Les Canadiens comprennent encore trop peu certains déterminants de la santé
Les Canadiens comprennent encore trop peu certains déterminants de la santé
Par Lia Lévesque
Nouvelles de © La Presse Canadienne, 2008.
Le 3 avril 2008
MONTRÉAL - Les gouvernements et les médias n'ont pas réussi à faire comprendre aux Canadiens l'importance des déterminants pour la santé qui ne sont pas médicaux, comme le revenu, l'éducation et le soutien social.
C'est une des constatations que fait un sous-comité du Sénat sur la santé des populations, qui vient de publier deux rapports traitant de cette question.
On y note que le public connaît bien les effets sur la santé qu'ont certaines habitudes de vie comme l'alimentation, le tabagisme et l'exercice physique. Toutefois, seulement un Canadien sur trois est conscient de l'existence d'un lien entre la santé et des déterminants qui ne sont pas médicaux, comme le revenu, le logement ou le niveau d'instruction.
Pourtant, « de tous les déterminants de la santé, ce sont les conditions socioéconomiques qui influent le plus sur la santé », écrivent les auteurs du rapport du comité, présidé par le sénateur Wilbert Keon.
Selon certaines études rapportées par le sous-comité, la santé de la population dépendrait à 15 % de facteurs biologiques et génétiques, à 10 % de l'environnement physique, à 25 % de l'effet réparateur du système de santé et à 50 % des conditions socioéconomiques.
Pourtant, « la connaissance et la compréhension des déterminants de la santé demeurent encore extrêmement déficientes », écrit-on dans le rapport.
Le sous-comité sénatorial, qui n'en est pas encore rendu à ses recommandations, prône cependant déjà clairement que les gouvernements adoptent des politiques axées sur la santé de la population dans sa définition la plus large.
Le Québec est d'ailleurs cité en exemple parce qu'il est la seule province qui a voté une loi rendant obligatoire l'analyse, par les ministères et les organismes gouvernementaux, des répercussions des projets de loi et des règlements sur la santé.
Le sous-comité estime qu'il s'agit là d'un « premier pas vers l'élaboration d'une politique sur la santé de la population » qui est intéressant.
« Le Canada n'a pas de plan national pour améliorer la santé en général de la population et réduire les disparités en matière de santé », déplore le sous-comité, qui parle de réorienter la politique du gouvernement.
Pourtant, l'on sait par exemple qu'en 2005, 15 % des Canadiens vivaient dans la pauvreté et que les inégalités de revenu allaient en s'accentuant. Les riches vivent en général plus longtemps que les pauvres et ont moins tendance à souffrir de maladies chroniques, d'obésité et de détresse psychologique, rappelle le sous-comité.
De même, un enfant sur cinq a un poids insuffisant à la naissance, ce qui accroît les risques qu'il éprouve des problèmes de santé plus tard.
« Il est difficile de savoir quelles sont au juste les dépenses du Canada au titre de la recherche sur la santé de la population. Le sous-comité s'est toutefois fait dire que le financement actuel n'est pas à la mesure du fardeau que représentent les disparités actuelles en matière de santé. » Le sous-comité souligne d'ailleurs que davantage de recherche est nécessaire dans ce domaine des déterminants de la santé.
Le rapport final du sous-comité devrait être déposé au sénat en décembre prochain.
