Bâtir des communautés actives : comment y parvenir et promouvoir et développer des communautés habilitées aux marcheurs
Bâtir des communautés actives : comment y parvenir
Reproduit du bulletin Coeur, numéro 24, hiver 2007
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Bob Chauncey, Directeur d’analyse de politiques du Centre national du cyclisme et de la marche, et Megan Hoyt, Ingénieure en sécurité pédestre, Programme pour les piétons du Département du transport de la ville de Seattle, étaient les conférenciers de la plénière. Ils ont présenté les concepts des communautés habilitées aux marcheurs en soulignant d’abord comment l’environnement bâti a eu un impact sur les degrés d’activité physique des Canadiens pour ensuite démontrer comment les communautés de l’Amérique du Nord sont à renverser graduellement cette tendance en adoptant des changements au niveau du concept urbain – soit en développement résidentiel et commercial ou en construction des routes.
En 1996, le Canada se classait dixième sur 11 pays en pourcentage de trajets faits à pieds et à vélo. Nous marchions environ 10 pour cent du temps et pédalions moins que deux pour cent. En se comparant avec neufs pays européens qui marchent et pédalent jusqu’à 30% du temps, les Nord-Américains marchent et pédalent à un taux lamentable. Les taux d’activité physique chez les enfants ont déclinés considérablement. Tel que réaffirmés par plusieurs conférenciers, ceci a entraîné des augmentations importantes dans les taux d’obésité chez les enfants et les adultes.
Pourquoi les Canadiens ne marchent-ils ou ne pédalent-ils pas plus? Il existe peut-être une crainte de faire de la marche dans certains endroits, mais en grande partie, ceci est dû à notre dépendance sur les automobiles et notre environnement sédentaire. Nous bâtissons des communautés qui nous poussent à conduire. L’activité fut éliminée machinalement de nos vies au quotidien. Nous conduisons des centaines de kilomètres pour faire du vélo ou nous rendre à un gym pour faire du tapis roulant! Les gens ne marchent plus, donc les développeurs et planificateurs se posent la question - pourquoi bâtir des environnements qui en feraient la promotion?
Bob a souligné que l’un des plus grands exploits du 20ième siècle en santé publique fut le déclin du tabagisme. La campagne anti-tabagisme des années 70 visant l’individu, a évolué en campagne médiatique de masse dans le but de changer les valeurs et les attitudes durant les années ’80, pour ensuite se développer en campagnes de plaidoyers et de soutiens environnementaux tels que la taxation et les politiques en publicité durant les années ’90, et de nos jours, la prise de mesures législatives et de politiques municipales pour limiter le tabagisme dans les lieux publiques. Le tabagisme est devenu en sorte « anormalisé ». Ceux qui font la promotion des communautés habilitées aux marcheurs peuvent en apprendre beaucoup de cet exemple. Sauf que contrairement à la réduction des taux d’utilisation du tabac, l’ennemi n’est pas aussi évident que celui que représentaient les grandes entreprises de tabac et le défi est d’autant plus difficile pour bâtir des communautés plus actives. Les sources de financement sont obscures puisque plusieurs ministères pourraient y être impliqués.
Bob suggère qu’on a besoin de messages de plaidoyers scientifiques et convaincants qui mettent l’emphase sur :
-Les effets sur la santé et les impacts environnementaux des communautés qui n’encouragent pas la marche;
-La perte des espaces naturels;
-Les impacts économiques tels que l’augmentation des taux d’assurance automobile, le coût du transport scolaire et les services pour les terrains de banlieue.
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« La mesure d’une ville de qualité repose sur le fait qu’un enfant sur un tricycle ou une bicyclette peut se rendre partout en toute sécurité. Si une ville est de qualité pour les enfants, elle en sera autant pour tous les autres. Depuis les 80 dernières années, nous avons bâti des villes davantage en prévision de la mobilité des automobiles que pour le bonheur des enfants. »
Enrique Penalosa, ancien maire de Bogota, Columbian, octobre, 2005
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« Pourquoi misons-nous nos interventions sur les individus? Ne serait-il pas plus logique de réparer d’abord l’environnement pour ensuite demander aux gens de l’utiliser? »
Bob Chauncey
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« Ce n’est pas plus d’argent qu’il nous faut – c’est le même financement versé dans de nouveaux secteurs. »
Ron Leavens, ancien maire, Pelham, Ontario
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« Nous (les politiciens) devons vous entendre dire que les priorités doivent changer. »
Ron Leavens, ancien maire, Pelham, Ontario
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La preuve est faite :
1.Éduquer les officiers gouvernementaux.
2.Promouvoir les bienfaits de la marche et du cyclisme.
3.Contribuer vos idées lors des décisions sur l’utilisation du territoire.
4.Consulter davantage avec les secteurs de planification, les développeurs et les parties prenantes clé.
5.Développer des partenariats efficaces et des alliances avec les parties prenantes.
6.Préconiser une utilisation variée du territoire, l’accessibilité, les commerces d’alimentations près de chez soi, et un changement au niveau de la prise de conscience publique.
7.Développer une planification urbaine conjointe et un cadre de santé publique.
8.Publier la recherche canadienne sur ce sujet ainsi que les histoires de programmation à succès, les défis et les leçons apprises dans les revues évaluées par les pairs.
(Bergeron, 2006)
Bergeron, K., (2006). Évaluant la recherche de façon critique pour en découvrir : est-ce que les bureaux de santé publique ont un rôle à jouer dans le design communautaire? (Critically appraising research to discover : do public health units have a role in community design?) Non publié.
Comment promouvoir et développer des communautés habilitées aux marcheurs
Bob Chauncey, Centre national du cyclisme et de la marche
Vous êtes déjà au courant des grands défis que posent l’obésité et le manque d’activité physique. Vous êtes aussi au courant des exhortations à manger moins, à manger mieux, et à être plus actif pouvant générer des changements à court terme, mais la gravité des problèmes ne fait que s’accroître. Si vous êtes comme tout autre professionnel de la santé en Amérique du Nord, vous avez pris conscience dernièrement des liens entre l’activité physique et ce qu’on appelle « l’environnement bâti ». Vous avez commencé à comprendre que la façon dont nous érigeons nos communautés affecte combien d’exercice nous faisons. Les communautés qui ont, entre autres, des passages pour piétons, des trottoirs continus, des voies pour les vélos, des destinations proches des points de départ, ont tendance à être associées à plus de marche et de cyclisme. Donc, comment allez-vous vous renseigner davantage sur cette relation et commencer à influencer l’environnement bâti dans votre communauté? Voici quelques suggestions.
D’abord, apprenez tout sur la relation entre la marche, le cyclisme et l’environnement bâti. Il existe plusieurs bonnes ressources sur le sujet. Au Canada, on retrouve l’emphase sur le transport actif provenant de Vert l’action (www.vertlaction.ca). Vous pouvez aussi visiter le site web du Centre national du cyclisme et de la marche des États-Unis (www.bikewalk.org) ainsi que le Centre d’information pour les piétons et le cyclisme (www.pedbikeinfor.org).
Après avoir fait la révision de cette littérature, prenez une marche ou un tour de vélo dans votre quartier. Mieux encore, servez-vous de la fiche de contrôle de la marche pour évaluer combien apte à la marche est votre communauté.
Si vous êtes en vélo, demandez-vous :
-Y a-t-il assez d’espace pour vous dans le quartier?
-Est-ce sécuritaire pour un enfant de 12 ans de conduire son vélo dans le quartier?
-Y a-t-il des signaux routiers sensibles à la présence d’un vélo?
-Les automobilistes sont-ils courtois et tolérants envers les cyclistes?
-Existe-t-il du stationnement sécuritaire pour les vélos dans les magasins, aux parcs et terrains de jeu?
-Est-ce plaisant de conduire un vélo dans le quartier?
-Y a-t-il d’autres gens qui conduisent leurs vélos dans le quartier? (Sinon, pourquoi?)
Supposons que vous n’aimiez pas toutes les réponses à vos questions – les probabilités sont grandes dans la plupart des communautés d’Amérique du Nord – annoncez-le. Plus particulièrement, amenez d’autres gens avec vous pour une marche ou une tournée en vélo. Amenez votre patron, des élus municipaux, des leaders communautaires, des planificateurs, des ingénieurs, le personnel des parcs et loisirs, la police, des commerçants et des développeurs. Pour faire encore plus un gros impact lors de ces marches, vous devez faire ceci en premier lieu : rassembler les données sur l’activité physique et l’obésité de votre communauté. Vous inviterez les gens pour une marche ou une tournée à partir des principes qui vous sont familiers :
Nous avons un problème d’obésité et d’activité physique dans notre communauté. Et j’ai découvert tout récemment que notre infrastructure communautaire décourage les gens de faire l’exercice nécessaire pour leurs besoins. Venez marcher ou faire une randonnée avec moi, et vous verrez ce que je suis en train de vous expliquer.
Si vous ne vous sentez pas à la hauteur de mener ces marches ou ces randonnées en vélo, demandez à un de vos collègues en santé publique qui a plus d’expérience que vous dans ce domaine. Karen Armstrong (karen.armstrong@wdghu.org) et d’autres de walkON (http://www.walkon.ca) peuvent vous aider.
Une fois que vous avez commencé à éveiller la conscience des membres de la communauté et du personnel professionnel sur ce sujet, vous êtes en terrain battu. Votre défi s’apparente maintenant à la promotion de la santé. Les tactiques comprennent la tenue de séances publiques, la rédaction d’articles pour les médias, la tenue d’événements publics, et la tenue d’ateliers et de présentations mettant en vedette des experts capables de présenter des suggestions spécifiques pour l’amélioration de l’environnement bâti.
Après avoir généré le soutien nécessaire pour le changement auprès du public, les élus municipaux, et un segment assez large du personnel professionnel, que pourriez-vous entreprendre en premier lieu? La réponse toute facile est de commencer avec quelque chose de simple. Votre but est d’affecter un changement immédiat, tangible et significatif qui mènera à d’autres changements. La cible pourrait être de faire ralentir la circulation autour d’une école élémentaire; ou de créer un programme de routes scolaires actives et sûres pour une autre école; ou construire un sentier en direction d’un parc de quartier; ou améliorer un passage pour piétons dans une intersection du centre-ville; ou installer un signal de passage pour piétons près d’un centre pour aînés; ou rayer la voie de vélo sur la route vers une école de premier cycle.
Comment savoir laquelle vous devriez choisir? Choisissez-en une qui est prometteuse, où le soutien est évident, où la solution est simple, et où l’argent est disponible pour la mettre en place.
Comment choisir la meilleure solution au problème choisi? Ne le faites pas. Laissez les experts suggérer les solutions. Votre rôle est d’appuyer le processus vers la mise en œuvre et de maintenir le dynamisme vers le changement généralisé.
Vous avez besoin d’aide? Révisez les contacts et les liens aux sites web tels que mentionnés ci-haut, communiquez avec Karen Armstrong et les autres de walkON, ou communiquez directement avec moi.
C’est le temps de vous y mettre!
Bob Chauncey
Centre national du cyclisme et de la marche
mailto:bob@bikewalk.org
410-570-5765
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