Les organismes communautaires du Québec créent un régime de retraite novateur

LES ORGANISMES
COMMUNAUTAIRES DU
QUÉBEC CRÉENT UN RÉGIME
DE RETRAITE NOVATEUR
Itinérance, pauvreté, faim — quel que soit le problème vécu
par les membres de la collectivité qui sont dans le besoin, les
organisations bénévoles et communautaires sont fières de
travailler ensemble, depuis longtemps, pour aider ces personnes.
Et voici que les organisations du Québec deviennent elles-mêmes
les bénéficiaires de leurs efforts : elles travaillent ensemble
pour instaurer un régime de retraite tout à fait unique afin
qu’au moment de leur retraite leurs propres employés
échappent à l’itinérance, à la pauvreté et à la faim.
Depuis 2004, le Centre de formation populaire (CFP) et
l’organisme Relais-femmes ont travaillé ensemble, avec le
soutien de plusieurs intervenants, afin d’étudier la possibilité
de créer pour le secteur un régime de retraite qui soit viable et
durable. L’instauration d’un régime de retraite nécessite à tout
le moins des efforts considérables, et le défi semble encore
plus grand lorsqu’on considère l’histoire du secteur, ses bas
salaires, le manque d’emplois permanents et les capacités
organisationnelles limitées.
Après un vaste processus de consultation touchant près de
5000 organisations communautaires et une analyse approfondie
des options possibles, le comité responsable du projet, avec
l’aide des gestionnaires du régime de retraite de l’Université du
Québec à Montréal, a créé un régime de retraite interentreprises
tout à fait novateur pour les quelque 115 000 femmes et hommes
qui travaillent au Québec au sein des 14 000 organisations
communautaires et entreprises d’économie sociale.

Le régime en un coup d’oeil
Comme toutes les options offertes pour la planification financière
en vue de la retraite, ce régime de retraite vise à compléter les
revenus limités provenant du Régime de pensions du Canada
et du Régime de rentes du Québec, du Programme de sécurité
de la vieillesse et du Supplément de revenu garanti. Ce régime
offre cependant aux employeurs et aux employés des avantages
uniques qui ne se retrouvent peut-être pas dans d’autres
instruments d’investissement — par exemple les régimes
d’épargne-retraite individuels ou collectifs —, notamment :
• Des prestations déterminées
Contrairement à la majorité des régimes de retraite qui sont
basés sur des cotisations déterminées, ce régime est conçu
pour assurer un certain revenu au moment de la retraite.
• L’accessibilité pour les employés
Le niveau de cotisation peut varier de 2 à 18 % du salaire
d’un employé et, selon les organisations, le régime peut
être offert aux employés temporaires et à temps partiel.
Peu d’organisations communautaires québécoises
sont en mesure d’offrir à leur personnel la
possibilité de participer à un REER collectif (9 %)
ou à un régime de retraite (moins de 1 %).
• Une personne « type » occupant un emploi
rémunéré gagne 15,47 $ de l’heure et travaille
près de 30 heures par semaine.
• 40 % des travailleuses et travailleurs ont entre
35 et 49 ans.
• Au Québec, les femmes occupent 80 % des
emplois rémunérés du secteur communautaire
et de l’économie sociale.
• La majorité (62,4 %) des travailleuses et travailleurs
gagnent moins de 25 000 $ par année, et 25 %
gagnent moins de 15 000 $ (Université de
Sherbrooke, 2001).

Une option abordable pour les organisations
En se regroupant, les organisations pourront réaliser des
économies d’échelle et offrir à leurs employés un régime de
retraite concurrentiel et bien géré qu’elles n’auraient peut-être
pas les moyens de leur offrir si elles n’étaient pas regroupées.
• Des placements socialement responsables
Conçu dans le respect des valeurs du secteur, le régime
investira dans des fonds socialement responsables.
• La transférabilité
Les employés quittant leur organisation pour travailler dans
une autre organisation membre peuvent continuer à
contribuer au régime sans encourir de pénalités.
Prochaines étapes
La recherche étant terminée et le régime ayant été élaboré, le
Centre de formation populaire et Relais-femmes font présentement
à travers la province une tournée de formation pour les
gestionnaires, les employés et les conseils d’administration des
organisations communautaires et des entreprises d’économie
sociale, afin de les informer sur les options de planification de la
retraite et d’inciter les organisations et les personnes à adhérer
au régime. D’ici le 17 décembre 2007, l’initiative doit obtenir
l’adhésion de 800 personnes. Si cet objectif est atteint, les
employés des organisations communautaires du Québec
commenceront en avril 2008 à contribuer au premier régime
de retraite du secteur communautaire canadien.
Pour obtenir plus de renseignements au sujet de ce projet
novateur, consultez www.relais-femmes.qc.ca ou
www.lecfp.qc.ca (sites offerts uniquement en français).