APPROCHE INTÉGRÉE DES MALADIES CHRONIQUES

Sources : Agence de santé publique du Canada – Centre de prévention et de contrôle des maladies chroniques

http://www.phac-aspc.gc.ca/ccdpc-cpcmc/topics/integrated_f.html

Qu'est-ce qu'une approche intégrée?

Une intervention intégrée comporte les éléments suivants :

  • prévention et réduction simultanées d'une série de facteurs de risque communs aux principales maladies non transmissibles (MNT);
  • utilisation simultanée des services de santé et des ressources communautaires;
  • efforts conjugués et équilibrés en faveur des soins de santé préventifs et de la promotion de la santé en général afin de permettre aux collectivités de participer activement à la prise de décisions qui portent sur leur santé;
  • établissement de consensus stratégiques entre différents intervenants comme des organismes gouvernementaux, des organisations non gouvernementales et des entités du secteur privé afin d'accroître la coopération et de mieux répondre aux besoins de la population.

Vers une approche intégrée des maladies chroniques
Au sujet de la « Prévention intégrée des maladies non transmissibles », l'Organisation mondiale de la santé a déclaré récemment que :

« On ne peut plus considérer les maladies chroniques isolément. On s'aperçoit de plus en plus qu'elles (les maladies chroniques) ont en commun des facteurs de risque habituellement reliés et que des stratégies intégrées peuvent être efficaces contre de nombreux problèmes. »

Le concept de l'approche intégrée n'est pas nouveau. Il a été lancé pour la première fois par l'OMS en 1981 et l'Assemblée mondiale de la santé lui a par la suite accordé son aval en 1985, ce qui a débouché sur un programme de l'OMS visant à tester et à évaluer des approches communautaires intégrées et détaillées dans la prévention et le contrôle des maladies chroniques (Programme national intégré de prévention des maladies non transmissibles (CINDI) de l'OMS).

Promotion de l'équité en santé

Dans l'histoire, on relie habituellement les maladies chroniques aux classes  socioéconomiques élevées. Il y a actuellement assez de données probantes pour indiquer que ce lien s'est inversé. Ces données montrent clairement que le facteur de risque de certaines MNT, comme les maladies cardiovasculaires et certaines formes de cancers, est plus élevé dans les basses classes socioéconomiques où il semble augmenter depuis quelques années. Les stratégies de prévention devraient tenir compte des facteurs sous-jacents qui ont un effet sur les inégalités en santé comme les suivants : éducation, répartition du revenu, sécurité publique, logement, milieu de travail, emploi, réseaux sociaux et transport, notamment. Il importe que les stratégies visent à réduire le risque global pour la population tout en refermant l'écart entre différents groupes de celle-ci. Dans un nombre de cas, il faut refondre et évaluer des interventions dont l'efficacité est bien documentée. Il faut aussi identifier des groupes clés de la population comme les Autochtones, les nouveaux migrants urbains et les femmes, et leur accorder une attention spéciale.

Élaboration et mise en oeuvre de politiques sur la prévention des maladies non transmissibles

Les stratégies de prévention des MNT ont évolué et sont reconnues aujourd'hui comme un moyen de contrôle efficace. L'élaboration et la mise en oeuvre de politiques en particulier sont très rentables et peuvent avoir un effet important sur la santé de la population. Les politiques et les décisions provenant de l'extérieur du secteur de la santé sont celles qui peuvent avoir une grande influence positive sur la prévention et le contrôle des MNT, ce qui tient compte du fait que les interventions des services de santé ont parfois un effet limité sur la population.
L'élaboration et la mise en ouvre de politiques de prévention des MNT requièrent l'appui de toutes sortes d'intervenants : institutions gouvernementales et non gouvernementales, meneurs d'opinion et secteur privé, notamment.

Interventions communautaires

Les interventions communautaires ont démontré qu'elles ont un effet important sur la prévention des maladies non transmissibles puisqu'elles visent à agir non seulement sur l'individu et son noyau social voisin, mais aussi sur l'environnement social qui détermine les comportements. Ces interventions sous-entendent les éléments suivants :

  • la participation active des familles et des collectivités, la mise en commun et le partage des ressources afin d'assurer des mesures intégrées de prévention;
  • l'identification des chefs de file, des groupes organisés et des institutions;
  • la création de coalitions et d'alliances stratégiques.

Augmentation des mesures de prévention des maladies non transmissibles dans les services de santé
Il est possible de créer des activités de prévention des MNT en :

  • créant des politiques et des mesures législatives sur la santé qui appuient l'intégration des soins préventifs dans les services de soins de santé primaires;
  • établissant des liens entre les services de soins de santé primaires et la collectivité;
  • fournissant à la population les connaissances et l'information nécessaires pour la prévention des maladies non transmissibles;
  • mettant en ouvre des programmes de formation spécialisée en soins de santé primaires portant sur la prévention des maladies non transmissibles;
  • suivant et évaluant les interventions préventives des services de soins de santé primaires.

Recherche et surveillance
Des recherches fondamentales plus poussées s'imposent pour traduire efficacement les connaissances scientifiques dans les politiques et la pratique. Si l'on veut mobiliser plus efficacement les responsables des politiques dans l'application de mesures qui ont fait leurs preuves pour réduire les risques, il faut que le contexte politique du transfert des connaissances soit mieux compris et utilisé. Les priorités de recherche clés définies au cours de la réunion des Partenaires de recherche sur les MNT de l'OMS (Genève, 10 au 12 décembre 2001) comprennent notamment les suivantes :

  • recherche opérationnelle pour définir la composition et le séquençage optimaux des stratégies de prévention des MNT;
  • élaboration ou définition de stratégies rentables de lutte contre les MNT;
  • recherche au sujet de l'impact de la mondialisation sur la prévalence des facteurs de risque de MNT.
  • On a besoin de l'information tirée de la surveillance pour orienter les politiques et les programmes appropriés. En dépit de l'importance des maladies chroniques, l'établissement de systèmes intégrés de surveillance des MNT passera obligatoirement par la coordination locale, nationale et internationale entre les divers organismes et centres de responsabilité.


Le fardeau des maladies chroniques au Canada :

Particuliers et familles :

  • 16 millions de personnes vivent avec une maladie chronique.
  • Les maladies chroniques causent 87 % des incapacités.

Groupes à risque élevé :

  • Prévalence accrue dans les collectives vulnérables (p. ex., Autochtones) et dans les groupes désavantagés sur le plan socioéconomique.

Économie :

  • Coûts directs des soins de santé : les maladies chroniques engloutissent 67 % des coûts directs totaux.
  • Coûts indirects : 60 % du total des coûts indirects (52 G$), ce qui se traduit en perte de productivité et perte de revenu.

Réalité mondiale :

  • Les maladies non transmissibles (MNT) causent 60 % des décès et 43 % du fardeau morbide mondial.
  • En 2020, les MNT causeront 73 % des décès et 60 % du fardeau morbide.
  • La moitié des MNT sont attribuables aux maladies cardiovasculaires.
  • Les maladies cardiovasculaires causent plus de décès en Inde et en Chine que dans tous les pays industrialisés ensemble.

 

Pour plus d'information sur l'approche intégrée des maladies chroniques, s'il vous plaît regardez les sites suivants: Les maladies chroniques, http://www.who.int/whr/fr/index.html , http://www.who.int/whr/2002/fr/index.html