Accorder aux francophones beaucoup plus qu'un simple rôle consultatif dans la planification des services de santé dans leur langue
Un rôle de premier plan pour les Franco-Ontariens Mise à jour le mardi 2 juin 2009 à 10 h 40
Un groupe de travail du gouvernement recommande d'accorder aux francophones beaucoup plus qu'un simple rôle consultatif dans la planification des services de santé dans leur langue.
Dans un rapport confidentiel remis au ministre de la Santé de l'Ontario et dont Radio-Canada a obtenu copie, le facilitateur du groupe, Charles Beer, recommande au gouvernement McGuinty d'accorder aux francophones un rôle de premier plan dans la planification des services de santé dans leur langue.
C'est beaucoup plus que le simple rôle consultatif envisagé par le ministre David Caplan.
Le rapport propose notamment la création d'une demi-douzaine de comités de planification pour les Franco-Ontariens. Ces comités travailleraient en étroite collaboration avec les réseaux locaux d'intégration des services de santé (RLISS). Les RLISS, majoritairement anglophones, ont été mis sur pied par le gouvernement McGuinty pour mieux coordonner la planification des soins un peu partout en Ontario.
Le mandat du groupe consultatif ne couvrait pas la question du financement.
M. Beer note néanmoins dans le rapport que le ministère de la Santé a accès à des fonds pour la planification des services de santé en français en Ontario.
Le bureau du ministre de la Santé ignore quand David Caplan acceptera ou rejettera les recommandations de Charles Beer.
M. Beer indique que le temps presse parce que les RLISS ont déjà commencé à rafraîchir leurs plans de trois ans et il est important, insiste-t-il, que les Franco-Ontariens soient aux premières loges de la planification des services de santé dans leur langue.
Un projet dénoncé
Le gouvernement McGuinty a mis sur pied ce groupe de travail il y a quelques mois afin d'apaiser les chefs de file franco-ontariens, qui dénoncent la proposition du ministre de la Santé d'accorder aux francophones un simple rôle consultatif dans la planification des services de santé en français dans la province. Cette proposition est d'ailleurs contraire à la loi ontarienne.
Les Franco-Ontariens refusent d'obtenir un simple rôle consultatif. Lorsque ce modèle était en vigueur dans le secteur de l'éducation, c'était les anglophones qui prenaient les décisions relatives à l'éducation française.
Du point de vue des Franco-Ontariens, il en va de même avec la proposition du ministre de la Santé: les anglophones décideront encore pour eux.
Le rapport du groupe de travail donne donc de nouvelles munitions à la communauté francophone, qui s'ajoutent à celles d'autres intervenants de poids. En mai, un rapport spécial du commissaire aux services en français de l'Ontario condamnait la proposition du gouvernement. Devant le tollé provoqué dans la communauté franco-ontarienne, même le premier ministre McGuinty avait laissé entrevoir de possibles changements en janvier dernier.