Initiative des collectivités rurales et éloignées amies des aînés : un guide

Initiative des collectivités rurales et éloignées amies des aînés : un guide

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I Introduction
http://www.phac-aspc.gc.ca/seniors-aines/pubs/age_friendly_rural/index_f.htm

En septembre 2006, les ministres FPT responsables des aînés approuvaient l’Initiative des collectivités rurales et éloignées amies des aînés (ICREAA). Cette initiative est assortie de deux objectifs principaux :

accroître la sensibilisation par rapport à ce dont les aînés ont besoin pour maintenir une vie active, en santé et productive au sein de leur communauté en déterminant des indicateurs de collectivités rurales ou éloignées amies des aînés;

produire un guide pratique que les collectivités rurales et éloignées du Canada pourront utiliser pour cerner les obstacles communs et promouvoir un dialogue et des mesures en faveur du développement de collectivités amies des aînés.
Dans une collectivité amie des aînés, les politiques, services, aménagements et structures assurent un soutien aux aînés et leur permettent de vieillir tout en demeurant actifs parce qu’ils tiennent compte de ce qui suit :

reconnaissance de la vaste gamme de capacités et de ressources des aînés;

anticipation des besoins et préférences des aînés et capacité d’y répondre avec souplesse;

respect des décisions et des choix de style de vie des personnes âgées;

protection des personnes âgées qui sont les plus vulnérables;

promotion de l’inclusion et de la contribution des personnes âgées dans tous les domaines de la vie communautaire1.
L’idée de collectivités rurales ou éloignées amies des aînés s’inspire des travaux en cours de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur les « villes du monde amies des aînés », lesquels s’inspirent à leur tour du modèle de vieillissement actif2. Ce projet mondial de villes‑amies des aînés a suscité beaucoup d’enthousiasme dès sa présentation en juin 2005, à l’occasion de la séance d’ouverture du XVIIIe Congrès mondial de gérontologie et de gériatrie, qui se déroulait à Rio de Janeiro, au Brésil. L’intérêt manifesté s’est transformé en actions; 33 villes dans plus de 22 pays ont participé au projet. L’ICREAA canadienne a été élaborée à partir du modèle et du cadre de recherche des villes du monde amies des aînés3. Le projet canadien met l’accent sur les collectivités rurales et éloignées. Cette initiative a remporté un franc succès à ce jour, avec la participation de dix collectivités provenant de huit juridictions.

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Vieillissement en santé des aînés des collectivités rurales et éloignées

Compte tenu des coûts et avantages associés au vieillissement et de ses répercussions sur les collectivités et la société dans son ensemble, il est impératif d’investir dans le vieillissement en santé. Bien que la majorité des personnes âgées vivant chez elles se disent en bonne santé, les problèmes de santé à long terme tendent à augmenter avec l’âge – tel est le cas de la plupart des conditions chroniques, des incapacités et des démences. À titre d’exemple, des données de 2001 révèlent que les taux d’incapacité passent de 31 % chez les personnes âgées de 65 à 74 ans à 53 % chez celles de 75 ans et plus4. On prévoit qu’au cours des dix prochaines années, les Canadiens de plus de 65 ans seront plus nombreux que ceux de moins de 15 ans. En l’espace de 30 ans, alors que la génération du baby-boom va continuer de vieillir, la population de plus de 65 ans passera de 4,2 millions à 9,8 millions5.

Le vieillissement de la population canadienne a des incidences significatives sur le système de santé. À l’heure actuelle, 44 % des dépenses totales en santé au Canada sont attribuées aux aînés qui représentent 13 % de la population6.

Par ailleurs, les personnes âgées continuent à contribuer à la société de manière importante sur de nombreux fronts – famille (en apportant de l’aide à leurs époux, enfants et petits-enfants), amis et voisins, communauté (dans le cadre d’activités de bénévolat) et économie (à titre de travailleurs qualifiés et expérimentés).

Les études démontrent que la promotion de la santé et les stratégies de prévention de la maladie peuvent aider autant les personnes qui vieillissent bien que celles atteintes de conditions chroniques ou à risque de développer de graves problèmes de santé, et ce, même à un âge très avancé. Il est de plus en plus reconnu qu’en encourageant les collectivités à créer des environnements sociaux et physiques favorables aux aînés, les personnes âgées seront mieux soutenues dans leurs choix visant à améliorer leur santé et leur bien-être. Ainsi, elles pourront davantage participer à la vie communautaire et mettre à profit leurs compétences, leurs connaissances et leur expérience7.

Bien qu’une majorité de Canadiens vivent en milieu urbain, une grande partie de la population âgée vit toujours en région rurale ou éloignée – ce qui explique pourquoi ce guide met l’accent sur les collectivités rurales et éloignées. On estime qu’approximativement 23 % des aînés au Canada vivent dans les zones rurales et les petites villes8. Il semblerait, en fait, que certaines régions du Canada rural aient connu une augmentation de la proportion de leurs aînés, compte tenu de l’arrivée de retraités qui quittent la ville pour s’installer à la campagne.

Les recherches actuelles sur les collectivités rurales et éloignées révèlent que celles-ci font face à des enjeux sociaux et environnementaux uniques, susceptibles d’avoir un impact sur la santé et le vieillissement en santé, qui diffèrent de ceux auxquels sont confrontées les populations urbaines. Les aînés qui souhaitent « rester » dans les collectivités rurales, par exemple, peuvent être confrontés à des obstacles à leur maintien à domicile, ainsi qu’à leur participation active au sein de la communauté. Au nombre de ces obstacles, il faut noter l’absence ou la quantité limitée de services de soutien à leur disposition pour les aider à demeurer indépendants, et le très peu de choix en matière de logement et de transport. Par ailleurs, les aînés qui vivent dans les régions rurales et éloignées ont souvent besoin de se déplacer en dehors de leur collectivité pour accéder aux services de santé, ce qui pose divers défis, tant pour eux que pour leur famille.

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Élaboration du guide

Ce sont les gouvernements provinciaux et territoriaux à l’aide de divers mécanismes dont des appels à tous et des invitations adressées à des collectivités spécifiques, qui ont choisi les collectivités visées par l’initiative. Toutes les collectivités participantes répondaient à un certain nombre de critères ayant trait à la taille de la population (5 000 habitants ou moins), à l’expérience en matière de vieillissement de la population, au degré d’éloignement (proximité d’une ville), à la structure économique (agricole, axée sur les ressources primaires, axée sur le tourisme et les loisirs) et à la diversité ethnoculturelle.

Un total de dix collectivités réparties dans huit provinces ont participé à la recherche par groupes de discussion (voir la figure 1). Ces collectivités sont de diverse taille, de moins de 600 habitants à approximativement 5 000 habitants, et représentent divers degrés de ruralité et d’éloignement. Certaines sont isolées pendant les mois d’hiver et ont peu de contacts avec les autres collectivités; certaines ont une économie axée sur l’agriculture, alors que d’autres sont des villes de tourisme. Le degré de diversité culturelle est également très différent de l’une à l’autre.

Une approche participative attentive aux besoins locaux et ascendante a été adoptée afin d’impliquer les personnes âgées et encourager leur participation active à l’examen des problèmes liés au vieillissement dans leur collectivité et aux discussions connexes. Cette approche participative à la prise de décisions et aux engagements sociaux a été recommandée par l’Organisation des Nations Unies pour renforcer l’autonomie des aînés. Les aînés sont les experts de leur propre vie – le projet (ICREAA) canadien visait donc la participation pleine et entière des personnes âgées dans toutes les collectivités ayant fait l’objet de l’étude.

Groupes de discussion
Dix groupes de discussion, la plupart constitués de huit à dix personnes, ont été tenus avec des personnes âgées (de 60 ans et plus) et des aidants naturels d’aînés qui n’étaient pas en mesure de participer en raison d’une déficience physique ou mentale. Chaque groupe de personnes âgées reflétait diverses tranches d’âge, déficiences physiques et différences de statut socio-économique. Les participants potentiels ont été présélectionnés afin d’assurer une diversité appropriée au regard de ces caractéristiques. Tous les participants aux groupes de discussion ont été recrutés au sein de la collectivité géographique qui faisait l’objet de l’étude. Des efforts ont été consacrés au recrutement de participants suggérés par différentes sources. Divers mécanismes ont été utilisés pour recruter les participants, notamment des conférences de presse, des annonces dans les journaux, des avis sur les tableaux d’affichage, le bouche à oreille et des contacts dans la collectivité (des membres de la communauté faisant la liaison entre la collectivité et les chercheurs). Les lieux de culte, les centres sociaux, de bénévolat et de loisirs communautaires où les personnes âgées se rassemblent ainsi que les organismes et services communautaires dotés d’une importante clientèle de personnes âgées ont également constitué des sites de recrutement. Au total, 107 participants (96 personnes âgées et 11 aidants) ont participé aux groupes de discussion de février à avril 2007.

Dix autres groupes de discussion ont été constitués avec un total de 104 fournisseurs de services issus des secteurs public, privé et caritatif. L’information complémentaire recueillie portait sur les interactions entre les fournisseurs de services et les personnes âgées. Dans certains cas, les aidants et les fournisseurs de services ont donné de l’information que les personnes âgées n’avaient pas communiquée.

Thèmes abordés
L’étude a été conçue de manière à avoir une vue d’ensemble de la convivialité de chaque collectivité à l’égard des aînés. Les groupes de discussion ont abordé huit sujets ou thèmes généraux – ces thèmes portaient sur les caractéristiques essentielles de la structure communautaire et son environnement physique, ainsi que la mesure dans laquelle les services et les politiques tenaient compte des facteurs déterminants du vieillissement actif. Ces huit thèmes sont identiques à ceux utilisés par l’Organisation mondiale de la Santé dans son guide sur les villes du monde amies des aînées. Les mêmes questions d’ordre général ont été posées dans chaque collectivité. Les discussions visaient à développer les points suivants :

les éléments de la collectivité qui sont favorables aux aînés (avantages);
les obstacles et les problèmes de la collectivité à l’endroit des aînés (obstacles);
les suggestions pour améliorer les problèmes et autres obstacles mentionnés.
Les trois premiers thèmes concernaient les espaces extérieurs et les immeubles, le transport et le logement. Caractéristiques fondamentales de l’environnement physique d’une collectivité, ces éléments ont une forte influence sur la mobilité personnelle, la sécurité par rapport aux risques de blessures, la protection contre le crime, les comportements liés à la santé et la participation sociale. Trois autres thèmes reflétaient divers aspects des environnements sociaux et culturels qui influent sur la participation et le bien-être psychologique – le thème Respect et inclusion sociale traite des attitudes, comportements et messages des autres personnes et de la collectivité dans son ensemble envers les personnes âgées; le thème Participation sociale fait référence à la participation des personnes âgées dans les activités sociales, culturelles, pédagogiques, spirituelles et de loisirs; le thème Participation communautaire et possibilités d’emploi aborde les possibilités en matière de participation citoyenne et d’activités rémunérées et bénévoles – ils sont liés aux environnements sociaux et aux déterminants économiques du vieillissement actif. Les deux derniers thèmes, Communication et information et Soutien communautaire et services de santé, impliquent les environnements sociaux et les déterminants des services sociaux et de santé.

Ces aspects de la vie communautaire, bien que représentés séparément dans ce guide, sont clairement interdépendants et les discussions au sein des groupes ont fréquemment traité diverses questions communes aux différents thèmes. Le respect et l’inclusion sociale, par exemple, sont reflétés dans l’accessibilité des immeubles et espaces, ainsi que dans la gamme de possibilités offertes aux personnes âgées en matière de participation sociale, de divertissement ou d’emploi. Le logement a une incidence sur les besoins en matière de services de soutien communautaire – la participation sociale, communautaire et économique dépend en partie de la sécurité des espaces extérieurs et des édifices publics et de l’accès à ceux‑ci. Le transport, la communication et l’information interagissent notamment avec les autres thèmes – sans modes de transport ou de moyens appropriés d’obtenir l’information permettant aux personnes de se rencontrer et de communiquer, les autres installations et services ruraux susceptibles de soutenir le vieillissement actif deviennent inaccessibles.

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Le guide

Le présent guide a été organisé de manière à refléter les discussions et suggestions relatives aux huit thèmes définis plus haut. Dans la section II, chaque thème est abordé séparément. Après un bref exposé des points saillants de la discussion associée à un thème, un résumé des principales constatations fait état des aspects d’une collectivité (en rapport avec le thème) qui la rendent favorable aux aînés, ainsi que des obstacles à surmonter et de certaines suggestions pour atteindre une plus grande convivialité, tels qu’ils ont été relevés dans les discussions de groupes. La section III établit un processus général que les collectivités peuvent suivre pour déterminer leur convivialité à l’égard des aînés et l’améliorer, et comprend une liste de contrôle détaillée des attributs en faveur des aînés susceptibles d’aider les collectivités à mieux répondre aux besoins de leurs personnes âgées.

Il convient de noter que ce guide présente les attributs et obstacles généraux les plus fréquemment mentionnés dans les discussions à l’échelle du pays, y compris certaines suggestions de la part des participants pour rendre leur collectivité plus conviviale à l’égard des aînés. Le guide n’est pas exhaustif. Chaque collectivité est unique en soi, de sorte que les discussions ont également fait ressortir que chacune présentait ses propres besoins, circonstances et possibilités pour améliorer son degré de convivialité à l’égard des aînés. Les idées et suggestions présentées dans le présent document devront faire l’objet d’une réflexion dans chaque collectivité qui les adaptera et les organisera de manière à répondre au mieux aux conditions et aux besoins locaux.

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Utilisation du guide – un point de départ

Le présent guide s’adresse aux personnes et aux groupes qui souhaitent rendre leur collectivité plus favorable aux personnes âgées, notamment les municipalités et les provinces, les organismes bénévoles, le secteur privé, les personnes âgées, les organismes s’adressant aux aînés et les groupes de citoyens. Il s’agit d’une responsabilité partagée par de nombreux groupes, dont les divers gouvernements. Le guide vise à illustrer ce que l’on entend par « amies des aînés » et à donner aux collectivités un point de départ qui leur permettra de cerner les obstacles et les atouts qu’elles ont en commun, ainsi que de promouvoir le dialogue et l’action à l’appui du développement de collectivités amies des aînés.

Il est de la responsabilité de chacun d’amorcer un dialogue dans sa collectivité, afin de déterminer ses atouts, ses forces et ses faiblesses dans ce domaine. La méthode adoptée par chacune peut varier.

Idéalement, tous les membres de la collectivité devraient prendre part à l’exploration de ses attributs en faveur des aînés, puisqu’un bon nombre de ces caractéristiques bénéficient également à d’autres groupes dans la collectivité. Une collectivité qui aide ses aînés aide tout le monde.

II Points saillants des discussions de groupes, par thème
http://www.phac-aspc.gc.ca/seniors-aines/pubs/age_friendly_rural/highlights1_f.htm

III Comment rendre une collectivité l’amie des aînés – prévoir un plan d’action
http://www.phac-aspc.gc.ca/seniors-aines/pubs/age_friendly_rural/planning_f.htm

IV Liste de contrôle des caractéristiques d’une collectivité amie des aînés
http://www.phac-aspc.gc.ca/seniors-aines/pubs/age_friendly_rural/checklist_f.html

Notes de fin d’annexe
http://www.phac-aspc.gc.ca/seniors-aines/pubs/age_friendly_rural/endnotes_f.htm