L‘AUGMENTATION DU QUOTIENT D’INTELLIGENCE ÉMOTIONNEL AU SERVICE DE LA SANTÉ
Par : Patrick Rhein, Coach d’intelligence émotionnelle
Nous sommes de plus en plus conscient de l’impact économique que représentent les problèmes de santé mentale. La perte de productivité associée à la dépression et à la détresse psychologique a été évaluée à 6 milliards de dollars en 1998 au Canada, alors que les demandes d’invalidité soumises avec un diagnostic d’anxiété, qui ne représentaient que 11% du total des demandes en 1985, sont passées à 29% en 1998. On estime par ailleurs que 54% du temps de travail moyen perdu chaque année dans les entreprises le serait en raison du stress (*1). Il semble qu’il soit de plus en plus évident que la santé soit étroitement liée à notre santé émotionnelle et la gestion de celle-ci.
Les émotions ont longtemps été perçues comme étant un défaut ou une faiblesse dans certains milieux. Cependant, les émotions ont été essentielles à la survie de l’espèce humaine. En effet, la peur sert à se protéger de l’agression, à fuir le danger. C’est d’ailleurs le contrôle des émotions qui a permis aux hommes de vivre en groupe et de maintenir des relations interpersonnelles essentielles à leur survie.
Essentiellement, toutes nos réactions émotives sont là pour nous aider à nous adapter à chaque situation de notre vie. Elles servent à nous permettre de tirer le plus de satisfaction possible de chaque moment et d'éviter les obstacles et les dangers qui se trouvent sur notre chemin. C'est un peu comme un système de guidage très sophistiqué qui nous amène à notre principale destination: la satisfaction de nos besoins. On s'émerveille parfois devant le système de sonar dont se servent les dauphins pour se guider. Avec notre système émotif, nous n'avons rien à leur envier, bien au contraire !
Par exemple, la peur déclenche en nous des réactions physiques qui nous aident à faire face au danger plus efficacement. Notre vision devient plus précise, nos réflexes plus vifs, nos muscles plus forts et nous sommes moins sensibles à la douleur. Nous avons alors tout ce qu'il faut pour mieux réagir au danger en combattant ou en fuyant efficacement.
On voit souvent, dans de telles situations, des personnes qui accomplissent des choses dont elles seraient normalement incapables. Les athlètes en sont bien conscients et ils tentent de s'en servir pour atteindre des performances supérieures, en mettant cette intensité au service de leurs objectifs.
En fait, nos émotions sont la partie la plus importante de notre système de guidage: elles fournissent l'information nécessaire et les indices pour la rendre utilisable. En effet, nos sentiments et nos émotions nous informent continuellement sur la situation dans laquelle nous sommes et sur notre état intérieur. Plus précisément, cette vie émotive nous renseigne sur l'effet des événements et de nos propres actions sur notre équilibre intérieur.
La santé et nos émotions :
Si notre équilibre est corrompu, il est fort probable que notre système immunitaire s’affaiblisse et par conséquent que des maladies puissent ainsi se développer. La recherche de l’équilibre entre nos émotions et de leurs expressions passe par la gestion de celles-ci ce qui est capital pour assurer notre bien-être.
Des scientifiques ont découvert que certaines parties du cerveau, reliées aux émotions, étaient déterminantes dans la prise de décisions. Si ces parties sont affectées par la maladie ou par un accident, des personnes brillantes peuvent soudainement être dépourvues de toute rationalité. Ceci prouve que les sentiments sont indispensables, même dans la prise de décisions que l’on croit rationnelles. Il faut donc chercher l’harmonie entre notre raison et nos émotions, car les émotions et la raison sont deux entités inter reliées.
De ce fait, beaucoup d’entreprises font de plus en plus appel à l’augmentation du quotient émotionnelle pour atteindre leurs objectifs de peformance accrue au sein de leurs ressources humaines.
Qu’est-ce que « l’intelligence émotionnelle » (IE)
Comment l’identifier, l’améliorer et la renforcer ?
La «découverte» de l'intelligence émotionnelle repose sur les observations de l'Américain Joseph Ledoux. En 1990, ce professeur de New York University s'est aperçu qu'une petite partie des stimulis provoquant nos émotions n'était pas traitée au niveau du cortex, mais au niveau d'une petite glande en forme d'amande, logée dans les replis de notre encéphale.
Une théorie de l'intelligence émotionnelle a ensuite été développée par Peter Salovey (Yale) et John Mayer (Université du New Hamshire). Une part de nos émotions échappe à tout contrôle rationnel. C'est pourquoi nous avons tant de peine à nous maîtriser dans des moment d'émotions intenses: colère, rage, jalousie, peur, etc.
Nos aptitudes strictement intellectuelles sont incomplète sans qu'elles soient associées à notre intelligence émotionnelle. C'est-à-dire notre capacité d'empathie, notre intuition, notre capacité à faire servir nos colères et nos passions pour le meilleur, à gérer harmonieusement notre rapport aux autres, à «sentir» l'entreprise et le marché, etc. Bref, à utiliser adroitement - de manières toujours positives et jamais destructrices - nos pulsions.
Vous êtes-vous déjà trouvé en situation incontrôlable, ou vous perdez « les pédales », devenez tendu, l’approche ou l’évitement d’une situation, vous adoptez une posture particulière ou différente, vous sentez l’accélération de votre cœur, des montées de chaleur, des réactions physiques et émotionnelles. Qu’elles soient positivent ou négatives, elles sont des émotions. Au lieu de se désoler de cet état de fait, soyons attentifs à cette situation, canalisons, détournons nos émotions pour les faire servir à des fins non destructrices et positives, autant dans le domaine privé que professionnel.
Inspirer par Daniel Chabot, psychologue et spécialiste en intelligence émotionnelle, voici une définition du IE que je trouve assez appropriée.
« La capacité et habilité qui nous permet de reconnaître en soi et dans les autres les émotions, de pouvoir les exprimer, les gérer, les comprendre et les utiliser pour s’auto- motiver, motiver les autres, à prendre les bonnes décisions, s’adapter, être créatif, planifier et orienter ses choix et entretenir de bonnes relations interpersonnelles. »
Lorsque rien ne va dans nos organisations, il serait de mise de prêter attention à notre degré de développement d'intelligence émotionnelle, il est probable que la plupart des acteurs de l’organisation, de l’employé aux membres de la haute direction soient analphabètes en la matière.
L’organisation de demain survivra qu'à condition d'être à l'écoute de ses émotions, pulsions, névroses, attentive à ses relations internes, à son mode de fonctionnement, bref à son inconscient - tout cela devant être mis à jour pour qu'harmonieusement, elle puisse continuer sa marche vers l'efficacité, le succès de nos projets qui ont de l’impact dans nos communautés.
Bien plus que la somme du QI (quotient intellectuel) de l'ensemble des collaborateurs - un concept démodé et potentiellement raciste qui repose sur des mesures contestables de notre intelligence rationnelle, abstraite, logique, cartésienne – Ce sont les efforts apportés au développement du QE (quotient émotionnel) qui apportera un veritable « empowerment » dans nos organisations.
Une étude auprès de 2000 gestionnaires de 12 grandes compagnies a démontré que 81% des compétences qui distinguent les gestionnaires remarquables des autres sont reliées à l’intelligence émotionnelle. En examinant 181 postes différents de 121 organisations à travers le monde, on a trouvé que 67% des habiletés essentielles à une performance efficace sont des compétences émotionnelles. Afin de distinguer les meilleurs « performeurs » des autres, on a ré analysé les données de 40 compagnies différentes. On a découvert que les compétences émotionnelles étaient deux fois plus importantes pour expliquer l’excellence que les compétences intellectuelles et l’expertise technique réunies. (*2)
On entend souvent dire « je suis comme cela, un point c’est tout, c’est à prendre ou à laisser ! » Ce comportement plutôt immature n’est plus justifiable. Nous pouvons tous apprendre à mieux gérer, comprendre et utilisé nos émotions avec l’aide des techniques d’augmentation de l’intelligence émotionnelle.
Quelques bénéfices de l’augmentation de I’IE :
- Acquisition d’un meilleur rendement personnel
- Augmentation de la confiance en soi
- Amélioration de notre collaboration en équipe
- Amélioration du rendement général de votre organisation
- Amélioration de vos relations intimes
- Meilleur capacité à rencontrer nos besoins
- Meilleur compréhension de nos comportements émotifs et de ceux des autres
- Augmentation de la motivation
- Meilleur capacité à prendre des décisions
- Augmentation de nos compétences parentales
- Capacité accrue à gérer notre stress
Et la liste est infinie….
Dans le cadre de ma pratique privée comme coach d’intelligence émotionnelle, plusieurs clients ont véritablement relevés les défis d’événements difficiles grâce à cette prise de conscience de l’intelligence émotionnelle.
Imaginez une situation professionnelle tendue, des changements au sein de l’entreprise, une nouvelle orientation, un nouveau poste, une nouvelle équipe. Cela fait pas mal de changement, de stress et d’émotions à gérer. Après quelques sessions de coaching et d’introduction à ma méthode de l’augmentation de l’intelligence émotionnelle, ma cliente a retrouvé ses points de repères, son équipe est devenu de plus en plus motivée, elle a su prendre du recul et gérer son stress. Le changement a été essentiel, nécessaire et bénéfique.
Certains de mes clients m’ont témoignés les faits suivants :
« ….depuis que j’ai suivi vos ateliers et séances de coaching, mon attention et conscience de mon attitude face aux événements s’est transformée et je gère mes relations avec ma famille, mes collègues de travail et mes situations de stress avec beaucoup plus de diligence. Ça changer ma vie. C’est un processus de transformation progressif mais si bénéfique, merci…. »
« ….l’intelligence émotionnelle et le coaching m’a permis de faire des grands pas en avant dans ma vie tant professionnelle que privée. Des solutions plutôt que des problèmes, font partis de ma vie à présent…. »
Toutes réaction prend sa source dans une émotion. Émotion que l’on ressent très vite, en une fraction, un millième de seconde. Il y a toutes sortes d’émotions. Les primaires (peur, colère, tristesse, dégoût, surprise, joie) Celles qui sont dérivées, conditionnées, qui sont engendrées par d’autres émotions basées sur des valeurs, des besoins, des habitudes, l’éducation ou des événements passés, qui ont pu être positifs ou négatifs.
Trouver l’équilibre entre le rationnel et l’irrationnel, entre le plaisir et le déplaisir, entre l’apprentissage et le conditionnement, entre le positif et le négatif, peut faire de nous une personne ayant une forte intelligence émotionnelle. Malheureusement, ça ne s’apprend pas comme 2 + 2 = 4 mais avec beaucoup de conscience de soi et de pratique, à chaque instant et surtout dans les moments de stress intense. Comme toutes nouvelles habitudes, il faut de la pratique et un suivi. Toutefois, il n’est JAMAIS trop tard pour commencer. La bonne nouvelle est que l’intelligence émotionnelle peut être augmenté et renforcer pour tout individu, de n’importe quel âge.
Voici un petit outil d’auto-analyse qui vous permettra de mieux gérer vos émotions. La pratique de cet exercice augmentera votre capacité de réaction, et vous permettera de mieux contrôler vos émotions et vos choix de pensée.
1. Prendre le temps de s'arrêter à l'émotion pour bien la ressentir 2. Accueillir cette émotion sans chercher à la changer
3. Laisser apparaître les détails et les nuances qui la composent
4. Attendre que la synthèse ou la lumière se fasse d'elle-même
5. Tenir compte du message reçu dans ma façon d'agir et mon expression
6. Redevenir disponible.
Les effets positifs sur notre communauté :
Imaginez le bien-être de chaque individu et la santé communautaire directement affecté par la prise de conscience de nos conditionnements et par l’accès à des moyens de remédier et d’améliorer notre situation personnelle, de santé, de travail et relationnelle. Notre société a besoin d’outils de croissance; par des approches comme l’augmentation de l’intelligence émotionnelle qui permet de développer la conscience de soi et d’augmenter nos compétences, il y a possibilité d’évoluer vers un « empowerment » véritable de nos organisations. Chaque individu forme la société ; Il est donc important d’entamer ce développement au niveau individuel, pour ensuite être davantage en mesure d’influencer nos institutions éducatives, sociales et politiques. Ainsi, la société de demain verra une évolution positive, harmonieuse, axée sur le développement de soi, et de l’amélioration de nos rapports sociaux.
Pour approfondir sur le sujet, développer votre intelligence émotionnelle, contacter Patrick Rhein au 416-919-8466 ou visitez le site www.coachfromwithin.com
Liens internet utiles sur le IE :
http://www.construire.ch/SOMMAIRE/9909/09entre2.htm
http://www.references.be/scripts/indexpage.asp?headingID=3634
http://www.trans4mind.com/heart/index-fr.html
http://centraltest.kiosque.tiscali.fr/esptest/fr.tiscali/part_info.php?INFO=648!incQE1
*1. Sources : Stephens, T. et Joubert, N., Le fardeau économique des problèmes de santé mentale au Canada, Santé mentale au Canada, Volume 22, No 1- 2001. et Conséquences des problèmes de santé mentale au travail pour les organisations, http://cgsst.fsa.ulaval.ca/smt3/P6.HTML
*2. Source : Société de développement de l’intelligence émotionnelle http://www.sdie.com/francais/pages/ie.html
Ouvrages :
- Daniel Chabot
« Cultiver votre intelligence émotionnelle » éditions Québecor
« Maîtrisez vos émotions par l’intelligence émotionnelle » éditions Québecor
- Goleman, Daniel.
« L'intelligence émotionnelle : comment transformer ses émotions en intelligence ». Traduit de l'américain par Thierry Piélat. Paris, R. Laffont, 1997.
« L'intelligence émotionnelle : cultiver ses émotions pour s'épanouir dans son travail ». R. Laffont.
- Weisinger, Hendrie. L'intelligence émotionnelle au travail : gérer ses émotions et améliorer ses relations avec les autres. Traduit de l'américain par Jacinthe Lesage. Montréal, Éditions Transcontinental
