Back to top

Modifications des comportements influant sur la santé après le diagnostic d'une maladie chronique chez les Canadiens de 50 ans et plus – Un rapport

Section: 

Modifications des comportements influant sur la santé après le diagnostic d'une maladie chronique chez les Canadiens de 50 ans et plus – Un rapport

À propos du rapport :
Les mauvaises habitudes se changent difficilement, et ce, même après l’annonce d’un problème de santé chronique. Cesser de fumer ou réduire le nombre de cigarettes consommées représente le changement le plus observé, même si la plupart des fumeurs persistent, surtout ceux qui viennent de recevoir un diagnostic de maladie respiratoire. Les diabétiques constituent les personnes qui ajoutent le plus souvent des comportements positifs à leur quotidien, même si ces changements demeurent modestes. Issues de l’Enquête nationale sur la santé de la population, les données longitudinales utilisées n’offrent toutefois pas un portrait représentatif de la situation; des études plus poussées manquent, selon les auteurs.

Résumé :
La modification des comportements influant sur la santé (usage du tabac, activité physique, consommation d’alcool et consommation de fruits et de légumes) après le diagnostic de problèmes de santé chroniques (maladie cardiaque, cancer, accident vasculaire cérébral, maladie respiratoire et diabète) a été examinée chez les Canadiens de 50 ans et plus. Les résultats dégagés des données longitudinales de l’Enquête nationale sur la santé de la population menée au Canada sur une période de 12 ans indiquent des changements de comportement relativement modestes. Bien qu’une réduction significative de l’usage du tabac ait été observée chez tous les groupes, sauf celui des personnes ayant une maladie respiratoire, au moins 75 % des fumeurs n’ont pas cessé de fumer. Aucune variation significative du pourcentage de personnes respectant les recommandations en matière d’activité physique, sauf chez les diabétiques, ni du pourcentage de personnes dont la consommation d’alcool était excessive, sauf chez les diabétiques et
les personnes atteintes d’une maladie respiratoire, ne se dégage de l’étude. Le pourcentage de personnes déclarant l’apport minimal recommandé de fruits et de légumes n’a augmenté de manière significative chez aucun des groupes étudiés.

« Modifi cations des comportements influant sur la santé après le diagnostic d’une maladie chronique chez les Canadiens de 50 ans et plus »
par Jason T. Newson, Nathalie Huguet, Pamela L. Ramage-Morin, Michael J. McCarthy, Julie Bernier, Mark S. Kaplan et Bentson H. McFarland

Diffusé en ligne le 21 novembre 2012

La maladie cardiaque, le cancer, l’accident vasculaire cérébral, la maladie respiratoire et le diabète comptent parmi les principales causes de décès au Canada. Mondialement, ces problèmes de santé chroniques sont à l’origine de 60 % des décès. Étant donné que des comportements susceptibles d’être modifiés influent sur leur manifestation, on les considère comme étant en grande partie évitables.

Chez les personnes atteintes d’une maladie chronique, l’adoption d’un mode de vie plus sain, par exemple en renonçant au tabac, en faisant plus d’exercice, en évitant de consommer trop d’alcool ou en améliorant son régime alimentaire, peut accroître la longévité, réduire la récurrence d’un événement et améliorer la qualité de la vie.

Il existe un manque de données représentatives de la population concernant les modifications du mode de vie des personnes chez lesquelles a été diagnostiquée une maladie chronique. Certaines études antérieures sur la modification des comportements ont été menées auprès de petits échantillons de personnes atteintes d’une maladie particulière, et un grand nombre se sont appuyées sur des comptes rendus rétrospectifs. En outre, la plupart des recherches sur la prévention secondaire ont eu lieu aux États-Unis, où l’accès aux soins de santé et à des programmes de modification du comportement n’est pas uniforme. Quelques études seulement ont été menées en Europe ou en Australie, où l’accès aux soins de santé est plus universel. Une revue de la littérature n’a dégagé aucune étude qui s’appuie sur des données représentatives de la population pour le Canada.

La présente analyse a pour but d’examiner l’évolution de l’usage du tabac, de l’activité physique, de la consommation d’alcool et du régime alimentaire chez un échantillon représentatif des Canadiens de 50 ans et plus chez lesquels a été diagnostiqué un problème de santé chronique important. Fondée sur un plan prospectif, suivant lequel les comportements sont évalués avant et après le diagnostic, l’étude permet d’éviter les biais qui pourraient découler des comptes rendus rétrospectifs d’un changement de comportement après diagnostic.

Renoncement au tabac

Le renoncement au tabac est le changement de comportement qui a été mentionné le plus fréquemment, le pourcentage de fumeurs diminuant considérablement après le diagnostic d’une maladie cardiaque, du diabète, d’un cancer ou d’un accident vasculaire cérébral. Par exemple, chez les personnes atteintes d’une maladie cardiaque, la prévalence de l’usage du tabac est passée d’environ 14 % à moins de 11 %. Faisaient exception les personnes ayant reçu un diagnostic de maladie respiratoire – non seulement elles étaient plus susceptibles de fumer avant le diagnostic (25 %), mais aucune diminution significative de la prévalence des fumeurs n’a été relevée chez elles après le diagnostic.

Sauf chez les personnes atteintes d’une maladie respiratoire, la consommation quotidienne de cigarettes a diminué de manière significative. Ce recul de l’usage du tabac pourrait être dû en partie au nouveau diagnostic, mais reflète peut-être aussi une tendance communautaire, puisque même chez le groupe témoin en bonne santé, le pourcentage de fumeurs a diminué légèrement au cours de la période de deux ans, pour passer de 23 % à 21 %. Quel que soit toutefois le problème de santé chronique diagnostiqué, la majorité (environ 75 %) des fumeurs ont continué de fumer après le diagnostic.

Activité physique durant les loisirs

Seules les personnes atteintes de diabète ont déclaré avoir  augmenté leur activité physique durant les loisirs à la suite du diagnostic. Au départ, près de 50 % de cette population s’adonnait à des activités physiques au moins trois fois par semaine, tandis qu’après le diagnostic, la proportion était d’environ 56 %. En outre, la dépense énergétique moyenne n’a varié de manière significative que chez les diabétiques, pour passer de 1,1à 1,4 kcal/kg/jour. Bien que significatif, cet accroissement n’est pas grand. En outre, ce sont les diabétiques âgés de 50 à 64 ans qui avaient tendance à devenir actifs; les personnes âgées étaient moins susceptibles d’accroître leur activité.

Chez les personnes atteintes d’une maladie respiratoire, le pourcentage d’entre elles qui étaient physiquement actives est passé de 52 % à 44 % après le diagnostic. De nouveau, l’âge jouait un rôle, car les personnes âgées étaient plus susceptibles de devenir inactives à la suite du diagnostic que celles de 50 à 64 ans.

Cela est en contraste avec la tendance de l’activité physique chez le groupe témoin en bonne santé. Au départ, les membres de ce groupe étaient plus susceptibles d’être physiquement actifs durant leurs loisirs et leur probabilité d’être actif a augmenté au cours de la période de référence de deux ans, pour passer de 58 % à 63 %.

La crainte que l’activité physique soit dangereuse pourrait être un facteur dissuasif chez les personnes présentant des problèmes de santé chroniques, particulièrement des troubles cardiaques. Pourtant, chez les malades cliniquement stables sans ischémie, l’exercice sous la supervision d’un médecin pose moins de risque qu’un comportement sédentaire.

Consommation d’alcool

À la suite d’un diagnostic de maladie chronique, la consommation d’alcool avait tendance à diminuer. Par exemple, chez les personnes ayant reçu un diagnostic de diabète, le pourcentage d’entre elles dont la consommation d’alcool était excessive (plus de 2 verres par jour ou plus de 14 verres par semaine pour les hommes; plus de 2 verres par jour ou plus de 9 verres par semaine pour les femmes) a reculé, pour passer de 10 % à 5 %. Chez les personnes atteintes d’une maladie respiratoire, la prévalence de la consommation excessive d’alcool est passée de presque 13 % à 8 %. Quant à elles, les personnes atteintes d’un cancer ou ayant eu un accident vasculaire cérébral qui buvaient consommaient, en moyenne, un nombre signifi cativement moins élevé de verres par semaine.

La consommation d’alcool chez le groupe témoin en bonne santé est demeurée stable au cours de la période de référence – 16 % buvaient de manière excessive, 55 % buvaient de manière modérée et 29 % s’abstenaient ou buvaient très peu.

Consommation de fruits et de légumes

Avant le diagnostic, le pourcentage de la population étudiée qui consommait, en moyenne, au moins cinq portions de fruits et de légumes par jour variait de 27 % à 42 %. Aucun accroissement significatif du pourcentage de personnes consommant le nombre minimal de portions n’a été observé après le diagnostic, quoique chez les diabétiques, le nombre quotidien moyen de portions est passé de 4,4 à 5,2. Chez le groupe témoin en bonne santé, la consommation de fruits et de légumes n’a pas varié au cours de la période de référence, environ 32 % du groupe consommant cinq portions par jour.

Conclusion

La prévention secondaire peut accroître la longévité, améliorer la qualité de la vie et réduire les frais médicaux. La présente étude révèle que rares sont les personnes qui ont modifié positivement leur mode de vie après que l’on ait diagnostiqué chez elles un problème de santé chronique. Le renoncement au tabac et la réduction du nombre de cigarettes consommées étaient les changements mentionnés le plus fréquemment, mais la grande majorité des fumeurs ont continué de fumer.

Les diabétiques étaient les personnes les plus susceptibles de signaler des changements de comportement positifs, mais les améliorations étaient modestes. Les personnes ayant reçu un diagnostic de diabète ont réduit leur consommation de tabac et leur consommation excessive d’alcool et ont augmenté leur activité physique durant les loisirs et leur consommation de fruits et de légumes. En revanche, les personnes chez lesquelles on a diagnostiqué une maladie respiratoire n’ont fait état d’aucune modification de leur consommation de tabac ou de fruits et de légumes, et elles étaient moins susceptibles d’être physiquement actives. Au cours de la même période, le seul changement de comportement ayant une incidence sur la santé signalé par ce groupe était la réduction d’une consommation excessive d’alcool.

En cliquant sur le lien suivant, vous pouvez voir l’intégral de ce rapport avec ses tableaux, ses graphiques, de plus, les données et les références qui soutiennent ce rapport : http://www.statcan.gc.ca/pub/82-003-x/2012004/article/11740-fra.pdf

Edition: