Back to top

La situation et les alternatives pour les aînés gais et lesbiennes francophone de l’Ontario : Vieillir LGBT, un retour au placard?

Section: 

Table ronde qui a examiné le 23 novembre dernier, la situation et les alternatives pour les aînés gais et lesbiennes francophone de l’Ontario relatée dans l’article du journal Le Métropolitain (semaine du 1er au 7 décembre 2010) : Vieillir LGBT, un retour au placard?

Vieillir LGBT, un retour au placard par Raphaël Lopoukhine, le 1er décembre 2010

La vie sexuelle ne s’arrête pas quand commence la vieillesse. Si les rythmes sont différents, les têtes blanches aussi ont le droit de connaître les joies des alcôves. Longtemps tabou, ce thème aujourd’hui, ne pose plus problème.

L’homosexualité est dans une situation équivalente. Longtemps rejetée, elle est à l’heure actuelle acceptée. « Sauf dans les milieux scolaires ou des maisons de retraite où les mentalités sont celles de l’ancien temps », rappelle Marcel Grimard, activiste de la cause
gaie.

La génération qui arrive aujourd’hui à la retraite est celle du baby-boom, de Mai 68 et de la libération sexuelle. Il s’agit de gens qui ont lutté pour faire accepter leur différence, pour « sortir du placard », et qui ne comptent pas y retourner sous prétexte que le milieu des maisons de retraite ne les accepterait pas. En attendant un inévitable changement de mentalité, il faut parer au plus pressé et offrir aux pensionnaires homosexuels des conditions de confort et de sécurité semblabes à celles des hétérosexuels.

C’est dans cet esprit qu’André Saindon a ouvert la maison Papineau, une maison de retraite gaie à Montréal. Il compte d’ailleurs réitérer l’expérience dans la capitale ontarienne. « La première habitation devrait ouvrir à la fin de 2011, et elle sera suivie de quelques autres. Le marché est important, puisqu’on estime que 70 000 personnes peuvent être concernées à Toronto. »

M. Saindon est venu présenter son projet au cours d’une table ronde consacrée à ce sujet. Elle était présidée par Guy Mignault, directeur artistique du Théâtre français de Toronto, qui a d’emblée posé une problématique claire : « Vaut-il mieux vieillir dans un établissement anglophone gai, ou dans un milieu francophone et hétéro? En d’autres termes, doit-on choisir entre son identité sexuelle ou linguistique? »

Les panélistes se sont exprimés sur leurs sentiments et ce qu’ils pensaient de la question, tout en répondant aux interventions du public. Les participants se sont plutôt mis d’accord sur le fait que l’obtention des services en français était fondamental, et en particulier dans les maisons de retraite, puisque l’expérience montre qu’en fin de vie, on a tendance à oublier les langues qu’on a apprises, et à ne s’exprimer que dans sa langue maternelle.

Pour Jean-Rock Boutin, président de l’association Action-Positive et autre grand activiste, ce genre de tables rondes est important car il fait avancer les choses en matière d’éducation et d’inclusion des minorités sexuelles.

André Saindon a découvert le problème de la langue qui est central en Ontario français. Il a promis que le bilinguisme serait une condition sine qua non à l’embauche de son personnel. Quand on lui rétorque qu’embaucher du personnel bilingue à Toronto ne sera pas une mince affaire, il répond : « J’ai réussi à ouvrir une maison gaie à Montréal, sans financement public. Vous croyez que ce genre de défis me fait peur?»

Article tiré des archives Le Métropolitain : www.lemetropolitain.com

Edition: