-rpsn-fra.php

 
Étiquetage

Toutefois, les produits dont la composition n’a pas eu à être modifiée ont jusqu’en décembre 2013 pour veiller à la conformité de l’étiquetage.

Les fabricants de boissons énergisantes seront aussi tenus de déclarer à Santé Canada, sous forme de rapport annuel, tout incident lié à la consommation des boissons énergisantes ou problème de santé associé à ces dernières qui aurait été signalé par un consommateur. Ils devront aussi fournir à Santé Canada des renseignements plus détaillés sur la consommation, leur clientèle type (groupes d’âges, habitudes de consommation et moyenne de consommation) et la vente totale des boissons énergisantes annuellement, ce qui permettra au Ministère de déterminer si d’autres précautions sont nécessaires

(1) Camirand, H., Blanchet, C. et L. A., Pica (2012). « Habitudes alimentaires », dans L’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011. Le visage des jeunes d’aujourd’hui : leur santé physique et leurs habitudes de vie, Tome 1. Québec. Institut de la statistique du Québec, p. 71-96.
(2) Québec en forme (2012). État de la situation 2010-2011 : Collecte d’informations auprès des jeunes. Rapport pour la région de Montréal.
(3) Azagda, S., Langille, D. et M. Asbridge (2013). The Consumption of alcohol mixed with energy drinks : prevalence and key correlates among Canadian high school students. CMAJO, 1 (1), p. E19-E26.

À la réalisation de ce bulletin :

Coordination et rédaction
• Myriam Lapointe, B.A., Agente des communications et  coordonnatrice d’événements
• Chantal Bayard, B. Sc. soc, M.A., Coordonnatrice de projets

Collaborateurs
• Santé Canada
• Jean-Louis Brazier, pharmacologue

Graphisme
• Gabriel Pelletier

Contribution financière
• Ministère de la Santé et des Services sociaux

Source de ce document : http://www.aspq.org/uploads/pdf/516433588ca94web-bsp_avril_2013-special_be-3.pdf

Pour plus de renseignement autour de ce sujet qui fut le thème d’une conférence l’année dernière, avec documents, vidéos, présentation PowerPoints des conférenciers, visitez la page suivante : http://www.aspq.org/fr/evenements-et-conferences/22/journee-de-reflexion-et-de-maillage

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