Profil 2009 de la communauté francophone de l'Ontario
Extrait du document profils des communautés francophones et acadiennes du Canada produit par la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada.
Pour consulter le document dans son ensemble veuillez visitez le lien suivant : http://www.fcfa.ca/profils
Table des matières
Histoire ........................................................................................................1
Géographie..................................................................................................2
Vitalité démographique................................................................................3
Diversité francophone..................................................................................6
Vitalité linguistique.......................................................................................8
Vitalité économique....................................................................................10
Vitalité communautaire...............................................................................12
Les trente dernières années.......................................................................21
Sources.......................................................................................................22
Avant-propos
Le Profil de la communauté francophone de l’Ontario réunit et présente
des informations à jour sur les francophones de la province. Il
fait partie de la collection des Profils des communautés francophones
et acadiennes du Canada préparés une première fois en 2000 par la
Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA)
du Canada et réédités en 2004 et en 2009.
Aux profils provinciaux et territoriaux s’ajoute un profil national.
Il décrit la situation de la francophonie canadienne dans son
ensemble et compare les réalités du fait français à travers le pays.
Après une introduction générale à l’histoire et à la géographie de
chacune des communautés, les profils provinciaux et territoriaux
se divisent en deux sections distinctes :
• Un portrait statistique qui décrit la vitalité des communautés
de langue française selon les volets démographique, linguistique
et économique et sous l’angle de la diversité.
• Une présentation de la vie communautaire organisée autour
de sept thèmes : les principaux organismes, les communications,
la vie culturelle et communautaire, l’éducation et la
formation, les soins de santé et les services sociaux, les lois
et les services gouvernementaux ainsi que l’économie.
Cette nouvelle édition s’appuie sur les données tirées du recensement
fédéral de 2006.
Depuis que le premier Français a foulé le sol de l’Ontario en 1610,
il y aura bientôt 400 ans, l’histoire de ce territoire est intimement
liée à celle des hommes et des femmes qui l’ont bâti en français,
surtout à partir du XIXe siècle.
Les francophones occupent progressivement le territoire au XIXe
siècle et au début du XXe siècle. Les francophones forment plusieurs
noyaux de peuplement le long de la rivière des Outaouais, puis vers
l’intérieur. Ils se trouveront pendant cette période surtout à l’est
(1810-1840) et au nord-est (1880) de l’Ontario, attirés par les
terres le long des cours d’eau (Est et Ottawa) ou bien l’industrie
forestière (Est), la prospection minière (Nord) ou bien le développement
des réseaux ferroviaires (Nord, Ouest et Sud). Le peuplement
des régions plus septentrionales comprises entre Cochrane
et Hearst se fera à partir des années 1910, alors que le
Témiscamingue se développera au tournant du XXe siècle.
Le XIXe siècle et le début du XXe siècle, c’est aussi celui de
l’établissement d’institutions, surtout religieuses, sur lesquelles
s’appuiera une élite franco-ontarienne qui, certes, voyait grand
et loin, mais qui devait aussi défendre et protéger les acquis.
Ils étaient francophones et catholiques, dans un monde
anglophone et protestant. La création de l’Association
canadienne-française d’éducation de l’Ontario (ACFÉO),
en 1910, ancêtre de l’Association canadienne-française de
l’Ontario (ACFO), marque cette volonté d’affirmation, tout
comme la création du journal Le Droit en 1913.
Le Règlement 17 (1912-1927) adopté par le gouvernement
de l’époque, qui réduisait considérablement l’enseignement
en français dans les écoles de façon à favoriser l’apprentissage
de l’anglais, et le Règlement 18 qui menaçait de représailles
les conseils scolaires et les enseignants qui s’opposaient à cette
directive, constituent certes le plus puissant exemple de cette
confrontation qui opposera pendant longtemps catholiques
francophones et protestants anglophones en Ontario.
Aujourd’hui, des conseils scolaires de langue française sont
responsables de l’éducation des jeunes franco-ontariens, qui
peuvent aussi compter sur un réseau collégial en français.
La grande bataille (1997-2002) pour sauver l’Hôpital Montfort
d’Ottawa d’une fermeture annoncée par le gouvernement,
est le plus récent combat sociopolitique des Franco-Ontariennes
et Franco-Ontariens. Le 22 mars 1997, dans un acte d’affirmation
collective, près de 10 000 francophones et francophiles se rassemblent
au Centre municipal d’Ottawa en appui au mouvement de
défense SOS Montfort, mené par Gisèle Lalonde. Défait deux fois
devant les tribunaux, le gouvernement capitule finalement sans
condition en février 2002. Aujourd’hui, l’Hôpital Montfort est
en forte croissance, grâce à d’importants investissements
gouvernementaux.
Histoire
L’identité franco-ontarienne se reflète non seulement dans
les actions, mais aussi dans les symboles. Le drapeau francoontarien
fut dévoilé pour la première fois le 25 septembre
1975 à l’Université de Sudbury. Il a été officiellement reconnu
par le gouvernement en 2001 comme emblème de la communauté
francophone de l’Ontario.
Des Monuments de la francophonie commencent aussi à
apparaître depuis quelques années sur le territoire ontarien.
Le premier dévoilement a eu lieu le 25 septembre 2006 à
Ottawa. On compte six monuments semblables sur le territoire
de la capitale nationale et d’autres projets semblables ont vu le
jour en Ontario français, notamment à Casselman et à Sudbury.
L’identité franco-ontarienne se reflète aussi dans les lois avec
l’adoption de la Loi sur les services en français (Loi 8), qui entre
complètement en vigueur en novembre 1989 et qui garantit le
droit pour les citoyens de recevoir des services en français sur
demande de la part de leur gouvernement provincial dans
25 régions désignées. La loi sera ensuite modifiée en 2007
avec l’ajout d’un Commissariat aux services en français.
L’identité franco-ontarienne se reflète évidemment dans la
culture. En 2003, L’Écho d’un peuple est présenté pour la première
fois. Il s’agit d’un spectacle à grand déploiement qui raconte en
14 tableaux l’épopée des Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens.
Le spectacle a attiré, entre 2004 et 2008, plus de 100 000 spectateurs
à la ferme Drouin dans la municipalité de La Nation, située
dans l’Est ontarien.
Cette identité se reflète enfin dans le milieu associatif :
les militantes et les militants francophones de l’Ontario créent,
en 2006, au terme d’un long processus, une nouvelle association :
l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). L’AFO
remplace l’Association canadienne-française de l’Ontario
(ACFO) et la Direction Entente Canada-Communautés
Ontario (DECCO).
Cette collectivité franco-ontarienne, vivante, n’est pas monolithique.
Elle s’appuie aujourd’hui davantage sur l’immigration
pour assurer sa prospérité et sa pérennité. Ils s’appellent certes
Levasseur, Matte, Cantin, Gauthier, Gervais, Lalonde, Roy,
mais aussi Diallo, Abdi, Brihmi, Ghaleb, Matulu, Nguyen. Il y a
autant d’histoires à raconter qu’il y a de personnes et de familles
qui ont choisi cette terre d’abondance pour les uns, d’avenir pour
les autres, d’espoir pour les nouveaux arrivants.
Géographie
La communauté franco-ontarienne compte 578 040 personnes
ayant le français comme première langue officielle parlée et
représente 4,8 % de la population de la province. Seulement
532 855 ont le français comme langue maternelle, ce qui tend
à suggérer qu’au moins 45 000 Franco-Ontariennes et Franco-
Ontariens utilisent le français comme langue principale, mais
ne l’ont pas comme langue maternelle – signe indéniable d’une
collectivité qui se diversifie de plus en plus.
Les francophones sont présents partout en Ontario, mais demeurent
concentrés dans certaines régions. C’est dans la région Est
qu’on retrouve la plus importante concentration de Franco-
Ontariennes et Franco-Ontariens qui sont particulièrement
présents dans trois divisions de recensement, soit Ottawa
(163 265), Prescott-Russell (53 165) et Stormont, Dundas et
Glengarry (24 945).
La région Nord-Est accueille le deuxième plus fort contingent
de francophones qui sont surtout regroupés dans les divisions de
recensement du Grand Sudbury (43 240), de Cochrane (38 610),
de Nipissing (20 655) et de Timiskaming (8 080).
On retrouve également une population francophone relativement
importante dans la région du Centre, particulièrement dans les
divisions de recensement de Toronto, Niagara et de Hamilton.
Les métropoles ontariennes voient d’ailleurs une croissance
importante de leur population de langue française : à elles deux,
les villes d’Ottawa et de Toronto comptent près de 15 000 francophones
de plus qu’il y a cinq ans, des taux de croissance respectifs
de 5,4 % et de 5,9 %.
Le poids démographique des francophones varie beaucoup
d’une division de recensement à une autre. Dans l’Est, ils sont
majoritaires dans la division de recensement de Prescott-Russell
(67,52 %). Il s’agit d’ailleurs de la seule division de recensement
de la province majoritairement francophone.
Profil de la communauté francophone de l’Ontario • 2
Vitalité Démographique
Le français est la langue maternelle de 532 855 personnes en
Ontario, soit un peu plus de 4 % de la population totale de la
province. Toutefois, la présence de nombreux Ontariennes et
Ontariens ayant le français comme langue d’usage principale,
mais non comme langue maternelle, porte le nombre de
francophones à 578 040 et leur pourcentage de la population
à près de 5 %.
C’est bien sûr l’anglais qui obtient de plus hauts pourcentages
avec 68 % de la population ayant l’anglais comme langue
maternelle et 93 % l’ayant comme première langue officielle
parlée. Cependant, la population ayant d’autres langues que le
français ou l’anglais comme langue maternelle totalise plus de
3 millions d’individus, soit près de 27 % de la population totale.
Ceci montre clairement la diversité culturelle et linguistique de
l’Ontario d’aujourd’hui.
Français........................................................................... 532 855
Anglais........................................................................... 8 398 240
Langues non officielles.................................................... 3 276 685
Population totale........................................................... 12 028 895g
Population selon la première langue officielle parlée,
2006, Ontario
Français........................................................................... 578 040
Anglais......................................................................... 11 270 825
Ni l’anglais, ni le français.................................................... 260 920e
Note : Certaines personnes ont à la fois l’anglais et le français
comme première langue officielle parlée. Le total des
catégories excède donc la population totale.
Accroissement des nombres…
Le nombre d’Ontariennes et Ontariens ayant le français comme première langue
officielle parlée n’a cessé d’augmenter depuis l’utilisation de cette donnée dans les
recensements. Il est passé de 535 855 en 1991 à 578 040 en 2006, reflétant l’apport
de plus en plus important des nouveaux arrivants qui ont le français pour langue
d’usage principale mais qui ont une autre langue maternelle.
Comparativement, la communauté franco-ontarienne comptait, en 2006, près de
533 000 francophones de langue maternelle, un chiffre qui est demeuré à peu près
stable depuis 2001.
…mais baisse des
pourcentages
Le poids relatif des Franco-Ontariennes
et Franco-Ontariens ayant le français
comme première langue officielle parlée
se situe à 4,8 %, alors qu’il était de 5,4 %
en 1991. Les francophones de langue
maternelle représentent quant à eux
4,36 % de la population, contre 7,4 %
en 1951.
Cette baisse est davantage attribuable
à l’augmentation plus rapide du poids
relatif de la population de langue anglaise
qu’à une diminution de la population de
langue française. Les villes d’Ottawa et
Toronto, ainsi que le comté à majorité
francophone de Prescott-Russell, ont tous
vu leur population francophone croître
d’au moins 3 % entre 2001 et 2006.
Une forte proportion d’aînés
On compte 84 790 francophones âgés de 65 ans et plus
dont la première langue officielle parlée est le français.
L’âge médian des francophones de l’Ontario, 42 ans,
est d’ailleurs nettement plus élevé que l’âge moyen de
l’ensemble de la population ontarienne, soit 39 ans.
Les jeunes de moins de 20 ans (0-19) constituent seulement
20 % de la population francophone en Ontario.
La francophonie ontarienne ne se renouvelle donc
pas au même rythme que les autres populations de
la province. Elle peut cependant compter sur une
population plus large de personnes en âge de travailler,
capables de participer activement à l’économie de la
province : les 20-64 ans constituent près de 65 % des
effectifs de l’Ontario français.
Diversité francophone
Des racines en Ontario
mais aussi ailleurs
Plus de la moitié des francophones de l’Ontario sont nés dans
cette province. La population franco-ontarienne est ainsi bien
enracinée sur le territoire. Les personnes nées ailleurs au Canada
constituent 25,4 % des effectifs, ce qui contribue aux liens qu’elle
entretient avec les communautés francophones de tout le pays.
De 1996 à 2006, la proportion de francophones étant nés à
l’extérieur du Canada est passée de 4,8 % à 16,6 %, la francophonie
internationale jouant un rôle de plus en plus important
au sein des communautés francophones de l’Ontario.
Une francophonie ontarienne de plus en plus diverse
L’Ontario attire 70 % des immigrants francophones ayant choisi les communautés
francophones en milieu minoritaire
comme lieu de résidence, les Caraïbes, le Moyen-Orient et l’Afrique étant des
régions particulièrement bien représentées.
La francophonie des grandes villes
est diversifiée : ainsi, à Toronto, on trouve
31 800 immigrants qui ont le français
comme première langue officielle parlée,
soit près de 29 % de la population fran-
cophone totale de la Ville reine. Ils sont
2 505 à Hamilton (19,7 % de la population
francophone) et 23 340 à Ottawa
(14,3 %).
L’ampleur de l’immigration francophone
en Ontario est à la fois un défi et une
opportunité pour la communauté fran-
cophone,
notamment pour les nombreuses
écoles de langue française où les fran-
cophones nés de parents immigrants
forment un groupe important.
Une immigration récente
Plus de 40 % des immigrants francophones
qui vivent actuellement en Ontario sont
arrivés après 1996. Une grande partie
des immigrants récents sont originaires
d’Afrique, alors que les immigrants
européens sont en général installés au
Canada depuis une plus longue période.
Vitalité linguistique
Stabilité du français parlé
à la maison...
En 2006, 321 555 personnes disent parler
le français le plus souvent à la maison,
ce qui est une légère baisse par rapport à
2001. Par contre, le nombre de personnes
déclarant parler français régulièrement à
la maison, même si ce n’est pas la langue
parlée le plus souvent, a augmenté de près
de 10 % entre 2001 et 2006. Il convient
par ailleurs de noter que plus de 92 000
Ontariennes et Ontariens de langue
maternelle anglaise parlent régulièrement
le français à la maison.
... et augmentation
constante de la
connaissance du français
La connaissance du français est répandue
en Ontario puisque 1 426 540 personnes
ont la capacité de la parler en 2006,
ce qui représente 12 % de la population
ontarienne. Il est à noter que près de
50 000 personnes ne peuvent parler que
le français.
Le français au travail
Le français est utilisé le plus souvent au
travail par 142 695 personnes, alors que
268 620 personnes affirment l’utiliser
régulièrement. Au total, 48,5 % de la
population active connaissant le français
utilise cette langue au travail. Toutefois,
cette proportion ne représente que 6 %
de la population active totale de l’Ontario.
Vitalité économique
La scolarisation : un défi
À l’ère de l’économie du savoir, le niveau de scolarisation
des Franco-Ontariennes et des Franco-Ontariens varie
considérablement selon les régions et met en évidence les
disparités entre les milieux urbains et les milieux ruraux.
À la grandeur de la province, pas moins de 24 % des
francophones ne possèdent aucun diplôme, une proportion
qui grimpe à plus de 34 % dans les comtés francophones
du Nord-Est mais qui tombe à 15,3 % à Toronto et à 18 %
à Ottawa.
Parallèlement, à 20 %, le taux d’universitaires francophones est
supérieur à la moyenne nationale, grâce notamment aux très
fortes proportions qu’on trouve à Toronto (36,9 %) et à Ottawa
(27 %). Par contre, moins de 10 % des francophones des
comtés nordiques d’Algoma, de Cochrane et de Timiskaming
possèdent un diplôme universitaire.
Au total, 10 % des Franco-Ontariennes et des Franco-Ontariens
ont obtenu un diplôme d’une école de métiers et 22 % un
diplôme collégial.
Les secteurs de l’emploi chez
les Franco-Ontariens
Les Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens travaillent
dans différents secteurs d’activité, mais ils sont surtout présents
dans les services publics : un travailleur francophone de
l’Ontario sur trois est employé dans les administrations publiques,
l’enseignement ou les soins de santé. Ils sont aussi présents de
façon significative dans la fabrication et le commerce de détail.
L’Ontario compte aujourd’hui plus de 32 000 francophones
qui possèdent leur propre entreprise ou travaillent à leur propre
compte. Les entrepreneurs franco-ontariens forment 10 %
de la main-d’oeuvre francophone. Un grand nombre de
ces travailleurs indépendants emploient d’autres personnes,
fournissant ainsi de l’emploi à un certain nombre de résidents
de l’Ontario.
Les occupations
Le profil de la vitalité économique de la
francophonie ontarienne serait incomplet
sans un regard sur les occupations.
Deux domaines se démarquent nettement.
Les francophones sont surtout présents
dans les domaines des affaires, de la finance
et de l’administration, mais également dans
la vente et les services, où leur bilinguisme
est reconnu comme un avantage précieux.
Les revenus
Le revenu annuel moyen chez les
francophones de l’Ontario est de 38 373 $
en 2006, soit au-dessus du revenu annuel
moyen (38 099 $) de la province, ce qui
constitue un renversement de situation
par rapport aux recensements précédents.
Ce revenu moyen se situe sensiblement
au-delà de la moyenne nationale pour
les francophones, qui est de 32 320 $.
Il est à noter qu’un peu plus d’un
francophone sur quatre possède un
revenu supérieur à 50 000 $ par année;
toutefois, 22 % des Franco-Ontariennes
et Franco-Ontariens ont un revenu
inférieur à 10 000 $.
La francophonie
L’économie en bref
Vitalité sociale et communautaire
Source : Assemblée de la francophonie
La francophonie ontarienne s’est dotée de plusieurs structures
et ressources pour favoriser son développement économique.
Notamment, la Fédération des caisses populaires de l’Ontario,
fondée en 1946, compte 21 caisses populaires sur le territoire
ontarien.
Le Conseil de la coopération de l’Ontario est, quant à lui,
le porte-parole des coopératives francophones de la province.
Il a pour mission de contribuer à l’essor de l’économie sociale
dans la collectivité francophone par la formule coopérative.
Ses membres se recrutent, entre autres, auprès des coopératives
agricoles, de solidarité, de travail, d’ Afin de contribuer à son développement et à son épanouissement,
la communauté franco-ontarienne s’est dotée de pas moins de
28 organismes provinciaux qui oeuvrent dans les principaux
secteurs d’activité.
Organismes
Assemblée de la francophonie de l’Ontario
Née de la fusion, le 1er avril 2006, de l’Association canadiennefrançaise
de l’Ontario (ACFO) et de la Direction Entente
Canada-Communauté Ontario (DECCO), l’Assemblée de
la francophonie de l’Ontario (AFO) est aujourd’hui l’organisme
provincial qui représente tous les francophones de l’Ontario
au niveau politique. Il s’agit d’un organisme sans but lucratif.
Le mandat de l’AFO est de revendiquer les droits des
Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens, de promouvoir
la vitalité de la collectivité francophone, de représenter
l’Ontario français à tous les niveaux politiques, de déterminer
les priorités de la collectivité, d’établir le plan stratégique
communautaire, de négocier et de gérer les ententes dont
l’Entente Canada-Communauté Ontario.
Pour sa part, le Regroupement franco-ontarien de développement
économique et d’employabilité (RDÉE Ontario) veut
être l’organisme incontournable en développement économique
pour les francophones de l’Ontario. Il travaille dans les secteurs
du développement rural, de l’économie du savoir, de la jeunesse
et du tourisme et offre différents services techniques aux
communautés pour aider à la création d’emplois.
Journaux et périodiques
Un quotidien (Le Droit) et plusieurs hebdos ou mensuels tels :
Agricom (Clarence Creek); Le Carillon (Hawkesbury); Le Journal
de Cornwall; Le Reflet de Prescott-Russell (Embrun); La Nouvelle
(Embrun); L’Express de Toronto; Le Goût de vivre (Penetanguishene);
Les Nouvelles (Timmins); L’Ours noir (Cochrane); L’Action (London);
Le Métropolitain (Brampton); Le Régional (Brampton); Le Nord
(Hearst); Le Rempart (Windsor); Le Voyageur (Sudbury); Vision
(Rockland); Tribune- Express (Hawkesbury); L’Express (Ottawa).
Radio
Les francophones peuvent compter sur un réseau de radios
communautaires qui s’est construit au fil des ans. Ces cinq radios
sont situées à Kapuskasing, Cornwall, Hearst, Penetanguishene
et Toronto. Au total, ces radios atteignent un auditoire de
plus de 150 000 francophones. Trois projets sont au stade
d’implantation.
Les Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens peuvent aussi
compter sur la radio de Radio-Canada qui est présente à
Ottawa, Windsor, Sudbury et Toronto.
Deux stations de radios privées complètent l’offre de service
en français.
Télévision
Les francophones peuvent compter sur TFO, la télévision
éducative et culturelle de l’Ontario français, le seul télédiffuseur
francophone à émettre hors Québec.
Le gouvernement de l’Ontario a annoncé, en juin 2006,
son intention d’accorder une autonomie complète à TFO.
Le 1er avril 2007, naissait l’Office des télécommunications
éducatives de langue française de l’Ontario (OTÉLFO),
société ayant son propre conseil d’administration et englobant
la chaîne de télévision TFO, qui est ainsi devenu officiellement
une organisation franco-ontarienne autonome indépendante
de TVOntario qui exploite aussi la station anglophone TVO.
Radio-Canada est présente à Ottawa, Toronto, Windsor
et Sudbury.
Les francophones ont aussi accès à de nombreuses chaînes
de langue française par l’entremise de leur câblodistributeur.
La vie culturelle et communautaire
Tout un réseau de centres culturels, de maisons de la culture,
de centres scolaires communautaires et d’associations francophones,
soutenu le plus souvent par de nombreux bénévoles,
est solidement ancré dans la communauté. Les organismes
culturels proposent des activités qui renforcent l’identité des
communautés francophones ontariennes tout en favorisant
une meilleure connaissance des arts et de la culture.
La culture en Ontario français, c’est :
• Neuf troupes de théâtre professionnel et sept troupes de
théâtre communautaire;
• Huit maisons d’édition : Centre Fora, Centre franco-ontarien
de ressources pédagogiques, Éditions David, Éditions du
GREF, Éditions du Nordir, Éditions du Vermillon, Éditions
L’Interligne, Éditions Prise de Parole;
• Pas moins de neuf centres culturels qui agissent
comme diffuseurs;
• Des salons du livre à Toronto et à Sudbury;
• De nombreux festivals;
• Des artistes de talent;
• Plusieurs galeries d’art.
L’éducation et la formation
Il existe deux types de conseil scolaire de langue française :
public et séparé (catholique). Douze conseils scolaires francophones
couvrent le territoire de l’Ontario, soit quatre conseils scolaires
publics et huit conseils scolaires séparés, ou catholiques.
Les quatre conseils scolaires publics francophones en Ontario
sont : le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario à
Ottawa, le Conseil scolaire de district du Centre Sud-Ouest
à North York, le Conseil scolaire de district du Grand Nord
de l’Ontario à Sudbury et le Conseil scolaire de district du
Nord-Est de l’Ontario à North Bay.
Les huit conseils catholiques francophones sont : le Conseil
scolaire de district catholique Centre-Sud à Toronto, le Conseil
scolaire de district catholique de l’Est ontarien à l’Orignal,
le Conseil scolaire de district catholique des Aurores boréales
à Thunder Bay, le conseil scolaire de district catholique des
Grandes Rivières à Timmins, le Conseil scolaire de district
catholique du Centre-Est de l’Ontario à Ottawa, le Conseil
scolaire de district catholique du Nouvel-Ontario à Sudbury,
le Conseil scolaire de district catholique Franco-Nord de North
Bay et le Conseil scolaire de district des écoles catholiques du
Sud-Ouest de Windsor.
En 2006-2007, les écoles de langue française comptent 90 445
élèves, soit 66 064 au niveau élémentaire et 24 381 au niveau
secondaire.
Il y a aussi en Ontario trois établissements postsecondaires de
langue française :
• Collège de technologie agricole et alimentaire d’Alfred,
rattaché à l’Université Guelph, qui compte 103
étudiants en 2008-2009;
• La Cité collégiale d’Ottawa, qui compte plus de 3 600
étudiants en 2008-2009;
• Le collège Boréal de Sudbury, qui en compte 1 410 en
2008-2009.
Il est aussi possible d’étudier en français dans les établissements
universitaires suivants :
• Université Saint-Paul d’Ottawa;
• Université d’Ottawa;
• Université de Hearst;
• Université Laurentienne de Sudbury;
• Campus Glendon de l’Université York de Toronto;
• Collège militaire royal du Canada de Kingston.
Des fonds en action pour la communauté
Depuis 20 ans, la Fondation franco-ontarienne appuie financièrement
la réalisation d’initiatives qui assurent la vitalité de la
communauté franco-ontarienne. La Fondation a remis plus de
1 million de dollars en Ontario français par l’entremise de ses
différents fonds de dotation.
L’École Ste-Marie de Chatham, une école élémentaire offrant
Les soins de santé et les services sociauxternelle à la 5e année
Le gouvernement a adopté, en 2006, la Loi sur l’intégration du
système de santé local qui a pour objectif de prévoir un système
de santé intégré afin d’améliorer la santé de la population
ontarienne, grâce à un meilleur accès à des services de santé
de qualité.
La loi prévoit, notamment, que le système de santé devra
respecter les exigences de la Loi sur les services en français lorsqu’il
dessert les collectivités francophones. Dans le cadre de cette loi,
un Conseil consultatif des services de santé en français a été créé
pour conseiller le ministre sur les questions touchant la santé et
la prestation des services aux collectivités francophones.
La santé en français, c’est aussi l’hôpital universitaire Montfort
d’Ottawa qui connaît une expansion depuis la fin de la lutte pour
sa survie en février 2002. Le gouvernement provincial a accordé,
en 2005, le financement nécessaire qui a permis à l’hôpital de
doubler sa superficie et de se doter d’équipements modernes.
Montfort est aussi devenu le centre de santé pour les Forces
armées canadiennes de la région de la capitale nationale.
La santé en français, c’est aussi un réseau de services de santé
dans différentes régions de la province dont plusieurs apparaissent
en 2003. En 1989, on assiste à la création du premier Centre
médico-social communautaire (Toronto) qui rassemble sous un
même toit des services sociaux et de santé.Conseil scolaire des écoles catholiques du sud-ouest
Les lois et les services gouvernementaux
Gouvernement fédéral
Le gouvernement fédéral offre des services en français à plusieurs
points de services. Selon les statistiques de l’Agence de la fonc-
tion publique, 10,5 % des 23 523 postes de la fonction publique
fédérale en Ontario sont désignés bilingues, de même que 65 %
des 74 465 postes dans la région de la capitale nationale (Ottawa
et Gatineau).
L’adoption de la Loi modifiant la Loi sur les langues officielles, en
2005 et oblige maintenant les institutions fédérales à prendre
des mesures positives afin de favoriser l’épanouissement et le
développement des minorités francophones et anglophones du
pays. Cette obligation peut faire aussi l’objet d’un recours devant
les tribunaux. Ce sont des politiciens franco-ontariens qui sont à
l’origine de ce gain.
Gouvernement provincial
La Loi sur les services en français garantit au public le droit de
recevoir des services en français par le gouvernement provincial,
dans 25 régions désignées bilingues. La cité de Kingston est
devenue la 25e région désignée bilingue le 1er mai 2009. La
Loi a été amendée en 2007 pour permettre la création d’un
Commissariat aux services en français. Le nombre d’organismes
publics désignés par le gouvernement pour offrir une partie,
ou l’ensemble de leurs services en français, s’élève présentement
à 209.
Les municipalités
Même si aucune loi n’oblige les municipalités à offrir des services
en français, elles sont de plus en plus nombreuses à comprendre
l’importance d’offrir ce service.
Le gouvernement de l’Ontario a reconnu dans une loi
le caractère bilingue de la Ville d’Ottawa. Sans imposer le
bilinguisme, cette loi garantit que les services au public
seront offerts conformément aux politiques de bilinguisme
adoptées par le conseil municipal en 2001.
L’Association des municipalités de langue française de l’Ontario
compte 44 membres qui offrent des services en français à leurs
concitoyens.
Services juridiques
Il n’y a pas d’obligation constitutionnelle d’offrir des services
judiciaires et juridiques en français en Ontario.
Les priorités des juristes francophones au cours des prochaines
années sont le processus de nomination des juges bilingues et la
promotion de l’offre active des services en français, notamment
dans les cliniques juridiques.
La Loi sur les tribunaux judiciaires déclare que l’anglais et le français
sont les langues officielles des tribunaux de cette province et que
les audiences ont lieu soit en anglais, soit en tant qu’instance
bilingue. Ceci signifie essentiellement qu’une partie à une
instance a le droit à un juge bilingue et le droit de présenter des
témoignages et des observations en français. De plus, une partie
a le droit à un jury bilingue et le droit de déposer des documents
rédigés en français dans certaines régions.
Par ailleurs, la Loi sur les services en français assure des services en
français et le droit d’utiliser le français à la Législature, au siège
ou à l’administration centrale d’un organisme gouvernemental
et dans les bureaux régionaux du gouvernement dans certains
secteurs désignés. Cependant, ces obligations sont assujetties aux
limites raisonnables et nécessaires qu’exigent les circonstances.
Le Réseau francophone des cliniques juridiques de l’Ontario
constitue une avancée importante dans le domaine de la justice.
Il existe 27 cliniques juridiques membres du Réseau. Parmi les
82 employés, 57 sont des intervenants juridiques et 25 des
employés de soutien.
Les 30 dernières années
1979 Reconnaissance du droit de tout francophone de subir
un procès d’instance criminelle en français en Ontario.
1984 La communauté franco-ontarienne obtient un jugement
de la Cour d’appel reconnaissant aux francophones le
droit de gérer leurs écoles. Le gouvernement adopte par
la suite une loi garantissant à tout francophone le droit
à l’enseignement en français. Quatre ans plus tard, on
inaugure les deux premiers conseils scolaires de langue
française en Ontario : un à Toronto et un à Ottawa-
Carleton.
1986 Après neuf ans de luttes continues, les francophones
obtiennent de l’Ontario l’adoption de la Loi sur les services
en français (Loi 8) qui garantit les services en français du
gouvernement ontarien dans 22 régions désignées de la
province. La loi entrera en vigueur en 1989.
1987 La chaîne française de TVOntario entre en ondes :
elle rejoint 70 % des francophones de l’Ontario desservis
par le câble. Cet événement sera suivi de deux autres
créations, en 1988, soit celle du Réseau francophone des
services de garde et celle de centres francophones
d’alphabétisation communautaire.
1990 Neuf ans après l’ouverture du Collège francophone de
technologie agricole et alimentaire d’Alfred, un premier
collège de langue française des arts appliqués et de
technologie, La Cité collégiale, ouvre ses portes à
Ottawa. À la suite de la Commission Bourdeau (1990),
le Collège Boréal pour le Nord devient réalité en 1993.
1993 Désignation des deux premières cliniques
juridiques en vertu de la Loi sur les services en français;
la première clinique est située dans la région de
Stormont-Dundas-Glengarry et l’autre dans Prescott-
Russell.
1998 Le 1er janvier, douze conseils scolaires de langue française
sont créés dans le cadre d’une grande réorganisation
administrative. Ils seront dorénavant responsables de la
gestion des établissements élémentaires et secondaires
francophones.
1999 La Cour divisionnaire de l’Ontario reconnaît au dossier
de l’Hôpital Montfort la protection constitutionnelle des
minorités linguistiques et de leurs institutions et renverse
la décision de la Commission de restructuration des soins
de santé. En janvier 2000, cette même Commission porte
en Cour d’appel cette décision de la Cour divisionnaire.
2001 Le drapeau franco-ontarien est reconnu officiellement
dans une loi comme l’emblème de la communauté
francophone de l’Ontario. Cinq ans plus tard, en 2006,
on assiste au dévoilement du premier Monument de la
francophonie, symbole concret et visible de l’identité
franco-ontarienne.
2002 Le gouvernement de l’Ontario perd une deuxième
manche dans sa bataille judiciaire contre l’Hôpital
Montfort, cette fois devant la Cour d’appel. Il renonce
en février 2002 à porter l’affaire devant la Cour
suprême du Canada. L’hôpital reste ouvert et
entreprend plusieurs projets de développement.
2006 Naissance de l’Assemblée de la francophonie de
l’Ontario (AFO), née de la fusion entre l’Association
canadienne-française de l’Ontario (ACFO) et la
Direction Entente Canada-communauté Ontario
(DECCO).
2007 Adoption de la Loi sur l’intégration du système de santé
local qui prévoit, notamment, que le système de santé
devra respecter les exigences de la Loi sur les services en
français lorsqu’il dessert les collectivités francophones.
La Loi crée un Conseil consultatif des services de
santé en français qui conseille le ministre sur les
questions liées à la santé et à la prestation des services
aux collectivités francophones.
Après la naissance de l’Office des affaires francophones
(1985), la province de l’Ontario crée le Commissariat
aux services en français, dont le mandat vise à faire
respecter la Loi sur les services en français dans la prestation
des services gouvernementaux.
Sources:
Pour la liste des sources qui ont supporté ce document, ainsi que pour avoir accès aux tableaux statistiques variés, veuillez consulter le document complet au lien suivant : http://www.fcfa.ca/profils