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LA GESTION PARTICIPATIVE : CLÉ DU SUCCÈS DES ORGANISATIONS DU 21IÈME SIÈCLE

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Par : Hélène Roussel,  consultante en promotion de la santé,
Centre ontarien d’information en prévention

Les changements dont on fait face aujourd’hui dans le monde,  tant au niveau économique que dans le secteur de la santé,  façonneront notre monde de demain.  Nous vivons une période où les événements se déroulent à une rapidité vertigineuse, ce qui créer un sentiment d’insécurité à l’échelle planétaire.  

La connaissance,  le savoir-faire ainsi que le capital intellectuel et humain sera au 21ième siècle ce que la terre et les matières premières étaient au 20ième siècle.  Le monde globalisé  engendrera des opportunités et des défis où il ne sera plus possible de faire les choses correctement.  Il faudra maintenant les faire superbement et ce de manière créatrice, novatrice dans un esprit de collaboration et de coopération.  Au cours de ce dernier  siècle, (avant les années 60)   nous avons été appelés à penser en « dedans de la boîte » si je peux m’exprimer ainsi,  nous fonctionnions au sein de structures très hiérarchiques et établies;  par la suite nous avons commencé à « penser en dehors de la boîte » nous avons ainsi stimulé la créativité, l’innovation; nous nous sommes  ré-inventés des règles sociétales qui nous ont permis d’évoluer dans des structures beaucoup plus souple. Depuis plus de 40 ans maintenant, le mouvement féminisme,  l’implantation de la technologie,  l’internet, l’éclatement de la famille nucléaire,  la dégradation de nos ressources naturelles sont parmi de nombreux changements sociaux qui nous prépare à évoluer et être de mieux en mieux outiller pour affronter le phénomène de la globalisation.  Depuis le début des temps, la grande leçon de l’expérience humaine est la maîtrise de la collaboration harmonieuse entre les peuples. Que l’on le veuille ou non la globalisation nous demandera maintenant de penser « sans boîte » .  Elle nous forcera à continuer de repenser nos organisations et leurs structures. Nous devrons créer un monde dans lequel la vision intégrée au sein de réseaux,  la collaboration multidisciplinaire et  intersectorielle sera plus importante que les pays, les frontières et la concurrence. Nous prenons conscience de plus en plus comment chacun d’entre nous est inter-relié,  nous comprenons que nos actions quotidiennes ont un impact global,  et nous sommes de plus en plus appelé à penser globalement tout en agissant localement. Nous avons qu’à regarder comment l’arrivée d’un virus comme le SRAS nous force à travailler sans la notion de frontière.

 Les mots fourre tout à surveiller au début du 21ième  siècle seront sans aucun doute « résilience, capacité d’adaptation, développement soutenable,  réduire les inégalités ». À ce sujet, lors de la dernière conférence internationale en promotion de la santé,  à Melbourne en Australie, on a parlé des inégalités en santé en ces termes : «  Les inégalités en santé ne sont pas inévitables.  Ils existent parce certaines personnes prennent des décisions qui affectent la vie et la santé des autres. » Si le 21ième siècle sera celui de la connaissance,  il devra être aussi celui de la promotion de la santé; la qualité des connaissances et des compétences disponibles seront directement liés au niveau de santé des populations.  Certaines entreprises et organisations visionnaires l’ont déjà bien compris;  non seulement en développant des programmes de santé et sécurité au travail mais en intégrant les principes sains de la gestion participative,  qui en soit peuvent améliorer l’expérience même du travail.

La gestion participative demande en premier lieu que l’on s’attarde à «instaurer plus de souplesse et de dynamisme au sein de l’organisation,  ce qui oblige à réduire le nombre des niveaux verticaux de prise de décisions,… l'exercice de l'autorité est partagé entre tous (ce qui permet à chacun de participer), le travail se fait par consensus et la mise en oeuvre des processus est confiée à des équipes multidisciplinaires. »
Pour y arrivée,  on doit instaurer des valeurs de prises de pouvoir,  d’engagement ,  de collaboration dans un esprit non-compétitif ainsi que partage de la connaissance et de l’information.

L'organisation du XXIe siècle se profilera autour de trois grands axes:

  • Forte implication du personnel dans son travail, ce qui suppose de constituer des groupes de travail autogérés, habilités à gérer les ressources dont ils ont besoin et à mettre au point leurs propres méthodes de travail pour atteindre leurs objectifs.

Il a été établi que ce mécanisme participatif permet d'améliorer la productivité et la qualité du travail des groupes, à la grande satisfaction de ceux-ci (innovation).

  • Priorité donnée non plus à la gestion de départements fonctionnels, mais à la gestion de projets. C'est-à-dire, organiser la gestion de l'organisation par processus, en faisant appel à des équipes multidisciplinaires composées de membres du personnel issus de différents services et niveaux hiérarchiques de l'organisation.
  • Diffusion immédiate de l'information à toute personne de l'organisation. L'évolution des technologies de l'information permet de diffuser des connaissances, d'assigner des tâches et de communiquer des résultats pratiquement en tout point de l'organisation. La clé du succès consiste à rassembler ces éléments d'information sous une forme cohérente selon un modèle pratique (Système d'information de gestion - SIG).

Gestion fondée sur des valeurs

L’organisation du futur sera celle où les valeurs qui guideront les actions seront définit collectivement.  Il s’agira ici de non seulement proclamer nos valeurs,  mais aussi de les adopter au niveau personnel afin qu’elles puissent s’intérioriser et que l’on puisse les vivres pleinement en action et en pensée.  Ce sont les personnes qui sont mise en valeurs dans la gestion participative.  Les politiques ne sont que des outils pour supporter le travail des personnes et non pas une fin en soi.  Comment de fois as-t-on vu,  ces situations insensées où le règlement nous empêche d’appliquer les solutions véritables à un problème? Dans la gestion participative,  on est appelé à trouver des solutions innovatrices et ce dans un contexte flexible et souple.

Le travail d’équipe

La gestion participative repose d’abord et avant tout sur le travail d’équipe auto-gérer qui définissent eux-mêmes les objectifs,  les ressources nécessaires et les méthodes utilisées afin d’arrivée à un résultat innovateur.

Travailler en équipe dans une organisation très hiérarchisée demande cependant de plus grands efforts de concertation.  Ainsi, si l’on veut que la collaboration soit efficace,  il est capital que les membres de l’équipe et les cadres supérieurs de l’organisation

  • Respect des personnes. Chacun des membres de l'équipe a été choisi pour la contribution qu'il peut apporter à la réalisation des objectifs fixés. Par conséquent, son niveau et son grade professionnel importent peu; il mérite le respect et doit lui-même respecter les autres membres de l'équipe.
  • Confiance dans les capacités des membres de l'équipe. Il faut être confiant dans les capacités de chacun des membres ainsi que dans ce qu'ils pourront apporter et dans leur capacité à tenir leurs engagements.
  • Partage des aptitudes et des connaissances. En raison du caractère multidisciplinaire de l'équipe, chacun des membres de celle-ci doit transmettre ses propres connaissances et aptitudes aux autres membres, et doit acquérir au contact des autres membres les aptitudes et les connaissances qui lui manquent.
  • Participation active. L'équipe doit créer une dynamique de groupe qui permette à chacun de ses membres de participer activement aux travaux. Tout membre d'une équipe qui ne participe pas est de trop. On n'a pas besoin de lui.
  • Chacun doit se sentir solidaire de l'équipe et être conscient que celle-ci compte sur lui. Chaque membre de l'équipe doit prendre conscience que le succès ou l'échec ne dépend pas seulement de lui, mais dépend de l'ensemble des membres et de chacun d'entre eux. D'où la nécessité d'apprendre à faire confiance aux autres.
  • Chacun doit veiller à faire sa part du travail. Si le succès ou l'échec dépend de chacun des membres de l'équipe, il incombe à chacun de veiller à faire sa part du travail sans compromettre la performance de l'équipe.
  • Nécessité d'un animateur apte à diriger les travaux. Toute équipe, quel que soit son degré d'autogestion, a besoin d'un animateur capable d'assurer la conduite des travaux, qui sache concilier les différents principes susmentionnés et qui assure la liaison entre l'équipe et les instances dirigeantes de l’organisation.

L’idéal serait que le gestionnaire soit aussi un leader

L’organisation du 21ième siècle demandera de ses membres et gestionnaires des qualités de leaders.  Il faudra faire la différence entre la gestion et l’aptitude à diriger.  

La gestion est basée sur l’autorité à diriger le personnel qui travaille sous sa responsabilité. Ce qui implique un devoir d’obéissance de ceux sous la supervision du gestionnaire. L'aptitude à diriger repose sur la capacité d’un leader peu importe où il se situe dans la hiérarchie de faire participer les autres en contribuant à leur bien-être,  en leur offrant les outils et l’environnement nécessaires pour bien performer (formation,  technologie, harmonie,  respect etc.) et contribuer de façon active à un projet.  Elle est intimement liée au niveau d’intelligence émotionnel du leader, à son talent de mobilisateur et à sa capacité de motiver les membres d’une équipe à entreprendre des tâches ou projets de leur propre initiative sans aucune notion d’autorité. La gestion est la façon dont on va mener à bien un processus organisationnel au niveau de la planification, le développement de programme,  la mise en œuvre et l’évaluation. L’aptitude à diriger se concrétise davantage dans la capacité à créer l’environnement interpersonnelle propice à la collaboration dans le but d’atteindre certains objectifs.  Son application consiste à :

  • S'écarter des processus habituels, ce qui implique de chercher des chances à saisir, d'innover, de prendre des risques et de tirer des enseignements de ses erreurs. Etre apte à diriger, c'est être ouvert au changement et s'écarter des modèles établis.
  • Inspirer une vision et la partager, ce qui suppose d'avoir une vision de l'avenir et d'amener les autres à partager cette vision. Etre apte à diriger c'est transmettre un état d'esprit en faisant des émules.
  • Permettre aux autres d'agir, en renforçant la collaboration et la confiance. C'est donner envie au personnel de développer ses propres capacités pour mieux faire son travail.
  • Paver le chemin, c'est-à-dire planifier de petites victoires, concentrer l'attention et les énergies du personnel sur les résultats à long terme et anticiper les effets que pourront produire les changements apportés dans le cadre de l'organisation.
  • Être attentif à tout ce qui se passe dans le cadre de l'organisation. Préparer celle-ci à surmonter les difficultés qui l'attendent.
  • Définir des objectifs. Contribuer à la création d'une culture organisationnelle appropriée.
  • Stimuler l'esprit et le coeur en reconnaissant les réalisations de chacun et de l'équipe et en les faisant connaître.  

 La gestion participative demande de tous les membres d’une organisation une motivation à créer une culture organisationnelle de changement,  où celle-ci devient une alliée dans le but d’atteindre un niveau d’innovation supérieur.  Elle demande aussi que tout les membres de l’organisation soit en mesure de partager généreusement leurs connaissances et leurs compétences afin que tous acquièrent une compréhension plus globale des enjeux de l’organisation.  Elle suppose que chacun face un effort d’intégration où les gestionnaires s’engagent à créer un climat sécuritaire où les emplois ne sont  pas en jeu,  et les employés s’engagent à participer activement et de façon responsable.

À la lumière des défis qui nous attend à l’aube du 21ième siècle, Il est de plus en plus clair, que nos institutions,  organisations et entreprises devront apprendre à collaborer harmonieusement dans un esprit de partage et d’égalité.  Dans un contexte où ceux qui possèdent la connaissance vieillissent de plus en plus et où les jeunes qui arrivent à bord sont de plus en plus scolarisés,    attirés une ressource humaine compétente et innovatrice ne sera pas chose facile pour l’organisation qui s’entête à conserver une hiérarchie bien définie et un style de gestion autoritaire.  Cette organisation sera vite dépassé par les événements et la créativité de ses concurrents.

Source :

Gestion participative,  travail en équipe et aptitude à diriger, conditions indispensables du succès des entreprise du 21ième siècle,  Jaime Herrera,  Expert en DRH et développement des entreprises, San José, Costa Rica,  octobre 2001

Pour de plus amples information sur la gestion participative voici quelques liens intéressants:

http://www.scn.org/ip/cds/gcad/modules/pm-inf.htm

http://www.scn.org/ip/cds/gcad/modules/pm-pmf.htm

http://www.entrepreneurship.qc.ca/fr/accueil/fiche_produit.asp?id_produit=44

http://listes.cdeacf.ca/mhonarc/netfemmes/msg01413.html

http://www.csdm.qc.ca/cee/ceici/primaire/gregoire.pdf

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