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S’ADATER À UNE NOUVELLE RÉALITÉ : LE VIEILLISSEMENT DE LA POPULATION

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Le vieillissement de la population est un phénomène qui touche actuellement tous les pays du monde.  Selon l’Organisation mondiale de la santé, On estime aujourd'hui à 580 millions le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus dans le monde.  D'ici 2020, le nombre des personnes âgées de 60 ans et plus aura franchi le cap du milliard.  

Pour l'individu comme pour la société, l'une des principales préoccupations associées à la vieillesse est la dégradation possible de la santé, surtout si elle entraîne une plus grande dépendance personnelle. Bien que la santé se détériore avec l'âge, cette détérioration ne survient que progressivement chez la plupart des personnes âgées et celles-ci apprennent à s'adapter. Cependant, en raison du problème grandissant posé par les soins de plus en plus coûteux, on craint souvent qu'une population vieillissante n'impose un fardeau supplémentaire aux services de santé déjà surchargés.

On s'attend aussi à ce que le vieillissement de la population aggrave l’ampleur des problèmes de santé mais il a particulièrement un impact sur les problèmes de santé mentale.  Le fait de l'espérance de vie des personnes en général est plus longue grâce aux nouveaux traitements, médicaments et soins  pour en nommer que quelques-uns, aura aussi un impact au niveau des ressources financières nécessaires pour assurer une qualité de vie adéquate pour nos personnes âgées.  

L'amélioration de l'espérance de vie ouvre des perspectives sans précédent de créativité personnelle et sociale, mais soulève aussi des problèmes de caractère individuel et sociétal liés à la qualité de la vie des personnes âgées, notamment en ce qui concerne l'indépendance, l'interaction sociale, les soins de santé et la participation communautaire.  En 2020, on prévoit que les trois quarts des décès pourraient être liés au vieillissement  (OMS). Ils seront dus particulièrement à des maladies non transmissibles comme les maladies de l'appareil circulatoire, le cancer et le diabète. Nous pouvons dès maintenant constater une augmentation des personnes souffrant de troubles mentaux et des effectifs toujours plus importants atteignant un âge auquel on est plus exposé. Il faut aussi regarder de façon plus globale le bien-être de ces personnes.  L’isolement social des personnes âgées et la pauvreté sont des déterminants qui influencent leur santé.  Ce sont là quelques exemples isolés qui montrent bien le genre de problèmes de santé publique liés au vieillissement qui se posent aux responsables politiques. Il y en a beaucoup d'autres, bien sûr.   Les conséquences du vieillissement du point de vue social et de la santé publique, doivent être prises très au sérieux.

Dans un tel contexte, il est clair que les divers services publics doivent adapter leurs activités aux besoins des aînés, et ce, dès aujourd'hui. Il s'agit là d'un défi collectif qui exige l'engagement de l'ensemble des personnes et des acteurs sociaux pour que tous les aînés, ceux d'aujourd'hui comme ceux de demain, puissent vivre leur retraite et la fin de leur vie de façon décente et digne, dans une société adaptée à leur réalité (Santé Canada, Division des aînés).

QUOI FAIRE ?

Dans une récente publication de Santé Canada : « POUR UNE SOCIÉTÉ QUI VIEILLIT EN SANTÉ UNE APPROCHE AXÉE SUR L'AMÉLIORATION DE LA SANTÉ DE LA POPULATION  » ( (http://www.hc-sc.gc.ca/seniors-aines/pubs/healthy_comm/toc_f.htm ), on décrit le quatre agents sociaux importants qui jouent un rôle primordial dans la promotion de la vieillesse active :
L’individu : La personne âgée doit tenter de maintenir une bonne santé physique, des connaissances, des compétences professionnelles, des ressources financières, des milieux de vie adéquats et des relations sociales satisfaisantes. Il doit obtenir et utiliser de l’information pour prendre ses décisions, modifier son comportement pour s’adapter aux situations et aux capacités changeantes et participer de façon active et significative à la vie de la société. Toutefois, l’individu ne peut assumer la responsabilité d’optimiser sa qualité de vie que si des possibilités, des ressources et des choix viables lui sont offerts et s’il est en mesure de prendre soin de lui-même (par exemple, s’il sait comment chercher et interpréter l’information sur la santé et s’il a des connaissances de base en matière de vieillissement sain). De plus, les aînés doivent encourager les nouvelles générations à établir une culture qui favorise la vieillesse active.

La famille et les amis : Au cours de la vie de l’individu, la plupart des relations avec la famille et les amis se caractérisent par l’échange de soutien et de services de toutes sortes. Plus les aînés ot besoin de soins, plus ils ont tendance à recevoir des services de ce réseau intime, plus particulièrement de la famille. À vrai dire, la majeure partie du soutien que reçoivent les personnes âgées pour préserver leur autonomie et leur qualité de vie vient de la famille et des amis. Cependant, les membres de la familles et les amis n’ont pas toujours les ressources, le temps ou les connaissances nécessaires pour offrir tous les soins dont ont besoin les aînés, et les soignants naturels ont eux-mêmes besoin de soutien et de périodes de répit.

Les services communautaires :  Il incombe à la collectivité de créer un milieu attentif et convivial, qui aide les individus et leurs familles à répondre à leurs besoins. Les services communautaires comportent un large éventail d’associations ou d’organismes non gouvernementaux ou bénévoles, d’établissements d’enseignement, de centres culturels ou sportifs, de bureaux de services sociaux et de centres de service confessionnels. Ces services emploient du personnel rémunéré ou bénévole.

L’État : La famille et les amis, les organismes bénévoles et sans but lucratif, et les secteurs public et privé jouent un rôle vital lorsqu’il s’agit de faire en sorte que les individus de tous âges soient en mesure de rester actifs en vieillissant. L’État encourage et facilite le vieillissement sain et actif de la population en mettant en place les éléments suivants :
• un cadre stratégique qui définit l’intention, les principes, les valeurs et les objectifs sous-jacents à la vision d’une vieillesse active;
• un plan national qui définit les buts, les lacunes à combler, le calendrier
• d’intervention, les indicateurs de surveillance et leur évaluation;
• des politiques et des programmes sectoriels : sécurité sociale, santé, éducation, logement, transport, sports et activités physiques, culture et loisirs, justice, sécurité publique, etc.;
• des politiques et des programmes locaux (municipaux) qui complètent les politiques nationales et étatiques.

LES PRINCIPES D’UN SYSTÈME DE SOUTIEN COMPLET

1. Assurer la sécurité et le soutien social

Une structure de soutien complète qui encourage la vieillesse active doit, à tout le moins, assurer la satisfaction des besoins fondamentaux des personnes âgées, soit une eau salubre, l’électricité, des aliments nutritifs, la sécurité physique, et la protection contre les mauvais traitements, l’exploitation et les actes criminels. Bien que toute société ait le devoir de satisfaire les besoins humains universels, on oublie trop souvent les besoins particuliers des personnes âgées.  Il faut donc demander si les personnes âgées ont-elles accès aux soins de santé essentiels? Y a-t-il des programmes de soutien du revenu qui assurent un revenu de base minimal aux personnes âgées? Y a-t-il des politiques qui prévoient des subventions pour les services publics de base (p. ex. eau salubre, électricité, autres sources d’énergie et aliments)? Y a-t-il des politiques qui prévoient des milieux adaptés et sécuritaires pour les personnes handicapées, au travail, dans la rue et dans les locaux publics? Existe-t-il des codes qui régissent la construction de logements sécuritaires ou la modification de logements pour les aînés?  Existe-t-il des mesures pour protéger les personnes âgées contre les mauvais traitements, la négligence ou l’exploitation?

2. Être juste et équitable

Un système de soutien complet qui encourage la vieillesse active doit faire respecter la liberté et les droits fondamentaux des personnes âgées dans tous les aspects de leur vie. Une société est juste et équitable lorsqu’elle peut garantir à tous ses aînés l’égalité d’accès à un éventail complet de services sociaux, financiers, juridiques et de santé, ainsi qu’à des ressources de qualité, sans égard à l’âge, au sexe, à la classe, à la race, à la culture, au revenu, au lieu de résidence ou à l’état .  À ce moment là, il faut être capable en tant que société d’avoir des lois ou des politiques pour protéger les droits fondamentaux des personnes âgées, et sont-elles appliquées, d’assurer des services publics d’accès sans discrimination fondée sur l’âge, le sexe, la classe, la race, la culture, le revenu, le lieu de résidence ou l’état de santé, de réduire adéquatement les risques posés à la sécurité physique et au bien-être psychosocial des personnes âgées et d’accorder la même importance à l’amélioration, au maintien et à l’accroissement du bien-être physique, social et économique des personnes âgées qu’à ceux des autres groupes d’âges?

3. Maintenir la dignité

Un système de soutien complet qui encourage la vieillesse active doit préserver la dignité et l’estime de soi des personnes âgées. Le système doit promouvoir une culture de respect pour les aînés et pour leur apport à la famille, aux amis, à la collectivité et à la société. Les services et les interventions de soutien doivent être souples et tenir compte de la diversité des besoins au sein de la population âgée, tout en respectant la vie privée de même que les valeurs, les préférences et les croyances religieuses de chacun.  Il faut regarder si les services sociaux, financiers et de santé respectent-ils explicitement la dignité et la diversité des aînés, et si les ressources sont-elles distribuées de façon à répondre aux besoins individuels; si on tient compte des besoins, des désirs et des valeurs individuels des personnes âgées lorsqu’on prend des décisions qui les concernent et d’essayer de corriger les stéréotypes négatifs et les perceptions erronées sur les personnes âgées?

4. Favoriser l’indépendance et l’autonomie

Un système de soutien complet qui encourage la vieillesse active permettrait aux personnes âgées d’assumer le maintien de leur santé, de gérer leur vie dans le milieu communautaire qu’elles préfèrent et de poursuivre des activités favorisant leur émancipation personnelle. Des milieux faciles d’accès et qui conviennent à tous les degrés d’autonomie seraient disponibles. Des logements adéquats, y compris ceux qui favorisent la vie commune, offriraient des services de soutien ainsi que des services et produits publics ou commerciaux accessibles et adaptés à des degrés d’autonomie variables. La famille et les amis seraient aussi appuyés afin qu’ils puissent continuer de soutenir les aînés à demeurer aussi autonomes que possible.  Pour évaluer l’indépendance et l’autonomie des aînés, il faut se questionner leur l’accès à des milieux physique, les besoins des personnes âgées lors de la conception et l’élaboration de produits et services qui leurs sont destinés et la formation des professionnels en santé et en services sociaux qui touche la sécurité ainsi que l’encouragement à l’autonomie et à l’indépendance des personnes âgées.

5. Promouvoir une participation importante et active à la vie de la société

Un système de soutien complet qui encourage la vieillesse active doit s’efforcer de faire participer les aînés de façon significative à tous les aspects de la vie de la société et à les y intégrer. Il doit leur garantir l’accès à des ressources éducatives, culturelles, spirituelles et récréatives, de même qu’à des possibilités de travail rémunéré et bénévole. Les obstacles physiques, sociaux, psychologiques et environnementaux qui freinent la participation des aînés doivent être repérés et éliminés. Le système doit aussi favoriser la création d’associations d’aînés et de groupes de défense d’intérêts publics et encourager les personnes âgées à participer activement à la planification, à la mise en oeuvre et à l’évaluation des politiques et programmes publics qui les concernent. Enfin, des efforts doivent être déployés pour communiquer efficacement avec les aînés et les informer de ces programmes et services.  Pour ce faire, les personnes âgées devraient avoir la possibilité d’entreprendre un travail rémunéré ou bénévole, de poursuivre leur apprentissage et de participer comme elles le souhaitent à des activités sociales, culturelles ou récréatives? Il devrait également contribuent et participent à l’élaboration, à la mise en oeuvre et à l’évaluation des politiques et des programmes?

Beaucoup de médecins et de scientifiques ne prennent pas ces implications au sérieux et critiquent la faible teneur scientifique.  Les personnes âgées représentent le segment de la population en croissance la plus rapide. La société en général, les décideurs, les fournisseurs de soins de santé et les particuliers doivent prévoir ce qu’il faut pour que les personnes entrant l’âge d’or s’attendent à quelque chose de positif, de sécuritaire et d’enrichissant.

Arnold Toynbee a écrit : «La durée de vie de toute civilisation peut se mesurer par le respect et l’importance qu’accorde la société à ses aînés. Les sociétés qui traitent leurs aînés avec mépris sèment les graines de leur propre destruction.»  

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