Diminution du nombre de crises cardiaques et de décès grâce à l'amélioration de la prévention et des soins cardiaques (10ième rapport national)

Diminution du nombre de crises cardiaques et de décès grâce à l'amélioration de la prévention et des soins cardiaques

Le dixième rapport annuel Indicateurs de santé souligne les progrès réalisés en 10 ans concernant le système de santé et la santé des Canadiens, et ce qu'il faut améliorer

OTTAWA, le 11 juin /CNW Telbec/ - Un nouveau rapport faisant le suivi d'une série d'indicateurs du rendement du système de santé sur une période de 10 ans au Canada révèle d'importantes améliorations au chapitre de la prévention et de la prise en charge des maladies cardiaques, et note une diminution du nombre de crises cardiaques, l'une des principales causes de décès au pays. Selon des données recueillies par l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS), de 2003-2004 à 2007-2008, le taux de patients admis à l'hôpital à la suite d'une crise cardiaque au Canada (à l'exclusion du Québec) a chuté de 13 %, si l'on tient compte de la croissance démographique et du vieillissement de la population. Pendant cette même période, le nombre de décès à l'hôpital dans les 30 jours suivant l'admission en raison d'un infarctus aigu du myocarde (IAM) ou d'une crise cardiaque a diminué de 11 % et les réadmissions non prévues à l'hôpital après une crise cardiaque ont connu un déclin de 31 %. Le rapport Indicateurs de santé 2009 marque le 10e anniversaire de cette publication annuelle de l'ICIS. Produit en collaboration avec Statistique Canada, le rapport présente plus de 40 critères d'évaluation de la santé et du système de santé par régions sanitaires, provinces et territoires.

"Les crises cardiaques demeurent l'une des principales causes de décès au Canada", déclare Mme Helen Angus, vice-présidente, Recherche et analyse à l'ICIS. "Il est donc encourageant de constater les progrès réalisés à ce chapitre. La mesure des améliorations en matière de prévention et de soins cardiaques permet aux professionnels de la santé publique, aux chercheurs, aux cliniciens et aux administrateurs de prendre connaissance des innovations qui contribuent à leurs initiatives visant à trouver des moyens d'améliorer les résultats pour les patients."

Deux types d'interventions de revascularisation sont pratiqués afin de traiter la maladie coronarienne : l'angioplastie et le pontage aortocoronarien. Au cours de la dernière décennie, le nombre d'angioplasties a plus que doublé, atteignant un sommet de 177 interventions par 100 000 habitants en 2005-2006. Durant la même période, le nombre de pontages aortocoronariens, une intervention plus effractive, a diminué de 18 %. Une combinaison de facteurs, notamment les progrès réalisés en matière de soins cardiaques (par exemple, l'augmentation du nombre de patients ayant subi une revascularisation peu de temps après avoir été victimes d'une crise cardiaque) peuvent expliquer en partie la baisse du taux de mortalité à l'hôpital chez les victimes d'un IAM.

Baisse du taux d'AVC, mais aucune diminution du taux de décès chez les patients hospitalisés pour un AVC

Les données de l'ICIS révèlent également que le taux d'accidents vasculaires cérébraux (AVC) a considérablement diminué au cours des cinq dernières années, soit de 14 % de 2003-2004 à 2007-2008, si l'on tient compte de la croissance démographique et du vieillissement de la population. Toutefois, les risques de décès à l'hôpital dans les 30 jours suivant un AVC n'ont pas diminué pendant la même période; ils sont demeurés à 18 %, soit près du double des risques de mourir à l'hôpital d'une crise cardiaque. Les victimes d'un AVC soignées par un neurologue ou un neurochirurgien présentent 40 % moins de risques de décéder à l'hôpital que celles qui ne sont pas traitées par un spécialiste, si l'on tient compte des caractéristiques du patient. En 2007-2008, seul le quart des patients victimes d'un AVC ont été soignés par un neurologue ou un neurochirurgien.

"Bien que la diminution du taux d'AVC soit encourageante, le nombre de décès à l'hôpital dans les 30 jours suivant un AVC est demeuré à peu près constant", remarque Indra Pulcins, directrice, Indicateurs et Mesure du rendement à l'ICIS. "Cela indique que nous devrions continuer à examiner la façon dont les soins pour un AVC sont gérés. Les variations importantes relevées à l'échelle du pays indiquent également que ces soins peuvent encore être améliorés. Les provinces examinent déjà diverses stratégies reconnues pour améliorer les résultats de santé."

Cette année, le rapport Indicateurs de santé examine pour la première fois les taux de nouveaux cas de crises cardiaques et d'AVC selon le quartier et le niveau de revenu de ses habitants (à l'exclusion du Québec). Chez les Canadiens vivant dans les quartiers les plus défavorisés, le taux d'événements de crises cardiaques est de 66 % supérieur à celui des personnes vivant dans les quartiers riches. En ce qui concerne les AVC, le taux d'hospitalisations est supérieur de 54 % chez les habitants des quartiers les plus défavorisés. Le fossé entre ces deux groupes de population s'est creusé au cours des cinq dernières années.

Baisse des taux d'hospitalisations évitables; aucun changement dans les taux de réadmissions en raison de l'asthme

En plus de perturber les patients et leur famille, les séjours à l'hôpital coûtent cher au système de santé; il est donc important de savoir quelles hospitalisations peuvent être évitées. Les blessures sont une cause majeure d'hospitalisation et de décès prématuré au Canada, même si beaucoup sont évitables. Les données de l'ICIS indiquent que les taux d'hospitalisations à la suite de blessures traumatiques au Canada ont diminué de 9 % de 2001-2002 à 2007-2008, une fois la croissance démographique et le vieillissement de la population pris en compte. En 2007-2008, les chutes (39 %), les collisions routières (23 %) et les agressions (9 %) étaient les principales causes d'hospitalisation à la suite d'une blessure chez les personnes de moins de 65 ans. Pour les Canadiens de 65 ans ou plus, la plupart des hospitalisations survenaient après une chute.

Les taux d'hospitalisations des personnes atteintes d'une maladie chronique pouvant être prise en charge dans la collectivité, comme le diabète ou l'hypertension, ont diminué de 29 % de 2001-2002 à 2007-2008.

Les patients hospitalisés à la suite d'une crise d'asthme ont du mal à maîtriser leur maladie, notamment en raison des lacunes possibles en matière de soins dans la collectivité. Les données de l'ICIS ne révèlent aucun changement notable dans les taux d'hospitalisations après un séjour initial de 2003-2004 à 2007-2008.

Baisse du taux de fractures de la hanche et augmentation du temps d'attente pour les chirurgies

Les fractures de la hanche comptent parmi les blessures les plus fréquentes et les plus stressantes chez les personnes âgées. Les stratégies de prévention des chutes mises en place à l'échelle du pays peuvent avoir contribué à la diminution du nombre de chutes et du taux de fractures de la hanche. De 1998-1999 à 2007-2008, le taux de fractures de la hanche subies dans la collectivité a diminué de 21 %. Toutefois, les risques de fracture de la hanche durant une hospitalisation sont demeurés à peu près les mêmes depuis 2003-2004, première année de collecte de données à ce sujet. Dans les établissements de soins de courte durée au Canada, près d'une personne âgée sur 1 000 se fracture la hanche pendant son séjour, soit environ 600 personnes par année.

Les données de l'ICIS révèlent également que l'allongement des temps d'attente pour une chirurgie à la suite d'une fracture de la hanche est lié à un taux de mortalité accru. Les patients ayant été opérés le jour de leur admission ou le lendemain étaient 18 % moins susceptibles de décéder dans les 30 jours suivant leur admission que ceux ayant subi leur chirurgie plus tard; les taux tiennent compte des différences d'âge et d'autres facteurs. En 2007-2008, 62,5 % des patients souffrant d'une fracture de la hanche ont été opérés le jour de leur admission ou le lendemain, contre 67,7 % en 2003-2004.

"Les indicateurs nous révèlent les secteurs où des progrès sont réalisés et ceux qui nécessitent des efforts supplémentaires", explique Eugene Wen, gestionnaire, Indicateurs de santé à l'ICIS. "Bien que les programmes communautaires semblent contribuer à réduire le taux de fractures de la hanche en général, on doit de toute évidence mettre l'accent sur la prévention des fractures subies à l'hôpital et la réduction des temps d'attente pour une chirurgie à la suite d'une fracture de la hanche. Un grand nombre de régions sanitaires et d'établissements de soins de santé commencent à relever ce défi. Les prochains rapports Indicateurs de santé nous révéleront dans quelle mesure ces efforts auront été récompensés."

Variation des taux d'interventions chirurgicales liées à la santé génésique chez les hommes et chez les femmes

Les accouchements constituent la principale cause des hospitalisations au Canada, et les modes d'accouchement ont une incidence sur le système de santé. Les césariennes, qui peuvent être associées à une hausse des maladies maternelles, coûtent 60 % plus cher que les accouchements par voie vaginale. Or, le taux d'enfants nés par césarienne a augmenté de près de 25 % de 2001-2002 (22,5 %) à 2007-2008 (27,7 %). Ce taux varie considérablement selon les provinces et les territoires, mais aussi selon l'âge de la mère. Bien que le taux de césariennes chez les femmes âgées de 40 ans ou plus (42 %) soit deux fois plus élevé que chez les femmes âgées de 20 à 24 ans (21 %), il a augmenté chez les mères de tout âge.

La deuxième intervention chirurgicale la plus fréquente chez les femmes est l'hystérectomie, soit l'ablation chirurgicale de l'utérus; environ 36 000 interventions sont pratiquées chaque année. De 1998-1999 à 2007-2008, le taux d'hystérectomies dans les hôpitaux du Canada a diminué de 23 %. Chez les hommes, la prostatectomie - ablation chirurgicale d'une partie ou de la totalité de la prostate - était l'intervention la plus pratiquée après l'angioplastie coronarienne. La plupart des hystérectomies et des prostatectomies ont été réalisées pour des affections non liées au cancer.

De 2003-2004 à 2007-2008, aucune amélioration importante des taux de réadmissions imprévues après une hystérectomie ou une prostatectomie n'a été observée. Quatre-vingt-dix pour cent des réadmissions après une hystérectomie sont attribuables à une infection postopératoire.

À propos de l'ICIS

L'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) recueille de l'information sur la santé et les soins de santé au Canada, l'analyse, puis la rend accessible au grand public. L'ICIS a été créé par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux et tant qu'organisme autonome sans but lucratif voué à la réalisation d'une vision commune de l'information sur la santé au Canada. Son objectif : fournir de l'information opportune, exacte et comparable. Les données que l'ICIS rassemble et les rapports qu'il produit éclairent les politiques de la santé, appuient la prestation efficace de services de santé et sensibilisent les Canadiens aux facteurs qui contribuent à une bonne santé.

Le rapport et les figures ci-dessous sont disponibles sur le site Web de
l'ICIS à l'adresse suivante : www.icis.ca.

Figure 1   Taux d'événements d'IAM menant à une hospitalisation, Canada
(figure 1, page 19 du rapport)

Figure 2   Taux de mortalité à l'hôpital dans les 30 jours suivant un
IAM, Canada (figure 1, page 25 du rapport)

Figure 3   Taux annuel de réadmissions à la suite d'une crise cardiaque,
Canada (figure 1, page 27 du rapport)

Figure 4   Taux d'événements d'IAM menant à une hospitalisation selon le
quintile de revenu du quartier, Canada, 2007-2008
(figure 3, page 19 du rapport)

Figure 5   Taux d'événements d'AVC menant à une hospitalisation, Canada
(figure 1, page 33 du rapport)

Figure 6   Taux d'événements d'AVC menant à une hospitalisation selon le
quintile de revenu du quartier, Canada, 2007-2008
(figure 2, page 33 du rapport)