Alliés naturels
La santé communautaire et l’avenir du DÉC
Par Ken Hoffman
Article publié dans "Le contrôle communautaire du système de santé", une édition spéciale de " Making Waves" le magazine canadien du développement économique communautaire, 18,3 (automne 2007), www.cedworks.com. Reproduit avec permission des auteurs.
Demandez à un néo-Canadien, à une mère célibataire, à un jeune de la rue, à un ouvrier mis à pied ce qui est le plus important pour leur « santé » et vous recevrez quelques réponses intéressantes. Ils ne parleront pas du temps d’attente pour une chirurgie ou un diagnostic. Ils parleront de trouver un travail, de terminer leurs études, de trouver une maison ou des services de garde abordables ou de vivre dans un quartier sûr.
Notre société a tendance à traiter tous ces cas comme des problèmes individuels. « Si vous ne parvenez pas à trouver un emploi, une maison, ou des services de garde ou à vous inscrire à l’université, c’est votre propre faute, et vous devriez y mettre plus d’effort ». Il y a peut-être une part de vérité dans cette déclaration, mais le fait que ces problèmes soient tellement répandus dans un pays aussi riche que le Canada en dit long sur ce à quoi nous, en tant que société, accordons de la valeur (ou non). Il est difficile de trouver un emploi lorsque la fabrique a fermé ou que les stocks de poisson sont épuisés. Il est difficile de recevoir de la formation lorsqu’on ne peut pas obtenir un prêt pour la financer.
Il s’agit de problèmes communautaires qui exigent des solutions communautaires. Mais qui donc prend les choses en main pour s’attaquer à ces problèmes? Quelles organisations ont la capacité, les ressources et le mandat de s’occuper de la santé des collectivités ces jours-ci?
Il n’y en a guère. Les centres de santé communautaire ou CSC le font dans certaines régions, mais dix années de politique néo-conservatrice ont limité ce rôle dans de nombreuses parties du pays. Un éventail de sociétés de développement communautaire, d’organismes sans but lucratif et d’organismes caritatifs assument des parties du mandat, mais bon nombre manquent de stabilité, de ressources et de légitimité pour être véritablement efficaces.
Comme j’ai travaillé dans des centres de santé communautaire et en développement économique communau-taire, j’affirme que ces deux secteurs peuvent apporter une contribution importante à la santé des collectivités du Canada pendant la prochaine génération. Cependant, la capacité qu’ont démontrée les CSC de gagner la confiance de leur clientèle, de servir leur bien-être et de les aider à exprimer leur volonté revêt une importance singulière. Pour quiconque formule une stratégie de revitalisation communautaire exhaustive, le CSC est un allié naturel. Les secteurs du DÉC et des CSC peuvent vraiment faire progresser le programme des collectivités locales s’ils apprennent à collaborer et à tirer parti de leurs points forts mutuels.