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RAPPORT DU 1IER FORUM NATIONAL DE RECHERCHE EN SITUATION MINORITAIRE

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Le premier Forum national de recherche sur la santé des communautés francophones en situation minoritaire a eu lieu à Ottawa, les 30 novembre, 1er et 2 décembre 2004. Durant les deux journées de travail, il y a eu une trentaine de communications, une dizaine d’affiches sur des travaux de recherche et six kiosques sur les grands organismes de subvention, les agences gouvernementales d’enquête et les banques de données. Trois ateliers thématiques ont permis des discussions animées entre les personnes intéressées. La première journée du Forum national avait pour but de brosser un tableau de l’état général de la recherche sur la santé des francophones en situation minoritaire au Canada et surtout de présenter les trois thématiques au coeur même du Forum national: la santé et ses déterminants sociaux ; la gouvernance et la gestion des services de santé ; les liens entre la langue, la culture et la santé. Une conférence a été présentée sur chaque thématique. Fortes des informations reçues durant la première journée de mise en place, les personnes présentes ont profité de la seconde journée pour explorer plus à fond les thématiques. Pour chacune d’elles, les participants ont été invités à travailler en petit groupe afin de répondre à un ensemble de questions visant à déterminer : 1) les problématiques de santé en émergence des communautés francophones vivant en situation minoritaire; 2) les pistes de recherche les plus importantes à documenter; et 3) les principaux défis et obstacles pour mettre en œuvre les pistes de recherche retenues. Les résultats ont ensuite été rapportés en plénière.  Le rapport final expose en détail ces résultats pour en faire ressortir les éléments prioritaires.

Une expérience couronnée de succès
Cette première expérience menée avec le Forum national de recherche sur la santé des communautés francophones en situation minoritaire visait à réunir des personnes d’horizons divers provenant d’un bout à l’autre du pays. Elle a été couronnée de succès. L’enthousiasme, l’attention et la qualité des personnes participantes étaient au rendez-vous. La convergence des intérêts de recherche et une soif inouïe de voir les connaissances se développer sur des questions brûlantes ont préparé le terrain pour un plan de travail de plusieurs années.

Une vision pour les prochaines années
En résumé, la nécessité de développer la capacité de recherche à divers niveaux (chercheurs et étudiants aux études supérieures) semble émerger comme priorité. Il faut en effet avoir des outils pour élaborer un projet de recherche selon les critères scientifiques et pour soumettre aux grands organismes nationaux de subvention des demandes concurrentielles. Le nouveau « Programme de recherche et de diffusion lié aux langues officielles » annoncé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) va dans le sens de cette priorité. Pour leur part, les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) ont annoncé leur ouverture à la recherche sur la santé des minorités de langue officielle, par le lancement de quatre appels de demandes en juin et de deux autres en décembre 2004. Ces appels stratégiques sont établis selon les priorités des Instituts, tenant compte de la variable des minorités de langue officielle.

Des problématiques à adresser
Ces informations étaient très pertinentes et importantes pour les milieux intéressés à la recherche. Les discussions en ateliers ont souligné le manque notoire de financement pour la recherche sur les communautés francophones vivant en situation minoritaire, sur leur santé et sur leur vitalité. Le manque de ressources humaines a aussi été ciblé, car le nombre restreint de professionnels et de professeurs chercheurs implique une double sinon une triple tâche. La dispersion géographique des francophones, la méconnaissance des réseaux de recherche existants, les difficultés à communiquer entre eux et le manque d’espaces de parole pour échanger ont enfin été désignés. Les ateliers ont mis en évidence des problématiques sur lesquelles il importera de se pencher dans un avenir rapproché : le pluralisme ethnoculturel; les inégalités sociales et en matière de santé physique et mentale; l’accessibilité et la qualité des services de santé; la prise en charge par la communauté de sa santé et de ses services de santé; l’effet de la perte des capacités linguistiques pour les personnes âgées; et l’incidence des facteurs culturels et socioéconomiques sur la santé. Divers constats ont émergé des trois journées du Forum national. D’abord, malgré la très faible quantité de recherches sur les francophones, il en existe des embryons ici et là. De plus, les
organisations gouvernementales d’enquête qui sont responsables de recueillir des données sur la santé ont entrepris diverses démarches à cet égard. Elles tentent de déterminer des variables plus performantes pour distinguer les francophones en situation minoritaire, produire des analyses plus fines et créer des bases de données dont les chercheurs pourront se servir pour aller plus en profondeur selon des cadres conceptuels différents. Par ailleurs, le nombre de personnes mobilisées, par leur motivation et la qualité de leur contribution démontrent un intérêt palpable pour la recherche et une détermination à participer au mouvement important qui s’est amorcé. Ensuite, le fait d’avoir constaté une capacité de recherche soutenue semble avoir suscité un désir de combler les lacunes en y mettant les efforts nécessaires. La volonté d’apprendre comment faire pour s’améliorer doit être soutenue par des actions concrètes. Et à cet égard, les grands organismes de subvention sont interpellés.

Des voies à suivre pour le future
Enfin, cette première prise de conscience des besoins communs qui s’est produite durant le Forum national trace la voie à suivre pour d’autres rassemblements du même type. Parmi les voies à suivre, la communication et l’échange des connaissances sont ressortis fortement comme des domaines à développer davantage pour favoriser la mise en réseau et les collaborations. Les personnes participantes ont recommandé de faire converger les efforts de recherche et de tenter de mieux comprendre les facteurs d’influence, les meilleures pratiques, la prévalence de certains problèmes tels que la santé mentale, le vieillissement, la douleur et les habitudes de vie malsaines. Elles ont aussi recommandé de dresser des inventaires qui tracent le portrait de la santé et des comportements à risque des francophones vivant en situation minoritaire. Le développement de mécanismes de communication fait partie des priorités, car ceci permettra d’établir des contacts entre les chercheurs, les collaborateurs des milieux de décision et de pratique, ainsi que les personnes intéressées à la recherche. Les personnes qui ont participé au Forum national ont clairement indiqué qu’elles ne veulent pas en rester là. Elles souhaitent poursuivre les réflexions, établir des plans d’action pouvant mener à des projets de recherche, accélérer le mouvement pour financer la recherche et produire des résultats utiles dont les communautés francophones vivant en situation minoritaire ont grand besoin pour assurer leur épanouissement.

Plusieurs actions s’imposent pour développer la capacité de recherche à divers niveaux. En premier lieu, il importe de développer et de consolider la capacité des chercheurs et des étudiants aux études supérieures. Il faut des ateliers de formation sur deux sujets principaux : comment préparer un projet de recherche (problématique, questions de recherche, méthodologie, activités, échéancier, budget, etc.); et comment présenter une demande aux grands organismes de subvention nationaux (IRSC, CRSH, FCRSS, etc.)

En deuxième lieu, le regroupement des personnes intéressées à s’investir dans les grandes thématiques dégagées lors du Forum national ne doit pas tarder. Il faut profiter de la motivation et de l’élan suscités pour déployer davantage les partenariats qui mèneront un jour à des projets de recherche et à des demandes de subvention. Il pourrait entre autres s’agir de rencontres régionales, nationales ou thématiques. En troisième lieu, le développement du volet « recherche » sur le site Internet du Secrétariat national du CNFS facilitera l’accès à l’information. Il favorisera le réseautage et créera une synergie nationale en recherche. La mise en ligne est prévue pour l’automne 2005.
En dernier lieu, des rencontres diverses, formelles et informelles, permettront de répondre aux besoins de recherche qui ont été exprimés à la fois durant les forums régionaux et le Forum national de recherche sur la santé des communautés francophones en situation minoritaire.

Vous trouverez le rapport final du forum en format PDF à l'adresse suivante: http://www.cnfs.ca/pdf/Rapport%20forum%20national-FINAL.pdf.

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