COPA reçoit le Prix GREER de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’Ontario.

Le COPA est fier d’annoncer qu’il vient de se voir décerner le Prix GREER de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’Ontario.

Ce prix est décerné à une personne ou un organisme qui se distingue par sa contribution exceptionnelle à l’éducation en Ontario. Le COPA a été nominé par l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens.  

 

Kathryn Penwill et Lisa Weintraub, co-directrices du COPA, ont accepté le prix au nom du COPA. Ci-dessous se trouve leur discours de remerciement lors de la cérémonie de remise du Prix GREER.  

 

 

Le 21 avril 2007 

 

Au nom de tous ceux et celles qui travaillent au COPA, Lisa et moi tenons à vous dire combien nous apprécions le grand honneur que nous font la FEO et l’AEFO.  Tout a commencé il y a quelques années avec un appel téléphonique de Jacques Gascon de l’AEFO, que le ministère de l’Éducation de l’Ontario avait aiguillé vers nous. Jacques étudiait la possibilité d’organiser une conférence concernant l’intimidation destinée aux membres de l’AEFO, et c’est de là qu’est née une collaboration très fructueuse entre l’AEFO et le COPA, une collaboration qui s’est élargie cette année avec la participation de la FEO et des autres affiliés.  Nous tenons à remercier tout spécialement Lindy Amato – ainsi que Jacques – pour les efforts qu’ils ont déployés afin de nouer ce partenariat qui a permis au COPA d’élargir ses horizons et, par conséquent, sa portée. 

 

Lisa et moi travaillons ensemble dans ce domaine depuis 25 ans, au Québec et depuis 13 ans, en Ontario.  Nous avons eu l’immense privilège de collaborer étroitement avec un grand nombre de personnes qui se sont données corps et âme aux programmes du COPA. Elles ont été inspirées par la vision du COPA, qui est de soutenir le développement d’une culture scolaire saine et d’offrir des stratégies de prévention fondées sur la notion de prise en charge (ou « d’empowerment ») aux enfants et aux adultes qui s’efforcent de briser le cycle de la violence dans leur vie et dans leur collectivité. 

 

Deux personnes qui ont fait des contributions importantes à ce mouvement sont avec nous aujourd’hui.  Randa Meshki est une animatrice et formatrice provinciale douée, qui a eu un impact positif sur la vie de bon nombre d’élèves, d’enseignantes et d’enseignants, et de membres de la direction d’écoles aux quatre coins de la province. 

 

Florence Ngenzebuhoro appuie depuis très longtemps notre travail, entre autre, en siégeant à notre conseil d’administration.  Florence a transformé la vie de milliers de nouveaux arrivants au Canada.  

 

Florence et Randa travaillent toutes les deux au Centre de santé communautaire francophone à Hamilton, le parrain communautaire original du COPA et le plus ancien membre de notre réseau provincial élargi.  Florence et Randa sont venues partager cet honneur avec nous. Il y a beaucoup, beaucoup d’autres personnes dans toute la province qui  ont contribué au succès du COPA qui pourraient également se joindre à nous. 

 

Plus de 60 000 élèves ont reçu nos programmes dans les écoles de l’Ontario , dans de grands centres urbains et dans de petites collectivités éloignées et peu connues, dont la population atteint à peine 500 personnes.  Plus de 60 000 élèves, ainsi que les éducatrices, éducateurs et parents de leur collectivité, ont été initiés au concept clé des droits – et ont appris qu’ils ont le droit d’être « en sécurité, forts et libres ».   

 

Toutes ces personnes ont appris qu’elles peuvent se défendre et défendre leurs ami.e.s et leurs pairs, qu’il y a des gens qui vont les écouter, qui vont être là pour elles, qui vont prendre leurs difficultés au sérieux et les aider à développer leurs capacités de résolution de problèmes. 

 

Au fil des ans, nous avons entendu tellement d’histoires émouvantes au sujet d’enfants et d’adultes qui ont pu se protéger ou protéger d’autres personnes vulnérables.  Nous sommes fières d’être liées à ces histoires, de les partager et de célébrer ces moments de courage qui contribuent à briser le cycle de la violence et à créer un nouveau cycle, un cycle de créativité, de force, de joie et de liberté. 

 

Je peux citer en exemple l’histoire d’une enseignante qui a appris le « cri de pouvoir » dans l’un de nos ateliers, et qui s’en est servi pour se défendre contre un agresseur dans le stationnement de l’école.  Quand les enfants dans la cour d’école l’ont entendue, ils sont arrivés en courant et en criant – comme ils l’avaient appris dans notre programme.  Confronté à 30 enfants qui couraient et criaient, l’agresseur s’est enfui. 

 

Il y a aussi l’histoire de la fille qui se faisait intimider par d’autres élèves à l’école et qui, avec l’encouragement de notre animatrice, a participé au comité de prévention de l’intimidation de l’école.  Elle a organisé un concours de dessin au sujet de l’intimidation et elle a créé un calendrier.  Elle a affiché tous les dessins dans le couloir de l’école. Aujourd’hui, heureuse, elle contribue activement à la vie de l’école. 

 

Ou encore, l’histoire de l’enseignante qui nous a parlé d’un jeune enfant à son école. On soupçonnait qu’il était victime de graves abus à la maison et malgré le fait qu’elle n’était pas son enseignante, elle l’a approché et lui a donné son numéro de téléphone sur un morceau de papier. Elle lui a dit de l’appeler si jamais il en sentait le besoin.  Peu de temps après, l’enfant et sa famille ont disparu, et dix ans plus tard, il lui a téléphoné, juste pour lui dire qu’il était « correct ». 

 

Ces histoires sont très inspirantes. Elles nous encouragent à continuer notre travail avec les écoles, les chauffeurs d’autobus scolaires, les concierges, les membres de la direction, les enseignantes et les enseignants, les conseils scolaires, les travailleuses et travailleurs sociaux, les membres du personnel de soutien, les secrétaires… et évidemment, avec les enfants et les jeunes.  

 

Encore une fois, nous aimerions vous remercier toutes et tous, particulièrement les représentantes et représentants de la FEO et de l’AEFO pour ce grand honneur et pour l’occasion que vous nous donnez de travailler ensemble sur ces initiatives qui changeront beaucoup des vies. 

 

Avec votre aide, nous sommes d’autant plus convaincues qu’ensemble nous pouvons toutes et tous être en « sécurité, forts et libres ».