2ième anniversaire de FrancoQueer et 400 membres plus tard :une organisation en développement.

L'émergence de l'organisation Franco-Queer est notre seconde histoire à succès d'initiatives émanants de la communauté Franco-Ontarienne. 

 Bonne lecture,

Hélène Roussel

Éditrice Bloc-Notes

  

2ième anniversaire de FrancoQueer et 400 membres plus tard :
une organisation en développement.

Par :  Dominique Tremblay Consultant journaliste à la pige
Hélène Roussel,
Consultante en promotion de la santé
Nexus Santé

Cet article a été rendu possible grâce à la contribution financière du comité des services en français du Réseau des centres ontariens de ressources pour la promotion de la santé (Réseau CORPS)

« FrancoQueer a fêté dernièrement, son deuxième anniversaire.  Qui aurait pu dire aux 8 hommes gais qui ont commencé à penser cette association durant l’été de 2005 , que 24 mois plus tard, celle-ci obtiendrait plus de 150 000$ en subvention pour augmenter ses capacités organisationnelles, comptant plus de 400 membres dont environ 10% sont à l’étranger, que leur site Internet serait visité  plus de 40  000 fois par mois.  Personne! ».  Affirme Marcel Grimard vice-président de FrancoQueer

FrancoQueer est un organisme bénévole en émergence, sans but lucratif qui rassemble et représente les gais, les lesbiennes, bisexuels, transsexuels, trans-genres et queers (GLBTQ) d’expression  française en Ontario et surtout à Toronto.

« ‘Ça a débuté avec l’organisme Arc-en-ciel qui était sur sa fin. Il avait plus un but social, il n’y avait pas de sens, seulement des rencontres qui ne rejoignaient plus personne. Donc nous sommes partis de la base soit un moyen de rencontres en français et y avons ajouté des objectifs politiques et sociales. Lors de la première rencontre avec les 15 premières personnes, il y a eu beaucoup de discussions pour en venir au consensus d’avoir toujours deux grands buts; mobiliser notre clientèle par les rencontres sociales et ainsi définir leurs besoins en services. »

« Le recrutement des membres s’est fait selon le modèle de l’ACFO de Toronto soit avec une équipe de bénévoles qui recrutent les personnes potentielles intéressées, et ce, une personne à la fois. Avec des gens motivés, le nombre de membres est en croissance, en moins de six mois le nombre de courriels est passé à 300 noms. »

« En juillet 2007 à la Pride de Toronto, en deux jours FrancoQueer a recruté 75 personnes, les buts et missions de l’organisme sont rassembleurs. De plus, lors de cette fête FrancoQueer a amené les autres organismes francophones qui y participaient à ce regrouper(les kiosques s’avoisinaient) pour avoir une meilleure visibilité francophone et ainsi, augmenter notre impact de mobilisation. En 2008, nous étions 4 organismes francophones ensemble sur la même rue. L’effet était vraiment plus intéressant pour les festivaliers, et pour FrancoQueer, un autre 60 nouveaux membres ont adhéré à l’organisation » nous dit Marcel Grimard.

Les initiatives de financement
La première année d’opération fut très sobre au niveau des revenus.  Ils  ont été générés par les cocktails mensuels où une contribution volontaire de 5 $  était suggérée  et les gens y contribuèrent spontanément. La première année s’est terminée avec des revenus de 2 000$. À la deuxième année, les efforts de recrutement a fait doubler la cagnotte. Après deux années de succès de mobilisation auprès de leur clientèle cible, FrancoQueer reçoit une subvention de 150 000 $ présentée par le  Ministre George Smitherman lui-même,  pour un projet de promotion de la lutte au VIH/sida chez les GLBTT de la francophonie ontarienne.

Le recrutement difficile des femmes lesbiennes et bisexuelles
« Dans la culture des femmes lesbiennes et bisexuelles, la rencontre régulière au bar du quartier, n’est pas aussi importante que chez les hommes gais. Souvent les femmes lesbiennes et bisexuelles ont des enfants et les priorités sont différentes. Ces femmes aiment davantage des actions plus concertées comme le développement d’un programme en collaboration avec Oasis centre des femmes, sur la violence faite aux femmes lesbiennes et bisexuelles. Ce type de programme de sensibilisation, semble avoir ouvert un nouvel intérêt de leur coté. C’est un début encourageant », déclare Jean-Rock Boutin président de FrancoQueer.

Les priorités d’objectifs et d’actions
Les premiers objectifs sont de promouvoir les principes de la Charte canadienne des droits et libertés qui s’appliquent à la communauté GLBTT francophone, de faciliter leur intégration à la communauté francophone et de sensibiliser la communauté à la diversité sexuelle.

En ce qui attrait aux actions concrètes, FrancoQueer  prévoit offrir des services,  programmes et activités adaptés aux besoins de sa communauté. Il offre déjà des rencontres mensuelles, activités sociales et communautaires, des ateliers, conférences, des activités culturelles et autres activités d’intérêts spécifiques. Pour la communauté GLBTT la multiplication de ces activités créé des espaces de rassemblement, de socialisation et de rencontre en français dans un environnement ouvert et sécuritaire.

La croissance de FrancoQueer tient au fait que les bénévoles qui ont fondé cette association sont toujours impliqués et recrutent continuellement des nouveaux membres mois après mois. Ces bénévoles ont une double motivation à voir croître leur association. La première consiste à briser l’isolement des gais, lesbiennes, bisexuelles, transsexuel et transgenres (GLBTT) francophones qu’ils vivent dans la communauté anglophone ou francophone, et ce principalement à travers des activités sociales adaptées à la culture GLBTT. Une seconde source de motivation se situe dans le désir d’obtenir des services socio-communautaires et de santé qui répondent aux besoins spécifiques des GLBTT, en particulier les services reliés au « coming out », les services aux personnes vivant avec le VIH, des problèmes de toxicomanie et de santé mentale et les problèmes liés au vieillissement.

Ces motivations mobilisent des bénévoles dynamiques, expérimentés et très compétents pour réaliser les objectifs de l’association. Parmi eux, on y compte un comptable fiscaliste, des chercheurs universitaires, des spécialistes en services sociaux, des spécialistes du marketing et de levée de fonds, des spécialistes en haute technologie pour donner que quelques exemples.

Si l’engagement bénévole est la clé du succès de FrancoQueer, il n’en reste pas moins que cette association a compris l’importance des partenariats communautaires viables pour obtenir le support financier nécessaire afin de se doter des capacités organisationnelles pour remplir leur mandat. En moins de deux ans, l’association a signé trois partenariats formels avec des organismes francophones. Présentement il y a négociation de deux autres partenariats avec des organismes anglophones. De plus, FrancoQueer a revendiqué et obtenu l’établissement d’un groupe de travail francophone à la table de concertation provinciale pour la prévention du VIH chez les gais et les hommes bisexuels francophones.

« Mais les réels succès de FrancoQueer ont été de promouvoir la diversité de sa communauté et le sentiment de fierté d’être un GLBTT francophone, d’avoir organisé des événements offrant un lieu sécuritaire où tous les membres sont bienvenus peu importe leur âge, leur handicap, leur race, leur niveau de vie, leur groupe culturel. Comme ils aiment à se le raconter la vraie richesse d’une communauté est en sa capacité d’être solidaire face à l’adversité. » explique Marcel Grimard.

Un projet porteur
Pour les prochaines années, le développement de FrancoQueer passe par la santé physique et mentale de cette communauté, les maladies chroniques surtout le VIH/sida, à la mise en place de groupe de soutien et d’entraide, des ateliers de prévention et de sensibilisation et ultimement une maison de soins pour les malades en fin de vie.

Le VIH/sida un tueur toujours présent
« Pour la communauté le VIH/sida est un ennemi encore très présent, toujours prêt à attaquer quand on baisse la garde. La prévention est la meilleure arme pour lutter contre ce virus, et quand la personne est infectée, la première intervention est d’aider à lutter contre l’isolement. Les personnes vivant avec le VIH ou atteintes du sida ont de plus en plus besoin de ressources, de répit, de soutien, d’accompagnement et d’hébergement. Ces services favoriseront l’acquisition d’une certaine autonomie (apprendre à gérer la prise de médicament, à s’alimenter correctement, etc.), de manière à faciliter le retour à la vie active dans la communauté. Actuellement à Toronto, les différentes ressources qui aident les personnes aux prises avec cette problématique sont anglophones, pour la communauté francophone il devrait être possible d’avoir accès à des ressources spécialisées  pour  aider les personnes francophones vivant avec le VIH/sida. Notre projet est de créer une offre pour les GLBTT francophones. » Explique Jean-Rock Boutin président de FrancoQueer

Beaucoup de travail pour FrancoQueer : une organisation qui a une vision
« La discrimination et la stigmatisation compromettent les efforts de prévention et empêchent les intervenants de stabiliser la propagation de l'épidémie et d'offrir les traitements nécessaires. De plus, les personnes exposées à la discrimination ont moins de facilité à gérer leur état à cause du stress, de l'exclusion sociale et de la difficulté d'accès aux services de soins de santé en français. L’isolement, la peur de la discrimination compromettent l'adoption de mesures efficaces, elles doivent être accompagnées de gestes clairs pour prévenir la discrimination envers les personnes séropositives et celles qui sont à risque. » explique M. Marcel Grimard.

En plus de la lutte contre le VIH/sida, FrancoQueer avec ses deux employés permanents, va développer des ateliers d’éducation pour la sensibilisation sur l’homophobie, s’apprête à organiser un symposium sur la violence verbale et travaille actuellement sur une ébauche de projet concernant  l’homophobie en milieu scolaire. FrancoQueer développe aussi des partenariats avec des organismes francophones et anglophones offrant des services aux personnes LGBTT et ces ententes apportent une expertise de qualité pour que les francophones de cette communauté puissent recevoir les services dont ils ont droit.
 
Finalement, FrancoQueer est très engagé à la construction identitaire de la francophonie ontarienne et torontoise en multipliant les opportunités de vie en français avec une activité sociale et culturelle mensuelle dans le centre ville de Toronto.
 Pour plus d’information : www.francoqueer.ca,   www.actoronto.org, (en anglais) et http://www.sero-zero.qc.ca. .