Les Canadiens de statut socioéconomique faible sont plus susceptibles d’être hospitalisés pour une maladie mentale etc.
Les Canadiens des groupes de statut socioéconomique faible sont plus susceptibles d’être hospitalisés pour une maladie mentale ainsi que pour l’asthme pédiatrique
Le 24 novembre 2008 — Selon une nouvelle étude de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), dans chaque grande région urbaine du Canada, la situation est similaire : plus le statut socioéconomique est bas, plus le risque d’hospitalisation est élevé pour un éventail de problèmes de santé, depuis l’asthme pédiatrique jusqu’à la maladie mentale et au diabète. L’étude, la plus importante en son genre, examine les différences en matière de santé et d’utilisation du système de santé par les Canadiens des groupes de statut socioéconomique faible, moyen et élevé.
Le rapport Réduction des écarts en matière de santé : un regard sur le statut socioéconomique en milieu urbain au Canada compare 21 indicateurs de santé selon les trois groupes de statut socioéconomique (SSE) faible, moyen et élevé au sein de 15 des plus grandes régions métropolitaines de recensement (RMR) du Canada. Ces régions représentent 66 % de la population urbaine canadienne, selon les analyses de l’ICIS. Le statut socioéconomique est une mesure de la situation économique et sociale d’une personne par rapport à celle des autres en fonction du revenu, de l’éducation et de la situation d’emploi.
L’étude, qui a examiné les taux d’hospitalisation pour différents types d’admission (p. ex. blessures, troubles anxieux) au cours d’une période de trois ans, soit de 2003-2004 à 2005-2006, a permis de constater que les incidences du SSE étaient plus marquées pour certains types d’admission que d’autres. Par exemple :
Les taux d’hospitalisation pour une maladie mentale au sein du groupe de SSE faible étaient 2,3 fois ceux du groupe de SSE élevé (596 hospitalisations par 100 000 personnes, comparativement à 256 par 100 000 personnes). Les taux d’hospitalisation pour des troubles liés à la consommation de drogues, d’alcool et d’autres substances au sein du groupe de SSE faible étaient 3,4 fois ceux du groupe de SSE élevé.
Les Canadiens des groupes de SSE faible qui résident en milieu urbain étaient plus de deux fois susceptibles d’être hospitalisés en raison d’affections chroniques (appelées « conditions propices aux soins ambulatoires ») qui pourraient être traitées dans la collectivité. Par exemple, ils étaient 2,4 fois plus susceptibles d’être hospitalisés pour cause de diabète et 2,7 fois, pour une maladie pulmonaire obstructive chronique.
Les taux d’hospitalisation pour cause d’asthme étaient 56 % plus élevés chez les enfants des groupes de SES faible que chez les enfants des groupes de SSE élevé.
Les écarts étaient toutefois moins prononcés chez les enfants au poids faible à la naissance et chez les enfants hospitalisés en raison d’une blessure.
« C’est en sachant où résident les écarts les plus importants que nous pourrons, en tant que professionnels de première ligne, nous attaquer aux raisons sous-jacentes de ces écarts », affirme le Dr Cordell Neudorf, président du conseil de l’Initiative sur la santé de la population canadienne (ISPC) et médecin-conseil en chef de la région sanitaire de Saskatoon. « Les programmes universels axés sur la population générale ont plus de chances de réussir lorsqu’il n’y a que de petits écarts dans l’état de santé entre les groupes de statut socioéconomique. Toutefois, des programmes adaptés peuvent être nécessaires pour des groupes en particulier quand les écarts sont plus importants. »
L’étude de l’ICIS a également examiné les différences dans les autodéclarations de l’état de santé. En puisant dans les données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) de Statistique Canada, l’étude a révélé que les Canadiens de SSE faible étaient près de deux fois plus susceptibles de déclarer faire usage de tabac que les groupes de SSE élevé. Cependant, il n’y avait que de faibles écarts entre les groupes relativement aux taux de vaccination contre la grippe, à l’alcoolisme périodique, et à l’excès de poids et l’obésité.
« Cette étude fournit de nouveaux renseignements sur les incidences que pourraient avoir le revenu, l’éducation et la situation d’emploi sur les taux d’hospitalisation au pays », affirme Jean Harvey, directrice de l’ISPC, un programme de l'ICIS. « Les Canadiens au statut socioéconomique faible sont plus susceptibles d’être hospitalisés en raison d’une maladie mentale ou d’autres maladies chroniques, affections qui pourraient être évitées ou traitées dans la collectivité. »
L’état de santé varie dans 15 régions urbaines du Canada
L’état de santé de la population urbaine du Canada varie d’une région urbaine à l’autre. Il en va de même pour l’écart entre les groupes de statut socioéconomique. Des 15 régions urbaines à l’étude, Regina et Winnipeg affichaient les différences les plus marquées quant à leurs taux d’hospitalisation au sein de différents groupes de SSE. À l’inverse, la région d’Ottawa-Gatineau et de Toronto affichaient les écarts les moins importants, avec des taux plus uniformes entre les trois groupes de SSE. Par exemple, à Regina, les taux d’hospitalisation en raison d’une maladie mentale au sein du groupe de SSE faible étaient environ 4,5 fois ceux du groupe de SSE élevé. Dans la région d’Ottawa-Gatineau, les taux d’hospitalisation en raison de troubles liés à la santé mentale au sein du groupe de SSE faible étaient 2,0 fois ceux du groupe de SSE élevé.
Dans le cas des autodéclarations de la santé, les résidents d’Halifax et de St. John’s étaient les plus susceptibles de déclarer un état de santé similaire, peu importe le groupe de SSE, tandis que Victoria et London affichaient les écarts les plus importants entre les groupes de SSE.
Au sujet du présent rapport
Le rapport est le fruit d’une collaboration entre l’ISPC de l’ICIS, la Division des indicateurs de santé de l’ICIS, le Réseau canadien pour la santé urbaine, l’Institut national de santé publique du Québec et Statistique Canada.
Personne-ressource :
Catherine Latulipe Richard
613-241-7860, poste 4103
Cell. : 613-296-2580
mailto:crichard@icis.ca
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http://secure.cihi.ca/cihiweb/dispPage.jsp?cw_page=media_24nov2008_f
