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Le bilinguisme coûte trop cher! Opinions de l’AFO et d’Impératif français

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Le bilinguisme coûte trop cher! Opinions de l’AFO et d’Impératif français

Article de François Bergeron

Impératif français et l’AFO dénoncent l’étude « Coûts-bénéfices » de l’Institut Fraser sur le bilinguisme

Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer une récente publication de l’Institut Fraser sur les coûts et les bénéfices des politiques fédérales et provinciales de bilinguisme officiel. Entre autres, les dirigeants du mouvement Impératif français et de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario sont montés au créneau.

Le président d’Impératif français, Jean-Paul Perreault, dénonce la «manipulation» perpétrée selon lui par l’Institut Fraser parce que l’étude unilingue Official Language Policies of the Canadian Provinces: Costs and Benefits chiffre les services à la minorité de langue anglaise du Québec à 50 millions $, la somme la plus faible versée aux minorités de langues officielles au Canada.

«C’est une véritable mascarade», explique M. Perreault. «À elles seules, les trois universités anglophones du Québec, McGill, Concordia et Bishop, profitent d’un financement de près de 1,7 milliard $, et on ne parle même pas ici du futur méga-hôpital de langue anglaise qui coûtera un peu moins de 2 milliards $. Cette étude constitue de la pure propagande anti-francophone.»

«Nous savons tous que la communauté anglophone du Québec est de loin la minorité la plus financée au Canada tandis que les francophones hors Québec ne reçoivent que des miettes.»

Impératif français croit que «de telles études tendancieuses cherchent à affaiblir la minorité francophone hors Québec de même que le statut du français en tant que langue officielle et commune au Québec et au Canada».

Démographie inclusive

De son côté, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) remet en question la «rigueur» de l’étude réalisée par quatre économistes québécois (Olivier Coche, François Vaillancourt, Marc Antoine Cadieux et Jamie Lee Ronson), qui établit à plus de 2 milliards $ le coût du bilinguisme au pays.

Quelques journaux anglophones, notamment le Ottawa Sun, en ont fait leurs manchettes impliquant qu’il s’agissait d’un autre exemple de «gaspillage».

«Les chiffres ne reflètent pas la réalité», estime le président de l’AFO, Denis Vaillancourt, qui souligne que le gouvernement de l’Ontario a adopté une nouvelle définition de la population francophone de la province rendant caduques les références adoptées par l’Institut Fraser.

«Selon la définition inclusive de francophone, les francophones représentent 4,8% de la population de l’Ontario, soit 580 000 personnes et non 489 000», dit-il.

Pour l’AFO, les quelque 620 millions $ déboursés annuellement par la province pour une offre active de services linguistiques aux francophones sont «non seulement justifiés, mais nécessaires».

«Cette étude vient semer le doute sur la valeur de notre bilinguisme au Canada et l’apport de notre communauté francophone à la société civile ontarienne. C’est inacceptable!»

«En 25 ans et notamment avec la Loi sur les services en français, nous avons fait des avancées significatives, entre autres en éducation et en santé. Aujourd’hui, l’Ontario français fait face à une démographie évolutive, notamment avec les apports de l’immigration francophone, et sur le terrain, et les services sont encore loin de répondre adéquatement aux besoins des francophones. Soyons réalistes, notre population francophone doit être desservie et il en coûterait combien pour offrir des services en anglais?», estime M. Vaillancourt.

Rapport Drummond

Pour l’AFO, à la veille du dépôt du rapport Drummond et l’annonce d’éventuelles coupures par le gouvernement McGuinty, il faut garantir un espace francophone dynamique en Ontario.

«Il est urgent de ne pas remettre en question le financement de l’Office des affaires francophones, du Commissariat aux services en français et de la Télévision francophone en Ontario.»

«Le bilinguisme est une valeur nationale et une fierté canadienne, c’est ce qui nous distingue du reste du monde. On ne doit pas mettre de l’avant des chiffres quand on parle de notre identité canadienne et de notre spécificité», conclut le président de l’AFO.

Source : http://www.lexpress.to/archives/7549/

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