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LE SYNDROME DU BÉBÉ SECOUÉ

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Par Mario Corbeil, Consultant en promotion de la santé, Meilleur départ

J’ai eu la chance d’assister au Congrès nord-américain sur le syndrome du bébé secoué s’est tenu à Montréal, Québec, du 12 au 15 septembre dernier. Il s’agissait d’un moment privilégié pour prendre connaissance des plus récents développements sur le sujet. Les participants à ce congrès provenaient de divers horizons, qu’ils s’agissent de médecins spécialisés en cas de maltraitance, d’intervenants sociaux, de chercheurs cliniciens ou encore de représentants du milieu policier.  Il me fait donc plaisir de partager avec vous les points saillants de ce congrès.

Même s’il demeure toujours difficile d’évaluer l’incidence des cas de bébés secoués, on estime qu’il y aurait au Canada entre une trentaine et une cinquantaine de cas d'enfants dont le diagnostic est le syndrome du bébé secoué par année, et que l’âge moyen de ceux-ci atteint se situe entre 3 et 6 mois. Cette relative faible incidence est malheureusement compensé par des conséquences dévastatrices. Environ 20% de ces enfants ne survivront pas à cet événement, tandis que plus de 50% des survivants auront de lourdes séquelles, telles qu’un handicap mental, une paralysie ou encore la cécité. De plus, la plupart des recherches semblent indiquées que les enfants sans conséquence apparente auraient en bout de ligne des difficultés d’apprentissages et de comportements sociaux.

Mais qu’est-ce que le syndrome du bébé secoué exactement ? Le syndrome du bébé secoué (SBS) réfère à la constellation de signes et symptômes que l’on retrouve chez un jeune enfant qui a été secoué violemment. L’enfant est tenu par le tronc ou les épaules et est violemment secoué par son agresseur. Parfois, l’enfant peut même avoir été projeté sur une surface. Ce syndrome est caractérisé par des hémorragies au niveau du cerveau, de l’œdème cérébrale et des hémorragies de la rétine de l’œil. On remarque parfois aussi à l’examen physique des signes de lacération ou encore des côtes fracturées. On retrouve des indications d’abus antérieurs dans 35 à 40 % des cas.  Le degré de blessure au cerveau dépend principalement de la force utilisée et de la taille de l'enfant. Si les blessures initiales au cerveau sont graves, l'enfant présentera très rapidement des symptômes alarmants comme crise convulsive, arrêt de la respiration et perte de conscience. Même avec des soins médicaux rapides, plus d'une victime sur cinq meurt. La plupart des enfants qui survivent aux blessures cérébrales graves auront une incapacité permanente comme paralysie, cécité, retard important du développement et crises convulsives. Certaines victimes restent dans un état végétatif. Si les blessures initiales au cerveau sont moins graves, les enfants auront moins tendance à subir des conséquences permanentes, comme problèmes de mouvement et de coordination, déficit intellectuel, problèmes d'apprentissage et convulsions. L'expérience jusqu'à présent suggère que les enfants qui survivent à une lésion cérébrale grave associée à des secousses auront besoin de soins spéciaux pendant le reste de leur vie.

L’élément déclencheur est souvent les pleurs persistants de l’enfant. Il s’en suit une perte momentanée de contrôle de la personne en charge de l’enfant. Les conséquences sont bien évidemment dramatiques pour l’enfant, tandis que pour l’adulte ou la personne en charge, ce dernier est devenu un criminel.

Le congrès nord-américain sur le syndrome du bébé secoué s’est donc penché sur les questions du diagnostique, des interventions multidisciplinaires dans les situations de maltraitance et bien évidemment sur les moyens pour prévenir ce genre d’abus.  Il est clair que si des stratégies de prévention ou du soutien pour les nouveaux parents, que ce soit la mère ou le père, ce genre d’accident peut être prévenu. Tous les acteurs présents au congrès ont d’ailleurs souligné l’urgence d’agir en mobilisant les divers milieux que sont les secteurs de la santé, des services sociaux, de l’éducation, des garderies, des milieux policiers, etc. Le but commun est le suivant : informer et outiller les parents et les personnes en charge d’enfants pour éviter que ne surviennent de nouvelles tragédies de bébé secoué.

Tout au long de ce congrès, les participants ont pu assister à des ateliers qui présentaient divers outils pouvant soutenir l’intervention : affiches de sensibilisation; campagnes médiatiques; « contrat » entre les parents d’un nouveau-né et des intervenants du milieu de la santé; critères de sélection pour une gardienne, etc. Les messages portés sont souvent les mêmes : « oui, il est normal d’être frustré par les pleurs d’un nourrisson »; « il ne faut pas hésiter à rechercher de l’aide », « il faut avoir un plan pour se calmer les nerfs »; et surtout, « NE JAMAIS SECOUÉ UN BÉBÉ » car les conséquences peuvent être désastreuses et irrémédiables.

Dans le domaine de la recherche, nous retenons deux éléments : tout d’abord, il semble que les pleurs d’un enfants en bas âge sont parfois inexplicables, c’est à dire qu’il pleure même quand tous ces besoins sont comblés. Des études anthropologiques démontrent que ceci fait partie d’un processus normal pour tous les bébés de la terre. Certaines recherches soulignent également qu’il y a peu d’emphase qui est mise sur l’éducation - l’importance d’informer les parents et les personnes en charge d’enfants est insuffisante : il faut les outiller !

Le syndrome du bébé secoué rappelle que toute situation de maltraitance envers les enfants est inacceptable dans notre société. C’est pour cette raison que nous devons tout mettre en oeuvre pour prévenir notamment le syndrome du bébé secoué.

Voici les références incontournables pour le SBS :

 

  • National Center on Shaken Baby Syndrom: www.dontshake.com
  • Saskatchewan Institute on Prevention of Handicaps: www.preventioninstitute.sk.ca
  • Hôpital Ste-Justine de Montréal: http://www.hsj.qc.ca
  • Le syndrome du bébé secoué - Ce feuillet d'information est rédigé par Ron Ensom, MSW, CSW
  • de l’Hôpital pour enfants de l'est de l'Ontario.  Il complète la vidéo éducative Ne secouez jamais un bébé! Ce que les parents et les aidants naturels devraient savoir. Ces renseignements sont basés sur les recherches actuelles et sur l'expérience clinique.
  • Le syndrome du bébé secoué – feuillet d’information publié par la Société canadienne de pédiatrie - http://www.soinsdenosenfants.cps.ca/grossesse/SBS.htm#how

Mentionnons pour terminer que Meilleur départ prépare actuellement des ateliers en français et en anglais sur le thème du bébé secoué qui seront présentés au cours de la présente année dans différentes régions de l’Ontario.  Alors si vous êtes intéressé à être l’hôte d’une telle présentation, n’hésitez pas à communiquer avec nous.

Meilleur départ est le Centre de ressources sur la maternité, les nouveau-nés et le développement des jeunes enfants de l’Ontario. Nous offrons des services de consultations aux intervenants qui souhaitent implanter des projets ou des programmes, des ateliers de formation et de perfectionnement ainsi que diverses ressources. Nos services sont gratuits. Des sessions de formation spécialisées et des ateliers d’information sont également offerts.  De plus, vous pouvez adhérer gratuitement au Maternal, Newborn and Child Health Promotion Network(MNCHP), un forum en-ligne qui permet aux intervenants de partager des renseignements et des stratégies avec d’autres collègues dans ce domaine.  Nous invitons les intervenants des centres de santé communautaire, des unités de santé publique, des centres de la petite enfance et des organismes communautaires à nous contacter.

Mario Corbeil
Consultant en promotion de la santé
Meilleur départ
1-800-397-9567, option 3
613-715-9037
mario@meilleurdepart.org

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