La prévention du suicide : mettre fin au tabou de la détresse

Par Marcel Grimard M.Ed,

Les statistiques disponibles nous informe qu’au « Canada, le suicide est la principale cause de décès chez les hommes de 25 à 29 ans et de 40 à 44 ans, ainsi que chez les femmes de 30 à 34 ans. Le suicide est la deuxième cause de décès en importance chez les jeunes de 15 à 24 ans. Pour chaque suicide réussi, il y a 100 tentatives de suicide. Plus de 23 000 Canadiens sont hospitalisés chaque année après une tentative de suicide.[1] »Ce qui est le plus dommage,  ces décès pourraient être prévenus avec un peu d’écoute,  d’attention et de compassion.  Il faut savoir que l’idéation suicidaire est plus fréquente que nous le croyons. En effet selon les statistiques environ 20 à 30 pourcent de la population souffriraient d’un trouble de l’humeur tel que la dysthymie, la dépression majeure ou un trouble bi polaire. Nous savons également que des situations de marginalisation sociale sont propices à soutenir des idéations suicidaires tel que les problèmes de toxicomanie, le jeu compulsif, l’itinérance ou l’exclusion sociale comme les personnes âgées, les jeunes GLBTT ou les personnes avec une maladie terminale.  Comment reconnaître les signes avant-coureurs ? S’il est difficile d’identifier la personne avec des pensées suicidaires, la personne laisse passer son message suicidaire de façon subtile ces intentions. Certains vont laisser planer un doute : « demain, j’aurai plus de problème », « vous aurez plus à vous préoccuper de moi » et autres messages de types finaux. Pour d’autres, il s’agit d’un apaisement soudain. Par exemple, vous savez que votre ami/e a de très graves difficultés lui faisant vivre beaucoup d’angoisse puis du jour au lendemain elle/il se sent léger et heureux sans avoir résolu les difficultés. D’autres vont donner leur objet : « tiens je te donne ça, j’en aurai plus besoin. » Peu importe les signes, la personne suicidaire donne une « vibration » d’une finalité proche. Pour avoir intervenu en situation de crise suicidaire avec des centaines de personnes, la crise suicidaire est une souffrance difficile à dissimuler et ceux qui y réussissent ont en général pris la décision de passer à l’acte. http://www.socp.umontreal.ca/prevention_suicide/suicide_signes.htm Quoi faire si l’on ressent que notre enfant (conjoint/e, ami/e, collègue, élève, étudiant, voisin) est suicidaire ?  Briser le silence, parler, partager notre inquiétude à cette personne. Trop souvent, les personnes qui ont eu une personne proche qui a réussi sa tentative de suicide se reprochent de ne pas avoir eu le temps, l’écoute pour l’aider. Alors n’hésitez pas à ouvrir le dialogue si il/elle vous dit que non, alors tant mieux ! Mais si elle vous dit que oui, écouter, ne juger pas et soutenez la personne à identifier des ressources pour obtenir du soutien psychologique.  Nous pouvons également aborder le sujet directement à nos amis, nos enfants, nos parents avant que la crise suicidaire se présente comme moyen de prévention.  Par exemple, quand j’ai un ami qui vit une situation difficile ou une épreuve, je lui offre s’il veut en parler, sinon je lui dis de me téléphoner en tout temps le jour comme la nuit si il lui venait de penser à un geste suicidaire, je préfère ne pas dormir une nuit que de le visiter au salon funéraire.  Dans toute ma carrière de conseiller en santé mentale, j’ai eu à vivre le suicide d’un client et depuis je me suis juré que je n’aurai plus à dire : « j’aurais donc dû lui demander » Chaque intervenant en contact avec une victime potentiel doit comprendre les facteurs déclencheurs de la crise suicidaire,  la liste suivante vous aidera à mieux comprendre, réagir et rester vigilant dans ces circonstances. 

Facteurs individuels Maladie mentale Trouble de l’adaptation Dépression Choc / événement traumatisant Maladie physique ou invalidité Alcoolisme / toxicomanie / dépendance Déficience des habiletés d’adaptation Casier judiciaire Problèmes relatifs à l’identité sexuelle Isolement social Perte au niveau de l’identité (ex. rôles sociaux)
 

Facteurs familiaux Violence familiale (physique, psychologique, sexuelle) Divorce ou séparation Problème d’alcoolisme / de toxicomanie dans la famille Maladie mentale Pertes (particulièrement par le suicide) Pauvreté
 

Facteurs relationnels Perte d’une relation (ou menace de perte) Conflit conjugal ou familial Décès Rejet par le conjoint ou l’amant(e) Conflit avec les amis, les collègues de travail Déménagement ou autre changement de vie
 

Facteurs reliés au travail ou à l’école Échec professionnel (ex. perte d’une cause ou d’un client) Évaluation de rendement médiocre (mauvaises notes) Perte d’argent ou diminution de la capacité de gain Diminution des responsabilités au sein du groupe Changements importants dans l’organisation du travail ou dans la compagnie Emploi stressant / compétitif Surcharge de travail Épuisement / burnout Conflits avec le supérieur Harcèlement moral, violence psychologique Menace de perte d’emploi ou perte d’emploi Désintérêt /manque de motivation Climat de travail tendu  Pour de plus amples information à ce sujet,  voici quelques liens qui vous offrira les outils nécessaire pour améliorer vos interventions auprès des clientèles à risque. [1] Conseil canadien de la sécurité : http://www.safety-council.org/ccs/sujet/commun/suicide.html 

Parlons de la maladie mentale : Guide pour la communauté http://www.camh.net/fr/education/Resources_communities_organizations/TAMI/index.html

Jeunesse j'écoute - Guide pédagogique (PDF) Document d'information à l'intention des enseignants Le suicide - ce que vous devez savoir - Guide pour le personnel scolaire Document PDF à l'intention des intervenants scolaires publié par le ministère de l'Éducation de Colombie-Britannique Fermer les yeux sur le suicide? Jamais de la vie! :  Ressource élaborée par le Service d'orientation et de consultation psychologique de l'Université de Montréal: référentiel et guide de conduite pour l'action en prévention du suicide