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Francophones tiendront un 3e forum

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Le Droit: lundi 26 novembre 2007

Les organisateurs et participants du deuxième Forum national de recherche sur la santé des communautés francophones dressent un bilan plus que positif de l'événement, qui s'est tenu de jeudi à samedi dernier dans la capitale nationale. Un troisième forum est déjà dans les boîtes du Consortium national de formation en santé, qui coordonne l'événement.

Les 250 personnes présentes ont participé à une douzaine d'ateliers, aux cours desquels ils ont étudié le rôle de la langue et de la culture dans l'offre et la prestation des services de santé.

"C'est le jour et la nuit entre le premier et le second Forum", a souligné Léonard Rivard, le doyen de la Faculté d'éducation du Collège universitaire de St-Boniface. "La qualité est nettement supérieure à celle du premier forum, que ce soit les intervenants ou le contenu des présentations. On a également fait une place plus importante aux jeunes chercheurs, ce qui s'est avéré être un succès."

M. Rivard estime que la série d'ateliers a permis de mettre en lumière à quel point la langue peut constituer un obstacle et un outil en santé pour certains groupes de citoyens, comme les jeunes, les aînés ou les immigrants.

"En milieu minoritaire, on n'a pas nécessairement les mêmes défis que les anglophones." Selon lui, les jeunes qui ont grandi en français au Manitoba parviennent à s'exprimer en anglais, ce qui fait en sorte qu'ils peuvent offrir des services bilingues.

"Ce n'est pas la même chose pour des immigrants d'Afrique francophone, qui doivent à la fois se familiariser avec une nouvelle culture et apprendre une langue seconde afin de pouvoir travailler avec des professionnels anglophones", explique l'universitaire.

La question de l'accessibilité des soins pour les aînés francophones est critique, affirme M. Rivard. "Il est parfois difficile, voir impossible pour les aînés francophones d'être placé dans une maison de retraite francophone. En vieillissant, on a tendance à retrouver sa langue maternelle. Nous devons trouver des solutions afin d'améliorer l'accès aux services de santé en français."

"C'est certain qu'il y aura un troisième forum", a déclaré la directrice générale du Consortium, Jocelyne Lalonde.

"Il y a eu une évolution incroyable dans notre capacité à faire de la recherche depuis le premier forum tenu il y a trois ans. Le troisième Forum tentera de trouver des solutions et de mettre en application ce qui a été présenté ces derniers jours."

Une affirmation qui touche une corde sensible chez Gratien Allaire, directeur de l'Institut franco-ontarien de l'Université Laurentienne.

"Aucune présentation ne parlait de l'application pratique de nos recherches à la population. On a vu énormément de descriptions de l'état des services de santé et de l'éducation en santé en français, mais peu d'application. Nous devons être en mesure, en tant que chercheurs, de trouver des pistes d'application de ces recherches pour qu'ils puissent servir à l'ensemble des communautés linguistiques minoritaires du pays."

http://www.cyberpresse.ca/article/20071126/CPACTUALITES/711260324/6790/CPDROIT

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