C'est plus qu'un jeu d'enfant


 


Rédigé par :Alberta Centre for Active Living, l'affilié du Réseau canadien de la santé responsable du volet Vie active.


 

Brenda* s'inquiète parce que ses six enfants ne sont pas assez actifs.« Je sais qu'ils devraient faire plus d'exercice certains jours, mais c'est difficile. Il y a l'école… mon travail… les autres activités… Nous ne trouvons pas toujours le temps », avoue Brenda.Nicolas, le fils de 10 ans de Brenda, nous explique qu'il aime les sports comme le soccer, mais qu'il passe aussi beaucoup de temps à l'intérieur à jouer au Nintendo. Brenda a beaucoup de difficulté à encourager Nicolas et ses frères et sœurs à être actifs. Et les parents des quatre coins du Canada ont le même problème avec leurs propres enfants.Il y a de nombreuses raisons qui amènent les enfants à être actifs ou inactifs. Ce n'est pas uniquement une question de choix. Le milieu social, physique et politique ont également une influence sur leur niveau d'activité.

Enfants actifs = Adultes en santé

Il est très important de pratiquer régulièrement une activité physique – au moins pendant 90 minutes dans le cas des enfants – pour mener une vie saine. L'activité physique joue un rôle essentiel dans le développement de la santé physique et mentale d'un enfant. Malheureusement, le Bulletin canadien de l'activité physique chez les jeunes – 2006 (format PDF) montre que moins de la moitié des jeunes Canadiens font suffisamment d'exercice chaque jour pour assurer leur croissance et leur développement. Les jeunes inactifs sont plus susceptibles d'être inactifs à l'âge adulte. L'inactivité peut également avoir de graves conséquences à long terme, tant pour les enfants que pour les adultes. Accroître le niveau d'activité physique peut aider à prévenir de nombreuses maladies chroniques (format PDF), y compris les quatre principales : les maladies cardiovasculaires, le diabète, les maladies pulmonaires et certains types de cancer.

Certains facteurs sociaux influent sur le niveau d'activité physique des jeunes

La plus jeune fille de Brenda, Hélène, a 8 ans. Elle adore jouer dans la cour devant la maison l'hiver.« J'aime vraiment ça quand toute la famille se rassemble et fait un bonhomme de neige », nous confie-t-elle. Brenda essaie de diriger ses enfants vers une vie saine et active. Elle les encourage à pratiquer de saines activités en jouant dehors avec eux.

Les membres de la famille servent de modèles

Comme on le voit dans le cas de Brenda, l'attitude des parents influence le comportement des enfants. Selon le Bulletin canadien de l'activité physique chez les jeunes de 2006, moins d'un tiers des parents savent qu'il existe un guide d'activités quotidiennes destiné aux enfants et aux jeunes.

Les parents préoccupés par la sécurité de leurs enfants peuvent faire obstacle

Certains parents ont peur de laisser leur enfant jouer à l'extérieur ou dans un centre de loisirs parce qu'il pourrait se blesser ou être malmené ou même enlevé. Dans le bulletin de 2006, près de 80 % des parents ont indiqué que la sécurité de leur enfant est une préoccupation centrale.Différents groupes ont décidé de rédiger des conseils sur la sécurité dans les terrains de jeux pour réduire les risques de blessures. L'Association canadienne des parcs et loisirs (ACPL) a conçu une trousse pour aider les municipalités à établir des stratégies afin de prévenir l'abus et le harcèlement et rendre les sports et les loisirs plus sécuritaires. Cette trousse s'intitule Les loisirs en toute sécurité. Il n'est pas rare non plus de voir les résidents d'un quartier se réunir afin d'établir un programme de surveillance pour se sentir davantage en sécurité.

L'activité physique peut être dispendieuse

Sharon Jollimore, directrice des alliances et des initiatives à l'ACPL, affirme que la situation économique d'une famille peut empêcher les enfants d'avoir accès aux activités physiques.« Même si vous offrez un abonnement à une piscine aux membres d'une famille à faible revenu, ils n'en profiteront pas nécessairement s'ils n'ont pas de moyen de transport pour s'y rendre ou de maillot de bain. »Sharon ajoute que certains établissements demandent aux personnes de prouver qu'elles ne peuvent pas payer avant de leur accorder une aide. « Certaines familles sont trop fières pour demander de l'aide. »Bon nombre de groupes communautaires mettent sur pied des programmes pour rendre les loisirs accessibles à tout le monde. L'initiative Jeux sans frontières en est un bon exemple. L'objectif est de trouver de nouvelles façons d'aider les familles à faible revenu à participer aux programmes de loisirs.

Les filles sont moins actives que les garçons

Valérie a 12 ans. Elle aime s'amuser avec un ballon de soccer pendant la récréation. Bien souvent, elle finit par aller jouer avec les garçons parce que les filles de son âge sont généralement plutôt inactives pendant la récréation.« Les filles rejoignent leur petit groupe d'amies pour parler, raconte Valérie. Ce n'est pas toujours plaisant de rester debout à parler de tout et de rien. » Les garçons sont 10 % à 15 % plus actifs que les filles (format PDF).Il y a bien des façons d'encourager les filles à être plus actives : (format PDF)

  • Utiliser le masculin et le féminin quand on parle d'activités sportives pour que les filles et les jeunes femmes sentent qu'elles ont leur place dans le monde du sport.
  • Mettre l'accent sur le plaisir et la présence d'amis.
  • Discuter de ses expériences personnelles et décrire ses sentiments à l'égard du sport. Faire connaître ses modèles féminins.
  • Encourager les filles à essayer toute une gamme de sports et d'activités.

Le lieu de résidence peut favoriser l'inactivité

Penser à l'activité physique au moment de planifier les quartiers résidentielsPour encourager les enfants à être actifs, les urbanistes doivent tenir compte de l'emplacement des espaces verts, des trajets d'autobus et des liens entre les quartiers.Le plan du quartier peut encourager ou limiter l'activité physique.Voici des exemples :

  • A-t-on prévu des trottoirs ou une piste cyclable?
  • Les parcs et autres espaces de jeux sont-ils à proximité?
  • Est-il facile de marcher dans les rues?

Les enfants qui ont une incapacité ont besoin d'endroits où jouer

Catherine et sa fille Clara, qui a 5 ans, habitent dans le Nord de l'Alberta. Elles se sont rendues à Edmonton pour essayer des terrains de jeux accessibles en fauteuil roulant. Clara souffre de spina-bifida, une anomalie présente à la naissance qui empêche la colonne vertébrale de se développer normalement. Elle ne peut pas jouer dans les terrains de jeux près de chez elle parce qu'elle ne peut pas y accéder en fauteuil roulant.« La petite fille était rayonnante de joie dans le terrain de jeux d'Edmonton », nous confie Kim Sanderson, qui travaille pour les services communautaires de la ville d'Edmonton.Catherine précise que Clara a gagné beaucoup d'assurance dans le terrain de jeux. Elle a pu développer des aptitudes physiques qu'elle n'a habituellement pas la chance de pratiquer. « Vous ne pouvez pas imaginer ce que ça représente pour une mère », avoue-t-elle.Les parents peuvent réclamer publiquement que l'on installe des terrains de jeux accessibles dans leur quartier. Ils peuvent également informer les responsables de programmes que leur enfant a une incapacité et a besoin d'aide pour être actif.

Ajuster les horaires du centre en fonction des horaires d'autobus! Un bel exemple de réussite dans la collectivité

Les responsables d'un centre de loisirs d'une ville située dans la région côtière Sunshine Coast de la Colombie-Britannique ont constaté que moins de gens fréquentaient le centre. Le personnel savait que bien des personnes avaient de la difficulté à se rendre au centre pour suivre les cours. Ils ont simplement changé l'heure de début de différents cours pour qu'elle concorde avec les horaires des autobus. Plus de gens se sont inscrits.« Ce fut aussi simple que ça. C'était suffisant pour permettre aux adultes et aux enfants de participer. Autrement, ils ne pouvaient pas arriver à temps », précise Sharon Jollimore, de l'ACPL. « Il faut examiner sa propre collectivité pour découvrir les obstacles qui peuvent empêcher les jeunes et les autres personnes de pratiquer des loisirs. »

Les règlements peuvent favoriser la vie active

Certains règlements peuvent avoir une influence sur le niveau d'activité des enfants. Les règlements de certaines municipalités peuvent démotiver les jeunes à faire certains types d'activités physiques. C'est ce qui peut se passer lorsqu'on interdit le hockey de rue ou d'autres jeux de rue par exemple. Les jeunes ont moins l'occasion d'être actifs gratuitement et tout près de chez eux. En même temps, il faut veiller à ce que les aires de jeux soient placées dans des endroits où il y a peu de risques qu'ils se blessent. 

Activité et éducation physique obligatoires dans les écoles

Bon nombre de provinces – mais pas toutes – ont adopté des lois qui encadrent le nombre d'heures d'activités physiques quotidiennes obligatoires dans leurs écoles. En Ontario par exemple, tous les enfants, de la maternelle à la 8e année, doivent maintenant faire 20 minutes d'activité physique chaque jour. Certaines écoles vont plus loin et mettent sur pied un programme d'éducation physique quotidien, planifié et donné par des experts. Au Canada, le nombre d'heures d'éducation physique obligatoires varie d'une province à l'autre, d'une commission scolaire à l'autre et d'une école à l'autre. Nous devons tous aider les enfants à être plus actifs.  Les gens, les municipalités et les gouvernements peuvent aider à augmenter le niveau d'activité des jeunes de différentes façons. Voici comment.

Parents et famille

  • En réduisant et en limitant le nombre d'heures que les enfants passent devant la télé et l'ordinateur.
  • En jouant avec les enfants et en les félicitant lorsqu'ils sont actifs (s'ils font du sport, allez à leurs matchs et à leurs pratiques pour les encourager).
  • En faisant connaissance avec les voisins et en présentant les enfants aux familles qui participent à Parents Secours dans le quartier. Les enfants sauront où aller s'ils ont besoin d'aide.
  • En collaborant avec les enseignants et les commissions scolaires pour intégrer l'activité physique tous les jours à l'école.
  • En appuyant les programmes qui incitent les jeunes à se rendre à l'école à pied ou en vélo.
  • En collaborant avec les élus pour que la vie active soit une priorité dans votre quartier.

Responsables des loisirs et des activités physiques

  • En formant le personnel et les bénévoles afin qu'ils portent une attention particulière aux familles qui pourraient avoir besoin d'un soutien financier.
  • En établissant un plan pour aider les personnes dont la langue maternelle n'est pas l'une des langues officielles à se sentir incluses et bienvenues dans les centres de loisirs.
  • En adaptant les programmes aux besoins des clients (par exemple, en faisant concorder les horaires des cours et des autobus).

Écoles et services de garde

  • En établissant une politique de non-exclusion pour les équipes de l'école afin que chaque personne qui essaie puisse jouer.
  • En réorganisant l'horaire d'utilisation du gymnase pour intégrer les pratiques des équipes de l'école et les activités du service de garde.
  • En choisissant des activités qui conviennent à l'âge des enfants, amusantes et sans danger.
  • En offrant aux jeunes la possibilité d'être actifs le midi ou après l'école.
  • En faisant des pauses d'exercices pendant la classe et les sorties.

Administrations municipales et gouvernements provinciaux

  • En veillant à ce que les terrains de jeux et les espaces verts soient attrayants, créatifs, sécuritaires pour les jeunes en toute saison et accessibles à des personnes ayant différentes capacités.
  • En faisant participer les parents et les jeunes à la prise de décisions, dans la mesure du possible.
  • En adoptant des règlements municipaux qui encouragent un mode de vie actif, et non le contraire.

Bref, en créant des occasions de faire des activités à la maison ou près de chez soi et en encourageant le transport actif, nous aidons les enfants à faire suffisamment d'exercice chaque jour pour assurer leur croissance et leur développement. 

 

* Les noms des familles et des enfants ont été changés.