Un jardin communautaire qui rapproche les familles francophones de Cornwall

Un jardin communautaire qui rapproche les familles francophones de Cornwall

Notre 5ième histoire à succès de la francophonie ontarienne nous présente l'initiative de la communauté francophone de Cornwall où l'expérience du projet du jardin communautaire et de la cuisine collective a crée un sentiment d'appartenance sans précédent des participants et participantes à la leur communauté.

 Bonne lecture

 Hélène Roussel

Éditrice du Bloc-Notes

Par :  Dominique Tremblay Consultant journaliste à la pige
Hélène Roussel
Consultante en promotion de la santé
Nexus Santé

Cet article a été rendu possible grâce à la contribution financière du comité des services en français du Réseau des centres ontariens de ressources pour la promotion de la santé (Réseau CORPS)

Au pays, le jardinage est le deuxième exercice le plus populaire après la marche. Jardiner, c'est bien plus que de prendre le temps de produire de beaux légumes, c'est une  activité physique qui nous garde en santé. http://www.goforgreen.ca/Jardinage/Fiches%20d'info/Fait1.htm
Santé Canada nous suggère de faire 60 minutes d'activité par jour (par tranche d'au moins dix minutes chacune). En  jardinant, on garder notre corps en santé en faisant les trois types d'exercices recommandés : endurance, assouplissement et force http://www.hc-sc.gc.ca
Cette activité physique a des effets bénéfiques sur la santé. Elle aide à réduire les risques  de maladies cardiovasculaires, d'obésité, d'hypertension, de diabète de type 2, d'ostéoporose, d'accidents vasculaires cérébraux, de dépression et de cancer du colon.

À Cornwall, le Centre de santé communautaire de l’Estrie (CSCE)  a mis sur pied un jardin  pour la communauté francophone. Cet intérêt est venu de quelques familles à revenue modeste qui n’avaient pas accès à un terrain. De plus, ils avaient peu de connaissances en jardinage et désiraient apprendre tout en impliquant leurs enfants. 

« Les besoins de ces familles étaient d’être encadré et d’être appuyé,  par la suite nous avons fait du recrutement en utilisant nos réseaux francophones de la ville. Pour notre première saison, nous avons débuté avec une douzaine d’adultes et une dizaine d’enfants. Ces familles voulaient produire des légumes frais, avoir une activité familiale à faible coût et de sortir de l’isolement » explique Carole Leroux la coordonatrice du projet.

Le modèle du  jardin communautaire s’est bâti sur l’expérience de la communauté anglophone de Cornwall qui existe depuis une dizaine d’année,  ainsi que sur le modèle des jardins communautaire de Montréal. http://ville.montreal.qc.ca  À Cornwall, les jardins communautaires sont situé sur deux grands lots subdivisés en plusieurs plus petit de 8 pieds par 10 pieds. Tout les gens de la communauté peuvent louer un lot à prix modique, et à partir de cette entente on a eu accès à leur terrain, une remise avec des outils  et l’eau courante sur place. « Nous sommes donc partis  d’une structure qui existait déjà et nous avons loué deux terrains pour nos utilisateurs francophones et nous avons instauré une approche collective qui est vue comme un travail et une production en commun. »

 

Ce succès repose sur la détermination des familles qui se sont investies avec enthousiasme en s’impliquant tout au cours de la saison, de la préparation de la terre à la récolte. Les enfants étaient stimulés et ont vécu une expérience inoubliable, « ils avaient toujours hâte d’être au jardin et le groupe était assez unis pour garder l’intérêt pour toute la saison ». Grâce à une subvention financière qui appuyait déjà les jardins communautaires de Cornwall, le Centre de santé communautaire de l’Estrie (CSCE) à Cornwall a obtenu une petite somme pour assurer la location et la préparation des terrains (l’achat de la terre, les semences, etc.).   Le Club Optimiste & Octogone de Cornwall ont eux aussi contribué une somme d’argent afin d’offrir aux familles des collations saines lors des rencontres hebdomadaires.

 

À chaque semaine, entre quatre et huit familles se présentaient  pour venir cultiver leur jardin.  Tous mettaient la main à la pâte.  Les enfants aidaient pour les semences ou pour enlever les mauvaises herbes.  Tout le monde avait du plaisir malgré les températures chaudes ou froides.  À deux reprises la diététiste du CSCE a offert un atelier où elle suggérait des recettes faciles afin d’utiliser les récoltes du jardin. Les récoltes étaient divisées selon le nombre de familles présentent cette journée là.  Les récoltes les plus fructueuses ont été les tomates cerise et les piments.  Le projet de jardin familial à Cornwall n’est qu’à sa première année et déjà l’esprit de solidarité entre les familles est palpable.  L’entraide et le positivisme du groupe se sont de plus solidifiés lorsqu’elles ont participé au projet pilote de cuisine familiale.
Le jardin communautaire a joué un important rôle dans le développement de cette collectivité.  Ils rappellent aux personnes le privilège de faire partie d'un groupe dont l'objectif est d'être actif et de renouer avec la nature. Travailler au grand air procure des bienfaits psychologiques. Le simple fait d'admirer les arbres et les plantes réduit le stress, fait baisser la tension artérielle et soulage la tension musculaire. Le jardinage permet l'expression et la libération des émotions et favorise la guérison mentale et physique. Les thérapeutes en horticulture ont découvert que le jardinage stimule les sens. Les paysages, les sons, les textures et les arômes font foisonner les souvenirs. Les personnes qui jardinent tendent à être plus optimistes et satisfaites de leur vie. http://www.goforgreen.ca/Jardinage/Fiches%20d'info/Fait1.htm
Les jardiniers communautaires ont appris à connaître leurs voisins, se sont fait de nouveaux amis et ont développés un sentiment d'appartenance. Ils ont brisé les barrières de l'isolement. Ils sont plus amicaux et plus unis. Ils sont également heureux de partager l'information qu'ils ont sur le contrôle des insectes nuisibles ou de pouvoir se vanter de la taille de leur première tomate. Le jardin donne une image positive de la collectivité. Les espaces verts sont propices au ressourcement et à la relaxation, réduisant ainsi l'agressivité chez les gens.

L’un des beaux témoignages de succès du jardin est le fait que les familles inscrites l’été passé ont toutes appelés pour savoir quand ont recommençaient l’été prochain.
Certaines barrières ont limité le nombre de participants comme le manque de temps, l’isolement de la communauté francophone, « en effet, l’identité francophone n’est pas très forte chez nous, les jeunes familles sont presque assimilés, ils n’ont pas confiance en leur capacité d’être actif et accepté dans une activité en français. » Le troisième point est le transport, pour certaine famille se déplacer en transport en commun peut-être complexe avec les jeunes enfants.

 

Stratégies d’avenir pour le programme
« La stratégie pour la prochaine année sera de passé par les familles de la première année pour en recruter de nouvelles, nos capacités sont  limitées et il faut aller par étape. Actuellement, avec les ressources que nous avons, le nombre de familles peu augmenter mais dans la mesure de nos possibilités. »
« Au niveau des approches de prévention en nutrition, nous avons offert aux participants des goûtés santé, des fruits, des légumes, salades, jus sans sucre, ainsi que des sandwichs santé. »
http://www.santepub-mtl.qc.ca/Nutrition/menusante/menu/plat.html

 

L’un des éléments les plus importants pour les utilisateurs, c’est de savoir que la pérennité du projet est assurée par le Centre de santé communautaire de l’Estrie et que dans un avenir pas très lointain il y aura possibilité d’embaucher une animatrice dont le rôle sera de soutenir les familles pour améliorer leurs capacités à prendre soin de leur santé. L’autre volet intéressant, sera la mise en place permanente d’une cuisine communautaire pour apprendre à cuisiner les produits de la terre et ce avec la collaboration de nos diététistes qui ont participé à l’élaboration des recettes. « L’expérience pilote de cette année a été rendu possible avec la participation du programme enfant-gagnant de Centraide grâce à leur soutien nous avons acheté des cadeaux aux enfants et complété nos besoins en victuaille pour concocté de bons plats. » Les enfants ont fait des biscuits et ont aidés à la cuisine. Les participants ont pu tous ensemble faire des plats santés et à partir de ce premier essai, nous visons à créer une cuisine collective sur le même modèle que celles mises en place au Québec. 

 

Un autre effet  intéressant du projet est le lien de confiance que les participants ont créé avec le Centre de santé communautaire de l’Estrie à Cornwall. « Les gens sont de plus grand utilisateur de leur centre francophone, ils connaissent mieux nos services, et si dans l’avenir nous leur présentons un autre projet, ils vont être sûrement réceptif à ces nouvelles idées, ils vont s’impliquer et en parler dans leur réseaux » explique à nouveau Carole Leroux. Le réseautage avec d’autres organismes, écoles et partenaires que ce soit communautaire, culturel, ou d’activité physique et loisirs pour permettre aux francophone de socialiser entre eux est une autre piste à travailler, « si on fait des activités intéressantes, notre communauté va sûrement se porter mieux ». Travailler ensemble dans un projet stimulant, c’est gagnant et le jardin communautaire est une activité qui est abordable et qui génère une activité familiale intéressante.

En conclusion
Ce projet de jardin communautaire a permis à des  personnes de culture francophone d'entretenir des liens entre elles, partager leurs connaissances, apprendre de nouvelles choses dans les domaines du jardinage, des activités commerciales, de la dynamique de la vie, de la nutrition et des pratiques écologiques. Non seulement arrivent-ils maintenant à nourrir leur famille à bon prix, mais ils réussissent maintenant à avoir accès à une alimentation plus saine. http://www.goforgreen.ca/Jardinage/Fiches%20d'info/Fait6.htm
Le jardinage communautaire peut également améliorer la santé des gens en leur permettant de varier leur régime et d'augmenter la sécurité alimentaire. De nos jours, la population est de plus en plus consciente de la salubrité des aliments et un plus grand nombre de personnes s'informent sur la provenance et la production de la nourriture qu'elles consomment.
Carole Leroux coordonatrice du projet peut être rejointe à mailto:c.leroux@csestrie.on.ca