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APPROCHES COMPLÉMENTAIRES & PARALLÈLES DE SANTÉ, SYSTÈME DE SANTÉ & PROM. DE LA SANTÉ : MÉNAGE À TROIS À L’HORIZON

Section: 

Par : Hélène Roussel
Consultante en promotion de la santé

Les études démontrent clairement que de plus en plus de canadiens choisissent les approches complémentaires de santé naturelle pour à la fois adresser leurs problèmes de santé et se garder en santé.  Cette situation pose un défi de taille à nos gouvernements.  Ce qui était jadis un comportement plutôt alternatif qu’adoptait les « hippies » des années 60’,  est devenu aujourd’hui un choix santé répandu.  Nous sommes à un point de non-retour; les Canadiens se comportent en consommateurs avertis dans touts les sphères de notre société et le secteur de la santé ne fait pas exception. Les Canadiens sont de plus en plus exposés à l’information médicale et de santé en général.  Ils sont informés et sont en mesure de faire des choix éclairés.  Ils exigent donc de leur système de santé, un service de qualité où ils pourront développer une relation avec le professionnel de la santé qui agira  avant-tout comme une personne ressource qui les guideront vers des choix santé adaptés à leurs réalités et leurs besoins spéciaux (déterminants de la santé).  Il ne suffit plus pour le médecin de famille de prescrire un médicament ou un traitement médical,  il doit maintenant répondre aux questions de ceux qui exigent des alternatives aux méthodes conventionnelles de traitement.  Ce qui met non seulement de la pression sur les professionnelles de la santé mais aussi sur nos gouvernements,  qui par la demande de plus en plus croissante se voit forcer de développer des stratégies de planning social dans ce secteur.

En novembre 2003,  le gouvernement du Canada a publié dans le bulletin « Recherche sur les politiques de santé » un numéro complet sur « les approches complémentaires et parallèles en santé…l’autre piste conventionnelle? »  Dans ce bulletin,  on tente de définir en quoi consistent les approches complémentaires et parallèles de santé et les produits de santé naturelle;  comprendre la place quelles peuvent prendre parmi les choix de soins de santé offerts à la population canadienne;  mieux comprendre le comportement des Canadiens face à ces alternatives santé; exposer le manque de données probantes sur l’efficacité de ces alternatives,  expliquer comment Santé Canada a pris en considération toutes les facettes de la problématique afin de développer le cadre réglementaire sur les produits de santé naturelle en vigueur depuis janvier 2004.  Finalement,  établir comment peut-on faciliter l’intégration des ACPS* et des PSN* au système de soins de santé conventionnels.

Dans un contexte où le système de santé telle qu’on le connaît doit être renouvelé;  où la pénurie de professionnels de la santé est criante; où le baby-boomer vieillissant est le plus grand consommateur d’ACPS et de PSN;  où les approches de la promotion de la santé sont appelées à prendre de plus en plus de place dans notre système de santé,  il semble à point de commencer à développer et mieux comprendre les modèles d’approches intégratives en soin de santé.

Malheureusement pour les impatients et inconditionnels des approches complémentaires de santé naturelle,  nous sommes encore au Canada qu’à un stage embryonnaire sur le sujet. Malgré l’ouverture des gouvernements,  le secteur de la santé naturelle demeure prudent.  On cherche à consolider les acquits et à s’assurer de la bonne volonté de ceux-ci.  Compréhensible,  compte tenu du pouvoir du lobby médical et la course aux charlatans dont le secteur a été victime depuis plusieurs décennies.  Selon Margaret Anne McHugh,  directrice générale de l’Association ontarienne des docteurs en naturopathie,  le secteur est en pleine évolution et les efforts de plaidoyer social en faveur de changements positifs et harmonieux sont compris par les palliers gouvernementaux.

Ceci dit,  il reste encore beaucoup de travail à accomplir avant d’en arrivée à un système de santé complètement intégré des approches médicales et des ACPS.  Les défis sont grands, preuve fiable de sécurité et d'efficacité des ACPS, accroître la capacité d'une recherche de qualité, éducation des praticiens, etc.  http://www.hc-sc.gc.ca/hppb/soinsdesante/pubs/perspectives/integrate.html#8

Sur ce dernier point,  Il aurait été encourageant de lire une section à cet effet dans le numéro du mois de mai du bulletin de « Recherche sur les politiques de santé » qui traite des « ressources humaines en santé : l’offre et la demande en équilibre »  On n’a complètement omis de mettre à l’avant plan l’utilisation des professionnels des ACPS.  Sur ce sujet, le bulletin parle toutefois de comment on devra surmonter les problèmes de permis d’exercice pour les médecins diplômés à l’étranger.  Il est vrai que plusieurs praticiens d’ACPS ne possèdent pas des titres et formations uniformes, réglementés pour assurer la sécurité des consommateurs.  Ce n’est toutefois pas le cas pour des professionnels comme les chiropraticiens et les naturopathes qui possèdent autant de scolarité qu’un médecin diplômé,  et qui sont gradués d’institutions post-secondaires privées reconnues par les palliers gouvernementaux canadiens.   Au Canada par exemple,  les médecins naturopathes obtiennent leur diplôme au Canadian College of Naturopathic Medecine (CCNM) qui offre une formation reconnue dans la science médicale fondamentale, notamment la pharmacologie et la pharmacognosie, le diagnostique, y compris dans le contexte clinique, les principes de la naturopathie et les traitements qui y sont associés. http://www.naturopathicassoc.ca/FrPage3.html .  Malgré cela, en pratique,  un médecin naturopathe voit sa capacité à établir un diagnostique réduite.  Une partie du problème réside en la réglementation 6.82 du «Ontario Laboratory & Specimen Centre  Licencing Act » qui stipule qu’un specimen humain peut-être accepté dans les laboratoires de la province que s’ils parviennent des M.D.,  les infirmières praticiennes,  les sages-femmes et autres professionnels de la santé,  dont les médecins naturopathes ne font pas partie. Cette situation légale rend l’intégration de la pratique de la naturopathie dans le système de santé,  à un niveau égal à un médecin de médecine conventionnelle plutôt difficile.  Plusieurs millions de canadiens se voient forcés de passer par un M.D. pour recevoir les tests et examens nécessaires afin que leur médecin naturopathe puisse établir un diagnostique légal.  Ce qui occasionne une pression sur notre système de santé,  qui ne fera qu’augmenter avec l’accroissement des consommateurs des ACPS.  Sans compter,  les millions de dollars perdus dans l’économie ontarienne en tests et examens envoyés par les médecins naturopathes dans les laboratoires des autres provinces canadiennes voir même des États-Unis,  là où la réglementation le permet.

C’est ici qu’un exemple des nombreux défis à surmonter dans cette complexe aventure du développement d’un modèle d’intégration systémique des ACPS et de la médecine conventionnelle.  C’est un dossier que cet article peut à peine effleurer.  Jusqu’à maintenant,  il y a eu démonstration de bonnes intentions dans ce processus de réflexion de part et d’autres des acteurs et partenaires concernés par le sujet.  Comme toutes autres réformes,  bientôt,  il faudra commencer à parler coûts. Seulement à ce moment,  saurons-nous,  si ces bonnes intentions se transformeront en action concrète pour le bien de la population. Il n’en tient qu’à nous, de continuer à réclamer notre droit à la diversité des services de santé. Il faut se souvenir, que cette grande saga est le fruit des graines semées dans les années soixante par un groupe de gens appelé « Hippies ».   Un autre bel exemple de l’efficacité du modèle de développement local (grassroot).  Sur ce,  je vous laisse avec une partie du document « Intégration de l'approche conventionnelle et des (ACPS) identifié les thèmes qui apparaissent dans la livraison des soins de santé : Vision d'une démarche »  tiré du rapport « PERSPECTIVES SUR LES APPROCHES COMPLÉMENTAIRES ET PARRALÈLES EN SANTÉ : RECUEIL DE TEXTES PRÉPARÉS À L'INTENTION DE SANTÉ CANADA”. ON  met en évidence ici 2 modèles d’intégration utilisés présentement  et le modèle idéale à adopter. HTTP://WWW.HC-SC.GC.CA/HPPB/SOINSDESANTE/PUBS/PERSPECTIVES/INDEX.HTML


Modèles d'intégration

Il convient de se pencher sur des questions éthiques, morales, conceptuelles et pragmatiques lorsqu'on envisage d'intégrer au niveau du système entier des modalités complémentaires et parallèles en santé. La méthode d'intégration constitue un facteur principal à considérer.

a. Cooptation

Aujourd'hui, par défaut, et généralement une fois que l'on a obtenu des preuves empiriques appuyant l'intervention, l'intégration se fait par cooptation :c'est un praticien de soins de santé conventionnels qui tout simplement fournit les pratiques complémentaires et parallèles en santé. Par exemple, les médecins sont remboursés lorsqu'ils traitent la douleur par l'acupuncture; les praticiens de la médecine chinoise traditionnelle, qui ont mis au point les techniques et la philosophie de l'acupuncture, ne le sont pas. Les physiothérapeutes sont couverts lorsqu'ils prodiguent des massages, mais les massothérapeutes ne le sont pas. Les médecins, qui ont peu ou pas de formation en psychothérapie, gestion du stress, counselling en mariage, etc., sont souvent remboursés lorsqu'ils fournissent des services nés de la psychologie, mais en même temps, la psychologie n'est pas remboursée par le système de soins de santé actuel.

Même si la cooptation est l'option appliquée facilement et par défaut, elle est difficile à défendre sur les plans de la morale et de l'éthique. Du côté conceptuel et pragmatique, elle peut aussi se révéler dangereuse, parce que chaque système s'accompagne d'une philosophie et de connaissances diversifiées et souvent compliquées au sujet de la santé et de la maladie, qui situent la technique ou le produit de l'intervention dans un contexte très différent. Par exemple, une cérémonie autochtone se déroulant dans une suerie (cabane à suer) est beaucoup plus qu'une séance de sauna, tout comme on ne prescrit pas une préparation homéopathique en vérifiant tout simplement un tableau de correspondance. Les dimensions multiples des interventions, y compris les aspects spirituels, sociaux, affectifs et psychologiques, ont tous un impact mesurable de façon empirique, même s'il est peu compris, sur la qualité et la durée de vie. La cooptation d'une approche ou d'une intervention, si elle ne s'accompagne pas de son contexte naturel, peut réduire de façon dramatique l'effet escompté. La cooptation pourrait aussi étouffer l'évolution et l'acquisition de connaissances d'un système parallèle en santé qui pourrait en fin de compte se révéler plus solide et plus efficace que le système médical conventionnel actuel qui se limite à une philosophie de réductionnisme biologique.

b. Coexistence

Lorsque la cooptation n'est pas possible, en particulier quand il s'agit de systèmes complets de professions complémentaires réglementées, telles que la naturopathie ou la chiropractie, on est passé par défaut à une coexistence difficile. Dans cette option, on maintient la distinction entre approche conventionnelle et approches complémentaires et parallèles et on met l'emphase à savoir s'il faut maintenir la communication et la collaboration entre les praticiens des deux grands courants, et si oui, de quelle façon (par exemple, réorientation, communication interprofessionnelle, etc.). L'isolement et la méfiance interprofessionnels, l'étouffement des échanges d'informations et la tension que cela occasionne entre le praticien et le consommateur qui utilise les deux systèmes font également de la coexistence une méthode d'intégration peu désirable.

c. Intégration systémique

L'intégration systémique concerne l'intégration à l'échelle de tout le système. L'intégration systémique reconnaît les différents niveaux du système de soins de santé, depuis le consommateur jusqu'aux décideurs, et cherche activement à faciliter l'intégration au sein de ces niveaux et entre eux en fonction de processus explicites et rationnels. Il s'agit d'une réponse coordonnée et visionnaire venue du haut à l'égard des pressions venues du bas que subit le système de soins de santé. L'intégration systémique fait la synthèse des preuves empiriques, de la compréhension clinique et du savoir théorique pour arriver à un système de soins de santé intégré qui met en rapport les besoins des consommateurs et des praticiens avec la responsabilité à long terme qui existe envers la société dans son ensemble. Elle reconnaît l'efficience financière et l'avantage humanitaire inhérents à la promotion de la santé et à la prévention de la maladie et étend le domaine des soins de santé qui dépassent les soins apportés à un corps malade pour inclure la promotion et le maintien du bien-être ainsi que la guérison du corps, de l'esprit, du cœur et de l'âme. L'intégration systémique reconnaît l'interdépendance des éléments du système de santé, le rôle et la contribution uniques de chaque niveau en interaction avec les niveaux adjacents en vue de l'intégration des soins de santé.

Vers une intégration systémique

Il existe clairement un besoin d'arriver à une intégration systémique du système de soins de santé au lieu de s'en tenir à la cooptation ou la coexistence. Cette intégration doit se baser sur la logique et la vision plutôt que sur l'évolution quelque peu chaotique actuelle. Dans cette section, nous offrons quelques pistes pour l'intégration à chacun des différents niveaux de soins de santé. Il n'est pas possible dans le cadre du présent document ou même d'un seul document, d'offrir un aperçu complet; voici simplement des suggestions et des axes préliminaires….suite de ce texte sur ce lien. http://www.hc-sc.gc.ca/hppb/soinsdesante/pubs/perspectives/combine.html#8

Pour plus d’information à ce sujet :

http://www.hc-sc.gc.ca/hppb/soinsdesante/pubs/perspectives/integrate.html
http://www.hc-sc.gc.ca/pphb-dgspsp/publicat/cdic-mcc/24-2/e_f.html

*Approches complémentaires et parallèle de santé
*Produits de santé naturelle

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