ÉQUILIBRER SA VIE PROFESSIONNELLE ET PERSONNELLE : QUEL DÉFI!
À la veille de l'an 2001, il n'est pas toujours facile de faire l'équilibre entre sa vie professionnelle et personnelle. On essaie d'être partout, de tout faire et de rendre tout le monde heureux. Plus ça va, plus le temps nous manque, les journées ne sont pas assez longues et les semaines filent. Arrêtons-nous quelques minutes et essayons de donner un sens à cette course haletante.
1. Reconnaître que le travail a pris une place démesurée
Réunions, pression, temps supplémentaires, course contre la monte, allez chercher les enfants; ça ne finit plus. Serge Marquis, médecin et conférencier en gestion du stress, s'interroge surtout sur l'évolution des valeurs : "Avant, le travail occupait une place équilibrée par rapport aux autres dimensions, notamment les dimensions qui permettent aux êtres humains de se construire : la famille, la communauté, la religion. Maintenant, le travail est au centre de la vie." Non seulement on se définit par le travail mais, le plus souvent, on gère sa vie de la même manière. Avec des objectifs de performance et le poids des obligations. On planifie un horaire chargé d'activités et on ne prend plus le temps de prendre le temps
2. Donner du sens à notre vie et à notre travail
On travaille pour un organisme, un salaire, une promotion, pour s’acheter une maison, pour ceci et pour cela. C’est comme une carotte au bout du bâton. On fonctionne par stimuli-réponse et on finit par ne plus non réagir, seulement agir. Et si on travaillait « parce que » plutôt que « pour » ! Serge Marquis, auteur de Bienvenue parmi les humains, disait que la possibilité de donner un sens à quelque chose permet de supporter presque tout et que l’absence de sens conduit à la maladie. C’est en nous engageant dans un projet qui nous ressemble et sur lequel nous avons un certain contrôle que nous pouvons trouver un sens à notre vie.
3. Réajuster notre relation au temps
Boîte vocale, courrier électronique, téléphone cellulaire, technologies, facilites-moi la vie ! L’efficacité a un prix, celui de la disponibilité. Il faut répondre immédiatement qu’on soit en auto, à la maison, au travail ou après nos heures de travail. Les technologies ont modifié radicalement notre rapport temps. Un temps d’attente qui nous semblait raisonnable il y a quelques années devient intolérable maintenant. Pour un petit trente secondes, on se met en rogne et on fait pomper notre coeur. « On confond action et agitation » mentionne Jacque Dufresne. « Quand on est stressé, on fait une multitude de petits gestes qui donnent l’illusion de l’efficacité. Quand on est reposé, on pose des gestes efficaces. On se grise d’être au travail; on confond sueur et résultats ». On fait cinq fois plus quand on a la tête reposée. Pensez-y, vous allez au bureau par un beau samedi ensoleillé et par manque de concentration vous ne fournissez que l’équivalent d’environ une heure de labeur.
4. Apprivoiser le méchant loup qui est en nous
Animal, nous sommes et resterons. Le stress est un réflexe naturel de défense devant la menace. Aujourd’hui la crainte de perdre son emploi, de ne pas avoir le temps de faire ceci ou tout autre, cette crainte ne vient pas de l’extérieur mais bien de l’intérieur de nous-même. C’est souvent notre propre peur de ne pas atteindre nos normes de performance. Car s’il est vrai que le contexte et le rythme de travail ont changé, de vastes études américaines ont confirmé que la semaine de travail s’est bel et bien allongée – la véritable menace vient le plus souvent de nous-même, de notre propre perception des événements. Nous aurions avantage à faire notre « examen de conscience » afin de mieux arrimer nos perceptions de la réalité. As-t’on vraiment besoin de lire tout pour être compétent ? Est-ce qu’on doit tout faire soi-même ? Peux-t’on déléguer certaines tâches ? Selon Jacques Lafleur, « les personnes qui font un burn-out sont généralement celles qui sont les plus appréciées par les patrons… qui leur ont parfois déjà dit qu’elles en faisaient trop ! Faire son « examen de conscience » c’est exorciser ses idées catastrophiques et se rendre compte que certains événements n’entraînent pas nécessairement les conséquences que l’on craint.
5. Apprendre à supporter l’imperfection
« Le péché, ce n’est plus la paresse mais l’hyperactivité » lance Jacques Dufresne. Entre les 5 à 7 et le magasinage pour un nouveau système de son, il n’y a tout simplement pas de place pour le repos et même les loisirs. Qu’arriverait-il si on transformerait nos machines à performance en machines à tolérance ? Si on apprenait à doser nos occasions de stress, à être peut-être un peu moins parfait ? Si on acceptait de reporter et de choisir autant les obligations que les plaisirs? Et si on se donnait l’obligation de se reposer…. « La question n’est pas de savoir si on a ou non raison d’être fatigué », explique Jacques Dufresne, « mais de se rendre compte de sa fatigue et d’y remédier en se reposant, en faisant des choses intéressantes et, parfois en changeant d’attitude ».
6. Passer à l’action au lieu de ruminer
Gérer son stress, c’est aussi se donner les moyens d’agir. En passant à l’action, on rumine moins. « Nos démoralisation quotidiennes nous empêchent trop souvent de bouger . On a l’impression que le monde gère notre vie. On s’imagine qu’on n’a aucun pouvoir. On est malheureux », estime Serge Marquis. Or, le plus souvent, on peut influencer le cours des choses. Pour mettre fin aux angoisses, il faut régler définitivement les questions. Oubliez pas que passer à l’action signifie aussi apprendre à tolérer ce qu’on ne peut pas changer.
7. Exercer notre corps pour aiguiser notre conscience
C’est bien connu, l’activité physique réduit le stress et favorise la détente. Plus encore, le simple fait de penser à la pratique d’activité physique serait suffisant pour provoquer un impact positif. « L’activité physique donne des ressources pour mieux affronter les situations de stress. Elle permet d’évoluer à un niveau de pensée supérieur et d’ouvrir les perspectives », selon Denis Boucher, conseiller en promotion de la santé.
8. Changer de vie ?
Stress, burn-out, épuisement professionnel, fatigue chronique, maladie émotive – notre vocabulaire s’enrichit d’une foule de mots qui évoquent une crise existentielle. Face à cela, des penseurs, des gourous nous invitent à faire le deuil de l’ « idéal » de la surabondance de l’après-guerre et à adopter un art de vivre modelé sur la qualité de vie. Simplicité volontaire, indépendance financière, autres approches, elles ont toutes la même philosophie : le meilleur choix de vie est celui qui nous laisse le maximum de temps. Changer de vie, est-ce possible ? « Oui », disent les spécialistes, « à condition d’en faire une affaire personnelle. À chacun de prendre un moment pour trouver un sens à sa vie et chercher des solutions en vue d’adopter le rythme de vie qui lui convient ».
Source : Donner un sens à sa vie professionnelle et personnelle de Julie Calvé, Affaire PLUS
