L’immigration en région : un défi à relever et des opportunités à saisir
Régionalisation
L’immigration en région : un défi à relever et des opportunités à saisir
Article publié dans le bulletin FOCUS vol.1, numéro 1 – Hiver 2008 - Reproduit avec la permission des auteurs
Selon les données du recensement de 2001 émises par Statistiques Canada, 80 p. 100 des immigrants d’expression française qui choisissent de s’installer à l’extérieur du Québec optent pour Toronto et Vancouver. C’est pour tenter de remédier à cette situation
que l’un des cinq objectifs du Cadre stratégique favorisant l’immigration au sein des communautés francophones vise une répartition plus équilibrée des immigrants francophones à l’extérieur de Toronto et Vancouver.
Mais comment les communautés francophones de Sudbury, Ottawa, London, Windsor et Hamilton peuvent-elles attirer, intégrer et retenir des immigrants d’expression française, dans des contextes où l’économie est ralentie ou en pleine mutation et qu’on observe, dans certains cas, une diminution de la population?
Il existe certaines pistes de solutions à cette question, dont celles élaborées dans le rapport de l’étude de Ronald Bisson et associées de mars 2004 intitulée : Établissement d’un guichet unique pour l’accueil des personnes immigrantes et réfugiées de langue française à Sudbury. Cette firme avait réalisé une étude similaire l’année précédente pour la région de London-Sarnia.
Ces études indiquent qu’il ne faut pas s’attendre à l’arrivée en masse d’immigrants francophones à l’extérieur de Toronto et d’Ottawa, particulièrement dans les régions éloignées. Entre 1991 et 2001, par exemple, Sudbury n’a accueilli en moyenne qu’une dizaine de nouveaux arrivants par année. Dans la région de London- Sarnia, on parle de 50 à 80 immigrants par année au cours de la même période. Cependant, concluent les études, la mise en oeuvre de stratégies bien articulées pourrait nettement améliorer ce portrait. Le cas échéant, il serait réaliste de viser chaque année l’établissement de 50 à 100 nouvelles familles immigrantes francophones à London-Sarnia et jusqu’à 300 familles à Sudbury au cours des 10 prochaines années.
La mise en place de réseaux
Pour atteindre ces résultats et attirer des immigrants francophones dans les communautés francophones de l’Ontario, le Plan stratégique favorisant l’immigration au sein des communautés francophones privilégie, parmi ses priorités, la mise en place et l’appui de réseaux locaux. Il s’agit de constituer un réseau de champions servant plutôt de support à la mise en oeuvre du Plan stratégique à l’échelle locale et régionale.
Leurs fonctions principales : communiquer ce qui se fait et ce qui se passe sur le terrain, analyser les besoins et suggérer des projets concrets au Ministère. Pour ce faire, ils doivent agir comme des voies de transmission et faciliter la concertation entre les organismes engagés dans le dossier de l’immigration francophone en situation minoritaire.
Au printemps dernier, des appels d’offres ont été lancés par Citoyenneté et Immigration Canada –Région de l’Ontario pour la mise sur pied de trois réseaux : le Réseau de l’Est, le Réseau du Centre-Sud-Ouest et le Réseau du Nord. Deux des réseaux sont déjà constitués : celui du Centre/Sud-Ouest, qui est sous la responsabilité du Centre de santé Hamilton-Niagara et celui de l’Est, dont le Conseil économique et social d’Ottawa-Carleton (CESOC) assume la coordination. L’organisme Contact interculturel francophone de Sudbury, avec l’appui du Collège Boréal, a récemment été choisi pour mettre sur pied celui du Nord. La régionalisation de l’immigration à l’extérieur de Toronto présente des défis pour les communautés francophones établies à Sudbury, London, Windsor, Hamilton et Ottawa. Mais la nécessité pour les collectivités francophones de procéder à cette régionalisation et les opportunités à saisir sont reconnues. Il importe de multiplier les démarches pour accroître le nombre d’immigrants d’expression française dans les villes ciblées.
Le démarrage est amorcé
Le Réseau de l’Est de concertation avec les intervenants locaux, en est à préciser son rôle et ses priorités pour la prochaine année. Pour ce faire, il a organisé un Forum réunissant une quarantaine d’organismes à Ottawa les 2 et 3 mai derniers. Saint-Phard Désir occupe le poste de coordonnateur du réseau.
Le Réseau du Centre-Sud-Ouest s’applique à faire une reconnaissance du
terrain en rencontrant les organismes qui oeuvrent dans le domaine de l’immigration.
Alain Dobi, le coordonnateur, a organisé des forums communautaires qui ont permis
de réunir dans un même lieu les principaux intervenants.
Le Réseau du Nord, en est à la phase initiale du déblaiement et a récemment embauché une coordonnatrice, Hélène Kouadio.
Il revient aux communautés francophones qui veulent miser sur l’immigration
de s’identifier elles-mêmes et d’établir les partenariats et les collaborations
nécessaires. Les chances de succès sont meilleures lorsqu’un regroupement
d’organismes s’investit dans la démarche et crée, en quelque sorte, un
catalyseur d’intégration pour les immigrants d’expression française. Plusieurs
organismes peuvent jouer un rôle de chef de file dans un tel regroupement.1
1 Tiré du Plan stratégique pour favoriser l’immigration au sein des communautés francophones en situation minoritaire , 2006
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