Influence du revenu du quartier sur l'obésité chez les enfants

Le Quotidien Statcan: Le lundi 18 février 2008

Étude : influence du revenu du quartier sur l'obésité chez les enfants
De 1994 à 2002
Les enfants qui habitaient les quartiers les plus pauvres au Canada ont pris plus de poids au cours d'une période de huit ans que ceux qui vivaient dans des quartiers dont les habitants avaient un revenu moyen, selon une nouvelle étude réalisée à partir de données longitudinales.

D'après l'étude, publiée récemment dans la revue BMC Public Health, l'environnement de quartier peut être un facteur important en ce qui concerne le poids d'un enfant en bas âge.

Au moyen de données de l'Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ), l'étude a permis d'examiner l'incidence de l'environnement de quartier sur l'indice de masse corporelle des enfants, à partir de la jeune enfance jusqu'à l'adolescence, tout en tenant compte des facteurs familiaux. Le groupe évalué pouvait compter jusqu'à 2 200 enfants contrôlés à intervalles de deux ans entre 1994 et 2002.

L'étude a révélé que l'incidence du niveau de pauvreté d'un quartier pourrait avoir un effet plus important sur le poids d'un enfant que la richesse.

Il est possible que le quartier dans lequel vivent les enfants puisse jouer un rôle plus important à mesure qu'ils vieillissent et ont plus de liberté d'accès au quartier. Il est aussi possible que les disparités se manifestent avec le temps, à mesure que les enfants sont exposés à ces environnements sur une période plus longue.

(L'évaluation du faible revenu dans un quartier a été effectuée à partir des données du Recensement de 1996 pour calculer la proportion de la population excluant les pensionnaires d'établissements institutionnels vivant sous le seuil de faible revenu de Statistique Canada.)

Par ailleurs, selon les résultats de l'étude, les enfants des régions rurales avaient un poids plus élevé que ceux des régions urbaines. Néanmoins, contrairement à l'incidence d'un voisinage à faible revenu, la disparité n'augmentait pas avec l'âge.

La prévalence de l'obésité et de l'embonpoint chez les enfants a augmenté de façon spectaculaire au cours des trois dernières décennies dans la plupart des pays industrialisés. Au Canada, la prévalence de l'embonpoint chez les enfants de 6 à 11 ans a doublé, passant de 13 % en 1977-1978 à 26 % en 2004.

Ces augmentations sont préoccupantes parce que l'obésité pendant l'enfance persiste dans la vie adulte et peut être liée à des problèmes de santé à long terme.

Dans le cadre de recherches transversales effectuées antérieurement au moyen de l'ELNEJ, il a été démontré que les enfants et les jeunes canadiens qui habitent des quartiers de statut socioéconomique plus faible sont davantage susceptibles de prendre de l'embonpoint ou d'être obèses.

Nota : L'indice de masse corporelle (IMC) se calcule en divisant le poids exprimé en kilogrammes par le carré de la taille exprimée en mètres. Chez les adultes, un IMC de 25 ou plus est synonyme d'embonpoint; un indice de 30 ou plus est synonyme d'obésité. Pour les enfants, l'IMC est calculé au moyen de la même formule, mais rajusté pour tenir compte de l'âge et du sexe de l'enfant.

L'étude intitulée «Effects of neighbourhood income on reported body mass index: An eight-year longitudinal study of Canadian children» a été publiée dans le numéro de janvier 2008 de la revue BMC Public Health. Le texte intégral de l'article (en anglais seulement) est accessible en ligne à l'adresse suivante : (http://www.biomedcentral.com/1471-2458/8/16).

Définitions, source de données et méthodes : numéro d'enquête 4450.

Pour obtenir plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec Lisa Oliver au 613-951-4708 (lisa.oliver@statcan.ca), Division de l'information et de la recherche sur la santé.