Enquête sur la participation et les limitations d'activités

Enquête sur la participation et les limitations d'activités

le 13 décembre 2007

Selon un nouveau rapport, un nombre estimatif de 4,4 millions de Canadiens (un Canadien sur sept) ont indiqué avoir une incapacité en 2006, en hausse de plus de trois quarts de million de personnes en cinq ans.

Le rapport est fondé sur les données de l'Enquête sur la participation et les limitations d'activités (EPLA). Les données montrent que le nombre de personnes ayant indiqué avoir une incapacité a augmenté de 21,2 % par rapport à 3,6 millions de personnes en 2001, soit l'année la plus récente au cours de laquelle l'enquête a été menée.

En 2001, 12,4 % de la population ont indiqué avoir une incapacité. En 2006, ce taux avait crû pour atteindre 14,3 %.

Le rapport laisse entendre que le vieillissement de la population est un des facteurs à l'origine de la hausse, quoiqu'il joue seulement un rôle partiel. La plus grande acceptation sociale quant à la déclaration des incapacités peut avoir été un des autres facteurs.

Les répondants ont eux-mêmes indiqué leurs incapacités aux intervieweurs. Le rapport suggère que la perception de l'incapacité a changé de façon considérable à mesure que la société a évolué, et que les répondants sont probablement davantage disposés à en faire rapport.

Les troubles d'apprentissage ont considérablement augmenté entre 2001 et 2006, tant pour les enfants que pour les adultes. Les adultes sont touchés principalement par les problèmes liés à la douleur, à la mobilité et à l'agilité. Près de 3 millions d'adultes âgés de 15 ans et plus (soit 11 % de ce groupe d'âge) ont indiqué une de ces limitations.

En ce qui concerne les Canadiens en âge de travailler (de 15 à 64 ans), la douleur est la forme d'incapacité la plus commune, suivie de près par les limitations de la mobilité ou de l'agilité. En ce qui concerne les personnes âgées de 65 ans et plus, les limitations de la mobilité constituaient l'incapacité la plus commune.

Un peu plus du tiers des adultes (35,4 %) ont déclaré avoir des incapacités légères, environ un quart (24,8 %), des incapacités modérées, et 39,8 %, des incapacités variant entre des incapacités sévères et très sévères. Ces proportions sont approximativement les mêmes parmi les enfants d'âge scolaire de 5 à 14 ans.

La population vieillit, mais le vieillissement n'est pas le seul facteur à l'origine du taux d'incapacité

Le vieillissement de la population est l'un des facteurs qui ont contribué à la hausse du taux d'incapacité depuis 2001. Il n'explique toutefois pas la totalité de la hausse.

Entre 2001 et 2006, l'âge médian de la population est passé de 37,0 ans à 38,3 ans. L'âge médian est l'âge que dépasse la moitié de la population et que l'autre moitié de la population n'a pas encore atteint.

Pour contrôler l'incidence du vieillissement de la population sur les taux d'incapacité, des comparaisons ont été effectuées au fil du temps à l'aide du «taux d'incapacité normalisé selon l'âge». Ce taux supprime l'incidence des différences liées à la structure par âge des populations au sein des régions et au fil du temps.

Si la population n'avait pas vieilli entre 2001 et 2006, le taux d'incapacité noté en 2006 aurait été de 13,5 % au lieu de 14,3 %. Ainsi, au cours de cette période, environ 40 % de la hausse du taux d'incapacité s'expliquerait par le vieillissement de la population.

Toutefois, les taux d'incapacité ont augmenté pour pratiquement tous les groupes d'âge. Cela laisse entendre qu'un changement des profils d'incapacité, des pratiques de déclaration ou d'une combinaison des deux peut entrer en jeu.

Au cours de la période de cinq ans, la sévérité des incapacités des adultes âgés de 15 ans et plus s'est accrue de façon progressive. La hausse la plus importante (+26,6 %) concerne le nombre de personnes ayant indiqué avoir des incapacités légères. La hausse la plus faible (+16,4 %) concerne le nombre de personnes ayant déclaré avoir des incapacités très sévères.

Adultes : Des hausses particulièrement importantes en ce qui concerne les troubles d'apprentissage

Entre 2001 et 2006, le taux d'incapacité des adultes âgés de 15 ans et plus a augmenté, passant de 14,6 % à 16,5 %. Les taux ont crû pour tous les types d'incapacité, à l'exception de la déficience développementale.

La hausse est particulièrement importante en ce qui concerne les troubles d'apprentissage. Le nombre de Canadiens de 15 ans et plus ayant des troubles d'apprentissage s'est accru de près de 40 % pour atteindre un nombre estimatif de 631 000 personnes en 2006.

Les adultes sont touchés principalement par des problèmes liés à la douleur, à la mobilité et à l'agilité. Près de 3 millions de personnes âgées de 15 ans et plus ont mentionné avoir une de ces limitations.

On estime que 1 265 000 adultes (soit 5,0 % des adultes) ont déclaré avoir une incapacité auditive. Près de 815 000 adultes (3,2 %) ont indiqué avoir des incapacités visuelles, alors qu'environ 480 000 adultes (1,9 %) ont mentionné avoir un trouble de la parole.

Les taux d'incapacité augmentent dans l'ensemble des provinces

Les taux d'incapacité se situent entre un creux de 10,4 % au Québec et un sommet de 20,0 % en Nouvelle-Écosse. Parmi les autres provinces, celles de l'Est ont en moyenne enregistré des taux d'incapacité plus élevés que ceux des provinces de l'Ouest. L'Ontario a enregistré un taux d'incapacité (15,5 %) légèrement supérieur au taux national.

Entre 2001 et 2006, les taux d'incapacité ont crû dans toutes les provinces. Le vieillissement de la population permet davantage d'expliquer les hausses des provinces de l'Atlantique, car leurs populations sont parmi les plus âgées du Canada.

En 2006, l'EPLA a été menée pour la première fois dans les trois territoires du Canada. Le Yukon a enregistré le taux d'incapacité le plus élevé (13,5 %), suivi des Territoires du Nord-Ouest (8,6 %) et du Nunavut (6,4 %).

Source :  Statistique Canada