Back to top

Réduire les inégalités sociales diminuerait le nombre d’hospitalisations pour des blessures dues aux comportements suicidaires et d’automutilation

Section: 

Source : Institut canadien d’information sur la santé

Les disparités selon le statut socioéconomique indiquent où il faudrait s’améliorer

Indicateurs de santé 2013

23 mai 2013 — Plus de 18 400 Canadiens, environ 67 par 100 000 habitants, se sont auto-infligés une blessure menant à une hospitalisation en 2011-2012. Or, un nouveau rapport montre que ce nombre pourrait être réduit de façon considérable. Publié aujourd’hui par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), le rapport Indicateurs de santé 2013 révèle que les taux d’hospitalisation à la suite d’une blessure auto-infligée varient d’une province à l’autre et entre les tranches de population selon leur statut socioéconomique.

Le taux national d’hospitalisation à la suite de blessures auto-infligées — qui résultent de comportements suicidaires ou d’automutilation — baisserait de 27 % si tous les quartiers présentaient le même taux que les quartiers les plus aisés.

Ce rapport annuel de l’ICIS intitulé Indicateurs de santé, produit en collaboration avec Statistique Canada, présente plus de 40 indicateurs de santé et de performance du système de santé au Canada pour les provinces et territoires, ainsi que pour les grandes régions sanitaires du pays.
Le rapport comprend cette année de nouveaux taux selon le statut socioéconomique à l’échelle nationale et provinciale pour 13 indicateurs, y compris les hospitalisations à la suite d’une blessure auto-infligée. Étant donné la relation entre l’endroit où une personne habite et les déterminants sociaux de la santé tels que le revenu, l’éducation, le taux de criminalité et la qualité des services communautaires, les quintiles de revenu des quartiers, qui vont des plus aisés aux plus défavorisés, sont utilisés pour regrouper les personnes en fonction de leur statut socioéconomique.

Les disparités selon le statut socioéconomique varient d’une province à l’autre
En 2011-2012, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nouveau-Brunswick présentaient les taux d’hospitalisation à la suite d’une blessure auto-infligée les plus élevés (86 et 85 par 100 000 habitants, respectivement). L’Ontario, l’Alberta et le Québec avaient les plus faibles (63, 59 et 59 par 100 000 habitants, respectivement). Bien que les taux de ces trois provinces soient inférieurs à la moyenne nationale, ils pourraient être réduits davantage : si tous les résidents présentaient le même taux d’hospitalisation que ceux qui habitent dans les quartiers les plus aisés de chaque province, les taux pourraient baisser d’au moins 25 %.
« Chaque fois qu’une personne est hospitalisée en raison de blessures auto-infligées, on peut en déduire que la communauté n’a pas pu s’en occuper de façon adéquate », indique Kira Leeb, directrice, Performance du système de santé, à l’ICIS. « La variation des taux provinciaux laisse supposer qu’on peut faire mieux. Notre rapport, en examinant davantage les disparités selon le statut socioéconomique, met en lumière des domaines où les décideurs devraient cibler leurs activités de promotion de la santé et de prévention. Il y a place à amélioration. »

Le statut socioéconomique a eu des répercussions plus importantes sur certaines affections
Si l’on tient compte de l’aspect socioéconomique de la nouvelle série de 15 indicateurs, les taux d’hospitalisations liées aux maladies chroniques — comme le diabète, l’asthme et l’insuffisance cardiaque — présentaient les meilleures possibilités d’amélioration. En 2011-2012, il y a eu 290 Canadiens par 100 000 habitants hospitalisés pour ces raisons. Si tous les Canadiens présentaient les mêmes taux que ceux qui vivent dans les quartiers les plus aisés, ce taux
baisserait de 32 %.

« Les disparités selon le statut socioéconomique sont complexes et les solutions ne sont pas nécessairement faciles à trouver », explique Chantal Couris, gestionnaire, Recherche et conception d’indicateurs, à l’ICIS. « Comparer les statistiques sur la santé des quartiers les plus aisés et les plus défavorisés de façon constante et uniformisée aide à déterminer comment il est possible d’améliorer la prévention et le traitement des maladies au Canada. »

Edition: