Du poids des contraintes au partage concerté des ressources: témoignages des acteurs centraux de la conciliationtravail-famill
Du poids des contraintes au partage concerté des ressources :
Quelques témoignages des acteurs centraux de la conciliation travail-famille
Résumé de recherche écrit pour le Bloc-Notes par:
Lise Chrétien, Ph.D., professeure
Isabelle Létourneau, M.A., doctorante, coordonnatrice de recherche
mailto:lise.chretien@fsa.ulaval.ca
mailto:isabelle.letourneau.1@ulaval.ca
Université Laval, Faculté des sciences de l’administration, Département de management
Pavillon Palasis-Prince, bureau 1543, Québec, (Québec), Canada, G1K 7P4
Référence et lien vers l’article :
Pistes, 2006, vol. 8, n° 2 (octobre)
http://www.pistes.uqam.ca/v8n2/articles/v8n2a5.htm
Partant du constat que les parents-travailleurs d’aujourd’hui éprouvent de plus en plus de difficultés à assumer les responsabilités professionnelles et familiales qui leur incombent, le présent article aborde, par le biais d’une recherche qualitative menée auprès de 30 parents-travailleurs québécois :
1) les situations-problèmes vécues par les parents-travailleurs en matière de conciliation travail-famille,
2) les effets ressentis par les parents-travailleurs face à ces situations-problèmes,
3) les attentes des parents-travailleurs en regard des acteurs des sphères familiale, professionnelle, collective et gouvernementale pour en arriver à surmonter ces situations-problèmes.
Que ce soit au travail ou à la maison, les parents-travailleurs vivent plus d’une vingtaine de situations-problèmes liées à la conciliation travail-famille. Relativement à leur vie professionnelle, les parents-travailleurs se montrent surtout préoccupés par : l’insensibilité de leur employeur, les horaires de travail atypiques et le grand nombre d’heures hebdomadaires de travail. En ce qui concerne leur vie familiale, les préoccupations les plus vives des parents-travailleurs portent sur : l’horaire des autres membres de la famille, les adolescent(e)s sans surveillance à la maison, les enfants malades et handicapés et la vie scolaire des enfants. Dans l’ensemble, les parents-travailleurs se sont montrés davantage préoccupés par les situations-problèmes relatives à leur vie familiale qu’à leur vie professionnelle, ce qui suppose un conflit famille-travail plus important que le conflit travail-famille. Notons toutefois que les situations-problèmes familiales sont plus perméables aux contraintes posées par les acteurs de la sphère collective (garderies, écoles, services de transport, etc.) que ne le sont les situations-problèmes professionnelles. Les situations-problèmes vécues par les parents-travailleurs entraînent chez ces derniers des effets ressentis. Lorsque les participant(e)s s’expriment sur ces effets, leurs discours suivent une trame précise. Les parents-travailleurs abordent d’abord les effets qu’ils ressentent en relation à eux-mêmes (le stress, l’anxiété, la fatigue, etc.), puis en relation à leur famille (l’inquiétude par rapport aux enfants, le manque de temps pour la famille, la culpabilité face à la famille, etc.) et, enfin, en relation à leur travail (le sentiment de ne pas être compris de l’employeur, la peur des représailles de l’employeur, la culpabilité face au travail, etc.). Parmi les participant(e)s rencontré(e)s, quatre mères-travailleuses ont prolongé la trame de leurs discours. Elles ont alors traité des effets qu’elles ressentent en relation à la vie en général (le sentiment d’être en mode « survie », la lourdeur de vivre, le sentiment que même l’espoir a un prix, etc.) et identifié les pressions et obligations qui en sont la cause (la pression de devoir performer constamment dans tous les domaines et le sentiment d’être prisonnier des obligations). Les témoignages de ces mères-travailleuses manifestent au moins trois des quatre composantes de la détresse psychologique : la dépression, l’anxiété et l’irritabilité. Pour en arriver à surmonter les situations-problèmes qu’ils rencontrent, les parents-travailleurs ont formulé des attentes en matière de conciliation travail-famille. Dans leur milieu professionnel, ils apprécieraient surtout se sentir personnellement soutenus par leur employeur, c’est-à-dire qu’ils souhaitent que celui-ci soit plus compréhensif et souple. À la maison, les parents-travailleurs souhaiteraient bénéficier d’un meilleur soutien pratique de leur conjoint, leur ex-conjoint(e), leurs adolescent(e)s et des aîné(e)s de leur famille. En ce qui a trait aux acteurs de la collectivité, les parents-travailleurs souhaitent une adaptation des horaires et des calendriers des garderies et des écoles, une offre accrue des services de santé de base, du transport en commun et des activités récréatives municipales. Des gouvernements, les parents-travailleurs espèrent principalement un soutien et une reconnaissance monétaire du double rôle qu’ils doivent jouer. L’étude menée auprès des parents-travailleurs ouvre, en définitive, à la considération d’une responsabilité à partager en matière de conciliation travail-famille, responsabilité qui devrait être assumée dans un esprit de concertation.
- Acquérir des aptitudes individuelles
- Conditions de travail
- Créer des milieux favorables
- Développement des capacités
- Élaborer des politiques publiques saines
- Entraide
- Familial
- Lieu de travail
- Pratique basée sur des données probantes
- Recherche
- Réseaux de soutien social
- Santé mentale
- Support organisationel (sustainability)
- Article de fond
