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DES STATISTIQUES SUR LES FEMMES QUI EN DISENT LONG

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Depuis les années cinquante, l'image traditionnelle de la mère s'est modifiée de façon spectaculaire. La famille moyenne comptait alors quatre enfants et le rôle de la femme se bornait, pratiquement, à assurer le bien-être de la famille avec le salaire que le mari rapportait à la maison. À la même époque, on portait le nom de son époux, on ne pouvait pas emprunter à la banque et on ne pouvait pas non plus divorcer. Et devenir mère n'était pas non plus un choix. Les femmes ont depuis fait des pas de géants et les changements sociaux qu'elles ont provoqués ont profondément transformé le rôle de la mère. Elles doivent désormais composer avec une réalité un peu plus complexe.

De nos jours, les mères ont moins d'enfants (1,47 en moyenne au Québec).  Elles ont souvent leurs enfants hors mariage (56,1 % des enfants nés en 1998), elles vivent en union libre (30 %), en famille recomposée (10 %) ou elles sont carrément monoparentales (20 %). Certaines ont leurs enfants très jeunes et reprennent les études ou le travail après un certain nombre d'années, d'autres établissent fermement leur carrière avant de fonder une famille, d'autres encore cumulent enfants et travail, par choix ou par obligation. Pour beaucoup de femmes, la situation n'est pas idyllique.

Au Canada, on estime que 17,9 % de personnes vivent dans la pauvreté. De ce nombre, 57 % sont des femmes. Les mères seules sont parmi les plus susceptibles d'être pauvres. On estime que 57,2 % d'entre elles vivent sous le seuil de pauvreté. La situation est encore pire pour les mères seules ayant des enfants de moins de sept ans : leur taux de pauvreté atteignait 82,5 % en 1995! Conséquence? Les mères pauvres ont des enfants pauvres. La même année, on estimait que 20,5 % de tous les enfants du Canada étaient pauvres et que le taux de pauvreté parmi les enfants issus de mères seules s'élevait à 62,2 %!! Le manque de scolarité et la précarité de l'emploi en maintiennent un bon nombre dans cette situation, sans oublier que les emplois occupés par les femmes demeurent encore majoritairement sous-payés. Soixante-sept pour cent des personnes gagnant le salaire minimum sont des femmes et 37 % des mères seules occupant un emploi doivent élever une famille avec moins de 10 $ l'heure.

Les femmes doivent encore majoritairement composer avec les exigences du double rôle de mère et de travailleuse. Selon Statistique Canada, ce sont elles qui assument 75 % des heures consacrées aux des enfants et 70 % des heures consacrées à l'entretien ménager. Le manque de temps entraîne souvent des sentiments de culpabilité et d'incompétence, soit envers la famille, soit envers l'employeur. C'est pourquoi plusieurs d'entre elles se tournent vers des emplois dont l'horaire est plus flexible mais qui sont en même temps plus précaires, comme le travail à temps partiel, le travail à domicile, le travail sur appel ou le travail à la pige.

Aussi dans 70 % des cas de divorce, la garde exclusive des enfants est encore confiée à la mère. Si on ajoute à ce nombre les mères célibataires et les mères en union libre qui se séparent, on peut dire que la monoparentalité est une réalité essentiellement féminine. Et tout le monde s'accorde sur ce que cela signifie : travailler plus pour réussir son rôle parental, être flexible dans la gestion des horaires, avoir de l'organisation, trouver les moyens de répondre à tous les besoins de la famille, faire preuve de créativité et développer ses capacités d'adaptation. Ouf!

Le phénomène de la famille reconstituée est relativement nouveau même s'il prend de l'ampleur. En plus de leur rôle de mère, certaines femmes doivent donc assumer celui de belle-mère, rôle parfois ingrat. Elles assument souvent un tas de responsabilités qui concernent les enfants du conjoint sans en retirer grand avantage. Leurs sentiments oscillent entre l'exaspération, la culpabilité et l'impuissance. Le défi est de taille et l'investissement émotif important.

La lutte contre la pauvreté, la parité salariale, l'équité en matière d'emploi, le logement social et l'accès aux garderies demeurent encore parmi les grands thèmes de la lutte des femmes. Et la liste est longue. Que l'on pense seulement aux mères adolescentes, aux mères victimes de violence, aux mères homosexuelles, aux mères handicapées, aux mères malades ou aux mères incarcérées. Chacune d'elles doit faire face à des difficultés supplémentaires.

Certains avantages...

Malgré ce portrait un peu sombre, la situation des mères a quand même évolué. La mortalité infantile est à son plus bas niveau. Les femmes peuvent choisir quand elles auront un enfant et combien elles en auront grâce, en autres, à des méthodes contraceptives variées. Elles ont aussi accès à de nouvelles techniques de fertilité et de procréation. Les mères ne doivent plus donner systématiquement leur enfant en adoption si elles sont célibataires et ne sont pas tenues non plus d'épouser ou de poursuivre leur relation avec le père si elles ne le désirent pas. Par contre, elles ont davantage recours à l'avortement. Les mères homosexuelles qui recourent à la procréation assistée auront même bientôt le statut de co-mère sans passer par l'adoption. Les femmes peuvent donc maintenant élever leurs enfants seules sans que la société les juge.

Les mères qui travaillent et qui sont admissibles à certains programmes ont davantage de retraits préventifs ou de congés de maternités payés. Les mères peuvent aussi travailler à l'extérieur et jouer pleinement leur rôle de femme. Comme les familles sont moins nombreuses, elles ont souvent des relations privilégiées avec leurs enfants.

Il reste qu'il est difficile de peser le pour et le contre dans la décision d'être mère. La maternité trouve souvent son accomplissement dans la gratuité du geste. Et dans une foule de petites joies qui tissent peu à peu ce qu'on appelle le bonheur. Être mère demande sans doute une bonne dose de courage, mais derrière ce geste il y a surtout de l'amour... Beaucoup d'amour!

Source : Article écrit par Marie-Christine Tremblay - Service, Vie, Santé

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