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À quand la vraie égalité entre les sexes ? D’ici 2030 ?

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« Des progrès ont été accomplis dans le monde entier en matière d’égalité des sexes dans le cadre de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (notamment l’égalité d’accès à l’enseignement primaire pour les filles et les garçons), mais les femmes et les filles continuent de pâtir de discrimination et de violences dans toutes les régions du monde. L’égalité des sexes n’est pas seulement un droit fondamental de la personne, mais aussi un fondement nécessaire pour l’instauration d’un monde pacifique, prospère et durable. Garantir l’égalité d’accès des femmes et des filles à l’éducation, aux soins de santé, à un travail décent et à la représentation dans les processus de prise de décisions politiques et économiques nourrira l’instauration d’économies durables et sera bénéfique aux sociétés et à l’ensemble de l’humanité. »

Ainsi se lit le 5e des 17 grands objectifs de développement durable (ODD) pour transformer le monde et auquel se sont engagés les pays signataires des Nations Unies lors de sa 69e assemblée en août 2015, dans le but de contribuer à un monde meilleur d’ici 2030. Cet objectif , le 5e, vise à améliorer le sort général des jeunes filles et des femmes partout au monde puisque dans trop d’endroits sur la planète l’iniquité entre les sexes est source  de violence, de pauvreté, de dépendance et d’abus de toute forme. Le 5e objectif veut briser ce cercle perpétuel qui se reproduit de génération en génération et dont une partie du salut passe entre autres, par la sensibilisation et l’éducation (le 4e des 17 ODD d’ailleurs, soit l’éducation équitable).

Les Nations Unies déclinent l’égalité entre les sexes, de multiples façons. Les pays signataires se sont donnés pour mandat d’agir sur plusieurs plans d’ici 2030, notamment : éliminer de la vie publique et de la vie privée toutes les formes de violence faite aux femmes et aux filles ; y compris la traite et l’exploitation sexuelle et d’autres types d’exploitation ; éliminer toutes les pratiques préjudiciables, telles que le mariage des enfants, le mariage précoce ou forcé et la mutilation génitale féminine ; faire une place aux soins et travaux domestiques non rémunérés et les valoriser, garantir la participation entière et effective des femmes et leur accès en toute égalité́ aux fonctions de direction à tous les niveaux de décision, dans la vie politique, économique et publique ; assurer l’accès de tous aux soins de santé sexuelle et procréative ; donner aux femmes les mêmes droits aux ressources économiques, ainsi qu’à l’accès à la propriété́ et au contrôle des terres ; renforcer l’utilisation des technologies clefs pour promouvoir l’autonomisation des femmes et adopter des politiques bien conçues et des dispositions législatives applicables en faveur de la promotion de l’égalité́ des sexes et de l’autonomisation de toutes les femmes et de toutes les filles.

Pourquoi agir tout particulièrement sur les femmes ?

Une autre raison d’agir chez les femmes c’est qu’elles sont majoritairement responsables de leur famille et en agissant auprès d’elle, l’effet se répercute sur toute une autre génération :

« Il existe des liens inextricables entre la situation des femmes et le bien-être des enfants. Si elles ne bénéficient pas d’une éducation, si elles ne sont pas en bonne santé, si elles n’ont pas les moyens de se prendre en charge, ce sont les enfants qui souffrent » (UNICEF)

Ainsi, agir sur la femme, c’est agir au cœur d’un microcosme dans les communautés, comme le souligne Care Canada, « Les femmes ont tendance à faire en sorte que les améliorations de leur propre vie se répercutent sur leurs enfants, leur famille et leur communauté. » Cela est d’autant plus important que «  Les filles sont les plus à risque, car elles n’ont souvent pas d’autre choix que de quitter l’école pour aider leur famille à gagner de l’argent, trouver de la nourriture, s’occuper des jeunes frères et sœurs, chercher de l’eau et faire le ménage pendant que leurs parents travaillent. ». Pour preuve, , le très populaire documentaire poignant sur le sujet, How to educate a girl lequel raconte l’histoire d’une petite fille, Manisha, qui comme au-delà de 70 millions d’autres enfants, n’est pas à l’école, mais qui rêve de l’être plus que tout, alors qu’elle voit ses propres sœurs s’y rendent quotidiennement. Étant l’aînée de la famille, Manisha s’occupe de la maison et de sa gestion, ce qui la privera d’une éducation et de tous ses bienfaits.

Une autre coutume perpétue le cycle d’iniquité entre les sexes : le mariage précoce. Cette pratique prive des millions de jeunes filles de leur enfance (des filles aussi jeunes que 9 ans sont vendues et/ou mariées) pour les enchâsser dans une vie prédéterminée pour elles et sans recours. La vidéo The Girl Effect : The Clock is Ticking résume éloquemment cette pratique mondiale que tente d’enrayer le travail de Girl Effect, les Nations Unies et les nombreux autres intervenants dans le domaine afin de permettre aux jeunes filles d’atteindre, de leur propre gré, leur plein potentiel.

Chez nous, c’est mieux ?

Et si vous croyez, en lisant cet article, que ces programmes sont nécessaires partout sauf dans les pays plus industrialisés, détrompez-vous. Les problématiques sont  aussi présentes en Europe et en Amérique du Nord, voire , dans notre cour arrière. La Fondation canadienne des femmes l’explicite bien dans sa fiche signalétique Les faits à propos des filles au Canada. Notons également les multiples questions sur la violence faite aux femmes (notamment les statistiques ahurissantes chez les femmes autochtones, ce qui motive la tenue d’une Enquête nationale actuellement), la prostitution et ses diverses problématiques, notamment le trafic des jeunes filles pour l’esclavage sexuel, le harcèlement et l’intimidation en milieu travail, l’iniquité en matière d’emploi et dans les postes de haute direction ou encore les questions liées à l’estime et à la confiance des filles, lesquelles créent des situations d’intimidation dont la portée et l’intensité sont pour le moins étonnantes dans les médias sociaux. C’est ainsi que l’on constate que le 5e ODD a sa raison d’être chez nous également.

Qu’est-ce qu’on fait pour améliorer le sort des filles et des femmes ?

Plusieurs organismes et institutions se mobilisent autour de la question, et ce, tant dans les pays industrialisés que dans les paysen développement puisque même si les enjeux divergent, ils ont toute l’équité des filles et des femmes en commun. Parmi toute une panoplie nationale et internationale, citons à titre d’exemple quelques-unes des démarches, qui visent à atteindre les principes (énumérés ci-haut) qui sous-tendent le 5e objectif des Nations Unies : des organisations caritatives comme Parce que je suis une fille de Plan International (nota : Sophie Grégoire Trudeau en est l’ambassadrice mondiale pour le Canada), Care Canada et le Malala Fund ; des institutions comme la Banque Mondialeet ses investissements importants dans l’éducation des filles ; la Journée internationale des femmes et des filles en science (11 février) pour réduire l’écart considérable entre les sexes dans le domaine ; des projets pour outiller les femmes en matière de technologie, d’informatique et de codage informatique comme Code To Inspire, et Girls Who Code, Genre en Action ; des initiatives pour rehausser l’estime de soi des jeunes filles comme le Projet Dove pour l’estime de soi,

À noter à l’agenda

Depuis 2011, les Nations Unies ont déclaré le 11 octobre, Journée internationale de la fille afin de « reconnaître les droits des filles et les obstacles particuliers auxquels elles se heurtent à travers le monde. » Célébrée annuellement, le thème en 2016 était « Progrès pour les filles = Progrès pour les objectifs : Un mouvement mondial en faveur des données sur les filles ».

 

Autres ressources :

Sur les actions concrètes et les nombreux champs d’intervention d’UNICEF pour l’égalité entre hommes et femmes :
https://www.unicef.org/fr/ce-que-nous-faisons#égalité-des-sexes

Sur la violence faite aux femmes :

Faits saillants sur la violence faite aux femmes au Canada de la Condition féminine du Canada :
http://www.cfc-swc.gc.ca/rc-cr/pub/violence-canada-fra.pdf

Réseau canadien pour la santé des femmes
http://www.cwhn.ca/node/40069

Données probantes de Statistiques Canada
http://www.statcan.gc.ca/pub/85-002-x/2013001/article/11766-fra.htm

Dossier d’information sur la violence à caractère sexuel faite aux femmes au Canada
http://www.swc-cfc.gc.ca/svawc-vcsfc/issue-brief-fr.pdf

Sur les 16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le sexe :
http://www.swc-cfc.gc.ca/commemoration/vaw-vff/index-fr.html

Sur la prostitution forcée des femmes autochtones ou le féminicide :
https://www.gazettedesfemmes.ca/12498/traite-des-femmes-autochtones-au-canada-un-phenomene-occulte/

Sur les femmes en science, la Society for Canadian Women in Science and Technology
http://www.scwist.ca

 

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